Les fondamentaux
Avec plus de 287 M d’habitants répartis sur plus de 17 500 îles, l’Indonésie représente le marché de l’aviation civile le plus important d'Asie du Sud-Est. Dotée de la plus grande flotte civile de l’ASEAN de plus de 30 sièges, avec 561 appareils en exploitation, elle a enregistré 80,2 M de passagers en 2025. Le développement du trafic aérien reste néanmoins contraint par les délais de livraison des aéronefs, les tensions sur les supply chains et les incertitudes géopolitiques, tandis que la demande en services de MRO devrait poursuivre sa croissance pour atteindre environ 2,1 Mds USD à l’horizon 2034.
L’Indonésie compte 108 compagnies aériennes locales, dont 51 titulaires d’un Air Operator Certificate (AOC) relevant du CASR Part 121, pour les appareils de plus de 30 sièges, ou du Part 135, pour les appareils de plus petite capacité, et dispose de capacités de construction aéronautique (PTDI), ainsi que de MRO civil et militaire, y compris pour les hélicoptères. Le secteur de la défense, notamment après l’acquisition de 42 Rafale, renforce les besoins en formation, en soutien, en pièces détachées et en maintenance.
Dans le spatial, BRIN poursuit le projet de port spatial de Biak en Papouasie avec l’objectif de développer une capacité nationale et commerciale de lancement. Lancé en septembre 2025 puis mis en service en mai 2026, le Satellite Nusantara Lima apporte plus de 160 Gbit/s de capacité haut débit destinés aux zones non desservies ou insuffisamment desservies.
Opportunités pour l'offre française
Dans l’aéronautique, les opportunités concernent les moteurs, composants, pièces certifiées, outillages, bancs d’essai et créneaux MRO. Les opérateurs s’intéressent également aux avions bombardiers d’eau et aux équipements modulaires de lutte contre les feux de forêt. Les SAF constituent un autre axe, notamment à travers l’étude menée par Airbus et IPB University sur la biomasse. À terme, l'accord de partenariat économique global Indonésie-UE (IEU-CEPA) pourrait réduire les droits sur les pièces européennes.
Dans le spatial, les débouchés portent sur les plateformes et charges utiles optiques ou radar, les constellations des Small Satellites, les technologies satellitaires adaptées aux conditions équatoriales, les batteries, la navigation, l’IoT, les stations sol, le traitement d’images et les communications post-catastrophe. L’ambition de développer une station spatiale (Biak) ouvre des perspectives dans les installations de lancement, tandis que Bappenas envisage de renforcer l’orientation commerciale du secteur spatial (exploitation des données et de l’imagerie satellitaire).

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Presse spécialisée indonésienne ; Ministère indonésien de l’Industrie ; BRIN – Agence nationale de la Recherche et de l’Innovation (03/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les besoins couvrent l’ensemble du cycle de vie des aéronefs de l’usinage de précision, des matériaux avancés, de l’avionique et des systèmes embarqués jusqu’à la maintenance prédictive, aux simulateurs et à la gestion numérique des flottes. La qualification des fournisseurs selon la norme AS9100 est prioritaire, seuls sept fabricants de composants étant certifiés. Cette montée en gamme doit accompagner les avions régionaux, les systèmes de navigation et de trafic aérien, ainsi que les équipements de sécurité et de lutte contre les incendies à bord. La décarbonation complète ces priorités avec les SAF. Dans le spatial, les compétences recherchées portent sur les charges utiles optiques et radar, les télécommunications, l’IoT, les stations sol et l’analyse d’images, au service de la surveillance maritime, et de la gestion des catastrophes.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
De manière non-exhaustive :
- Décision du ministre de l’Énergie sur le phasage de l'utilisation des biocarburants (Penahapan Pemanfaatan Bahan Bakar Nabati) : 1 % de SAF en 2027-2028 et 5 % dès 2029-2030 pour les vols au départ de Jakarta et Bali.
- Décret du ministre des Transports KM n° 8/2023 actualisant le plan de réduction des émissions dans les transports.
- Plan national RAN-GRK 2025-2027 pour accélérer la transition écologique dans le transport aérien (inventaire des émissions, carburants durables).
- CORSIA : mécanisme mondial de l’OACI pour compenser les émissions de CO₂ des vols internationaux. L’Indonésie participe à la phase volontaire (2024-2026) avec suivi, déclaration et compensation des émissions au-dessus du niveau de référence (85 % des émissions de 2019).
Labels et certifications
La DGCA, autorité nationale de régulation de l'aviation civile, délivre :
- Certification des opérateurs aériens (AOC), obligatoire pour toute compagnie souhaitant exploiter des avions commerciaux (passagers ou de fret).
- Pour le MRO : Certification de maintenance aéronautique (AMO) et Design Organization Approval (DOA) pour la conception et modification d’aéronefs.
- Certification des écoles de formation en aviation (ATO), garantissant la conformité des centres agréés du secteur aérien.
- Pour les activités spatiales, d’autres autorisations réglementaires peuvent s’appliquer (KOMDIGI pour les satellites de communication, BRIN pour la recherche).
Source : DGCA Indonésie ; ministère indonésien de l’Energie ; International Civil Aviation Organization (03/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’approche doit distinguer deux réseaux.
Aéronautique :
- Direction générale indonésienne de l'Aviation civile (DGCA).
- Interlocuteurs prioritaires : PT Dirgantara Indonesia, GMF AeroAsia et Batam Aero Technic (MRO), membres d’INACOM (sous-traitance).
- Compagnies aériennes : Lion Air et filiales, Garuda Indonesia et Citilink, Pelita Air, Rimbun Air, Smart Aviation etc.
- Aéroports : InJourney Airports pour les principaux aéroports du pays, autre opérateurs publics et privés.
- Navigation aérienne : AirNav Indonesia.
Spatial :
- La BRIN fait office d'agence spatiale indonésienne, ARIKSA fédère l’écosystème du secteur.
- Opérateurs de satellites : TelkomSat, PSN, ministère des Communications et du Numérique (KOMDIGI), ministère de la Défense, etc.
La réglementation spécifique
Les organismes MRO doivent être agréés par la DGCA conformément au CASR Part 145 ; les certificats étrangers ne sont pas directement reconnus en Indonésie. Les importateurs doivent disposer d’un NIB, d’un accès douanier et vérifier le classement SH ainsi que les licences et restrictions applicable dans le référentiel national (INSW). Un certificat d’exonératio
n fiscale (SKTD) peut permettre aux bénéficiaires éligibles de ne pas acquitter la TVA sur certains aéronefs, pièces et services associés. Depuis juillet 2026, un droit de douane de 0 % s’applique aux biens destinés au MRO éligible (décret ministériel des industries n° 16/2026). Dans le spatial, la loi n°22 de 2026 met en place un cadre pour le développement et l’exploitation des spatioports.
Niveau de taxation
- Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 22 % du bénéfice imposable.
- Pour la fourniture de biens et services importés dédiés à l'aérospatiale :
1/ À l’importation, les droits de douane dépendent du code SH, de l’origine et du régime applicable.
2/ Les biens ou services importés font l'objet d'une "Withholding Tax", calculée sur la valeur CIF + droits de douane éventuels.
3/ Le taux normal de TVA s’élève à 11 %.
NB : Depuis juillet 2026, les biens et matières destinés aux MRO agréés peuvent aussi bénéficier d’un droit de douane de 0 % sous conditions. En complément, pour les compagnies aériennes opérant des vols internationaux, l’article 15 de la Loi sur l’impôt fixe le revenu imposable à 6 % du chiffre d’affaires brut, avec un taux effectif d’impôt de 2,64 %.
Source : DGCA Indonésie ; Ministère indonésien de l’Industrie ; IAMSA. (03/08/2026)