Les fondamentaux
La consommation de viande est en croissance en Corée du Sud, avec une hausse de 14,3 % en cinq ans pour atteindre 61,4 kg/hab/an en 2024. La viande de porc demeure la principale protéine animale consommée (30,9 kg/hab/an), devant le poulet (15,5 kg) et le bœuf (15,0 kg).
L'élevage porcin représente 5 500 fermes et 10,7 millions de têtes au 1er trimestre 2026. La filière volaille compte quand à elle 2 800 fermes pour 185 millions de têtes, tandis que l'élevage bovin rassemble 76 000 fermes et 3,2 millions d'animaux.
La Corée figure parmi les plus importants consommateurs de bœuf en Asie. La production locale ne couvrant pas la demande, les importations, principalement en provenance des États-Unis et d'Australie, occupent une place importante. Le bœuf Hanwoo, race bovine locale, se positionne sur le segment premium et reste fortement associé aux cadeaux et aux occasions spéciales.
La volaille bénéficie des tendances santé et de la recherche de protéines accessibles, tandis que le porc reste incontournable dans la restauration, notamment les restaurants de grillades et la cuisine traditionnelle.
Le marché de la viande transformée a atteint 1,8 Md EUR pour 405 500 tonnes en 2024 (+2,5 % en valeur). L'offre de charcuterie repose principalement sur le jambon, le bacon et les saucisses. Les jambons secs importés, notamment espagnols et italiens, sont les références les plus connues.
Le marché est également marqué par la popularité du « Sundae », spécialité locale proche du boudin, tandis qu'une offre coréenne de charcuterie premium se développe progressivement pour répondre à une demande croissante de produits occidentaux.
Niveau d'autosuffisance alimentaire pour les viandes
Année 2025
Importations de produits carnés
en valeur, entre 2024 et 2025
6,4 Mds EUR-1,6%
Produits Carnés
3,4 Mds EUR+0,1%
dont Boeuf
435 M EUR+3,6%
dont Ovin/Caprin
235 M EUR-9,5%
dont Charcuterie
Principaux pays fournisseurs de produits carnés
en valeur, en 2025
Opportunités pour l'offre française
Les habitudes de consommation continuent de s’occidentaliser, comme en témoigne le développement de l’offre de produits alimentaires occidentaux et la progression de la demande pour les produits de charcuterie.
- La progression des mono-foyers soutient la demande pour des plats individuels pratiques et rapides à préparer, intégrant généralement des protéines d’origine animale.
- Dans un contexte de préoccupation croissante pour le bien-être et la santé, les consommateurs privilégient les viandes riches en protéines et pauvres en matières grasses.
- L’offre de charcuterie artisanale se développe, portée par une demande accrue pour des produits de qualité inspirés des standards européens. Les sandwichs à base de charcuterie européenne, comme le jambon-beurre, gagnent en popularité.
- L’ouverture prochaine du marché à la volaille française constitue une opportunité pour les produits premium tels que le foie gras et le magret.
- La demande pour les viandes surgelées progresse dans le commerce de détail, favorisant les produits importés grâce à une conservation et une logistique facilitées.
Source : GTA Connect, Euromonitor, Presse locale. (29/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
De plus en plus de consommateurs coréens sont sensibles aux questions environnementales, de bien-être et de santé comme en témoignent les tendances suivantes :
- Les principales viandes bio ou provenant d'un élevage qui supporte le bien-être animal sont de plus en plus présentes dans la distribution et sont très demandées par les consommateurs.
- Le segment des viandes alternatives s’est non seulement développé en Corée du Sud suite à la montée des prix de la viande mais aussi en raison d'une sensibilisation à la question du traitement animal.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Statut de l’accord d’équivalence biologique (Bio) entre la Corée du Sud et l’UE :
- Actuellement, l’accord d'équivalence pour les produits biologiques entre la Corée du Sud et l’Union Européenne ne s'applique pas à la viande ni aux produits d'origine animale (viandes fraîches, charcuteries ou produits transformés à base de viande).
- Par conséquent, la viande ou la charcuterie certifiée « Bio » en France ne peut pas être commercialisée sous le label ou la mention Bio (유기농) en Corée du Sud.
Labels et certifications
Dans le cadre de l'ALE (Accord de Libre-Échange) UE-Corée, les AOP et IGP sont officiellement enregistrées et protégées par le gouvernement coréen au titre des Indications Géographiques (IG). (Exemples : Jambon de Bayonne, Jambon d'Ardenne, etc.)
Valorisation et utilisation : Il est tout à fait autorisé d'apposer le logo AOP/IGP ainsi que la dénomination géographique d'origine sur les emballages et la fiche d'information en coréen. Cela permet de valoriser efficacement le produit en tant qu'offre traditionnelle de qualité supérieure (Premium).
Source : MFDS, Euromonitor, Service Economique Ambassade de France en Corée, Presse locale. (29/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les importateurs spécialisés sont incontournables pour pénétrer le marché. Il est important de disposer de documents de communication attractifs en anglais (fiches produits, etc.) et d’être en mesure d’accompagner le partenaire pour développer les ventes.
Dans le secteur des viandes, les acheteurs privilégient avant tout la constance de la qualité, un prix au kilo compétitif (intégrant la logistique) et une relation solide fondée sur la confiance. Toute tentative d’un producteur de démarcher un nouvel importateur sans en informer son partenaire actuel est mal perçue et peut gravement entacher sa crédibilité sur le marché.
Les préférences des Coréens en matière de goût et de texture de la viande sont spécifiques. La Nouvelle-Zélande et l’Australie élèvent notamment des animaux destinés au marché coréen.
La réglementation spécifique
Pour les exportateurs de viandes fraîches et produits dérivés (jambons, saucissons, etc.) soumis à quarantaine, l’agrément « Foreign Establishment » est obligatoire pour exporter vers la Corée du Sud. Les entreprises doivent s’enregistrer auprès du MFDS et obtenir un agrément du MAFRA. Ce processus est géré entre les deux autorités.
Tous les établissements, du premier site de transformation (hors élevage) jusqu’à l’entreposage des produits finis, sont concernés.
L’accès au marché reste soumis aux aléas sanitaires. L’ouverture des marchés pour les produits d’élevage dépend étroitement de la situation sanitaire. Ainsi, le marché du bœuf, rouvert en 2024 après plus de 20 ans de fermeture liés à l’ESB, a de nouveau été fermé quelques mois plus tard.
Niveau de taxation
Dans le cadre de l’Accord de Libre-Echange (UE-Corée) entré en vigueur le 1er juillet 2011, au-delà de 6 000 EUR de facturation, l’exportateur doit faire une demande auprès des douanes françaises afin d’obtenir le statut d’exportateur agréé (EA) pour bénéficier de l’exemption ou de la suppression progressive des droits de douane. Le porc affiche, 0 % de droits de douane hors poitrine
Certains produits sont néanmoins soumis à des quotas au-delà desquels des droits de douane non réduits s’appliquent.
Source : MFDS, Euromonitor, Service Economique Ambassade de France en Corée (29/07/2026)