Les fondamentaux
En Côte d’Ivoire, l’accès aux médicaments progresse mais reste inégal : la moitié de la population peut aujourd’hui se rendre en pharmacie, tandis que les habitants des zones rurales sont davantage dépendants des dépôts de médicaments ou de la médecine traditionnelle, en raison du coût des traitements et d’un maillage territorial encore insuffisant.
Le marché pharmaceutique ivoirien est estimé à environ 537 millions EUR, en croissance d’environ 11,4 % par rapport à 2022. Ce marché reste très dépendant de l’étranger, avec plus de 90 % des médicaments importés, ce qui expose le pays aux perturbations logistiques internationales. Sanofi est le principal acteur du marché, puis l’Inde, le Maroc, la Chine et l’Allemagne figurent parmi les principaux fournisseurs.
La production locale couvre encore une part limitée des besoins nationaux, autour de 5 à 6 %, malgré les ambitions des autorités de renforcer l’autonomie pharmaceutique dans les prochaines années. Parmi les fabricants présents sur le territoire, OLEA occupe une place dominante, représentant environ 3 % du marché privé.
Les prix des médicaments - qu’ils soient génériques ou de marque - sont sensiblement plus élevés que les standards internationaux, renforçant la dépendance du système de santé aux importations.
Enfin, le marché informel reste un enjeu majeur de santé publique. Les autorités intensifient la lutte contre les circuits illégaux : les saisies de produits médicaux falsifiés ont fortement augmenté ces dernières années, témoignant de l’ampleur du phénomène.
Opportunités pour l'offre française
Le développement de la souveraineté sanitaire ivoirienne et l’ambition d’accroître la production locale de médicaments créent un contexte particulièrement favorable à l’offre française.
Les entreprises françaises, reconnues pour la qualité de leurs produits et leur maîtrise réglementaire, peuvent jouer un rôle clé dans la structuration industrielle du secteur en investissant dans des unités de fabrication pour approvisionner le marché ivoirien et, plus largement, l’Afrique de l’Ouest. Une étude menée en 2024 par Business France pour le LEEM confirme l’intérêt croissant de plusieurs laboratoires pour une implantation dans le pays. Les acteurs positionnés sur les génériques disposent d’un fort potentiel de croissance, en contribuant à la baisse des coûts et à l’amélioration de l’accès aux traitements essentiels. La modernisation du système de santé ivoirien soutient la demande en équipements médicaux, dispositifs de diagnostic et solutions de traçabilité, domaines dans lesquels l’expertise française constitue un avantage compétitif majeur.
Source : Club Santé Côte d'Ivoire (23/11/2025)
Responsabilité sociétale
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les pharmacies travaillent principalement avec les quatre grossistes-répartiteurs majeurs du pays (Ubipharm, Copharmed, DPCI, Tedis-Pharma), qui dominent le marché de la distribution privée.
Pour l’accès au marché public, la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP) constitue l’interlocuteur clé pour l’approvisionnement des établissements sanitaires publics. Pour le secteur privé, l’adhésion à la profession et le réseau de l' Ordre National des Pharmaciens de Côte d’Ivoire sont un point de contact utile pour approcher les officines et cerner leurs besoins.
La réglementation spécifique
L'Autorité Ivoirienne de Régulation Pharmaceutique (AIRP) est une autorité administrative indépendante qui autorise la mise sur le marché, délivre les licences, effectue des inspections et surveille le marché pharmaceutique. Les frais d’autorisation pour la mise sur le marché (AMM) sont désormais fixés par décision réglementaire (dernier tarif publié en 2023).
La NPSP assure l’approvisionnement des médicaments pour le secteur public et dispose d’un réseau de dépôts et d’axes logistiques pour couvrir tout le pays. La distribution dans le secteur privé est assurée par les grossistes-répartiteurs mentionnés.
Les prix des médicaments sont régulés et soumis à un arrêté tarifaire pour les officines privées comme publiques.
Niveau de taxation
Les médicaments importés en Côte d’Ivoire sont exonérés de droits de douane et de TVA, afin de maintenir leur prix le plus accessible possible. En revanche, ils demeurent soumis à des taxes régionales obligatoires appliquées dans le cadre du Tarif Extérieur Commun (TEC) de l’UEMOA. Ces prélèvements représentent au total 2,5 % de la valeur fournisseur :
1 % de Prélèvement Communautaire de Solidarité (PCS) destiné au financement de l’UEMOA,
1 % de Redevance Statistique (RSTA) pour le contrôle douanier,
0,5 % de Prélèvement Communautaire (PCC) au bénéfice de la CEDEAO.
Source : Club Santé Côte d'Ivoire, AIRP, CEPICI (23/11/2025)