Les fondamentaux
Les Émirats arabes unis (EAU) offrent un environnement des affaires exceptionnellement dynamique et ouvert sur le monde, soutenu par une stabilité politique et économique. Le pays, fédération de 7 émirats dont Abu Dhabi et Dubai comme pôles principaux, compte environ 11 millions d’habitants en 2025, dont près de 90 % d’expatriés. Cette population est jeune (médiane 31,6 ans) et hyperconnectée (près de 99 % des résidents ont accès à Internet), ce qui favorise les usages numériques et la consommation de contenus et services culturels innovants. L’économie émirienne, historiquement adossée au pétrole, a entrepris une diversification ambitieuse vers les secteurs non pétroliers, dont les industries culturelles et créatives (ICC) qui sont désormais une priorité nationale. En 2021, le gouvernement émirien a lancé la première stratégie décennale des ICC du monde arabe, visant à faire des EAU un hub culturel mondial et à porter la contribution des ICC à 5 % du PIB d’ici 2031. Cette stratégie s’accompagne d’incitations fortes comme la création d’un visa de résidence « Créatif » pour attirer les talents internationaux ou des partenariats internationaux emblématiques autour de projets phares (ex. futur Musée Guggenheim, projet House of the Arts...). Le gouvernement d’Abu Dhabi a investi 30 milliards USD depuis 10 ans pour positionner l’émirat comme pôle culturel majeur dans la région. Ainsi, ces efforts conjoints, alliés à une fiscalité modérée et à un climat des affaires propice, confirment l’attractivité internationale du marché émirien pour les ICC.
Marché des jeux vidéo aux Émirats arabes unis : croissance et potentiel
Le marché émirien du jeu vidéo connaît une expansion rapide, porté par une population jeune, connectée et férue de nouvelles expériences numériques. Les indicateurs suivants illustrent la dynamique du secteur, entre croissance du chiffre d’affaires.
826 M USD+14 % / an
Revenus du jeu vidéo (2023)
4,3 M37 % pop
Joueurs EAU prévus (2027)
46 000
Emplois créés d’ici 2030
Opportunités pour l'offre française
Le boom des ICC aux EAU génère de multiples opportunités pour l’offre française. La stratégie culturelle émirienne, centrée sur la création de contenus innovants et de partenariats internationaux, ouvre la voie à la coproduction d’expositions et de spectacles dans les musées et événements nouvellement créés (le Ministère de la Culture d’Abu Dhabi sollicite par exemple le déploiement de musées numériques «Micro-Folie» adaptés aux sites locaux). Les programmes de renouvellement de la programmation culturelle constituent également une aubaine pour les créateurs français, dont le savoir-faire est recherché afin de proposer des contenus ludiques et immersifs répondant aux attentes d’un public jeune. Les technologies liées aux ICC (réalité virtuelle, audiovisuel innovant, e-sport) sont particulièrement porteuses et peuvent également dynamiser le tourisme, le retail et les espaces urbains. De plus, les programmes de formation et l’expertise en gestion de projets culturels sont valorisés pour accompagner le développement des tiers-lieux créatifs (ex. Sharjah Creative Quarter, MiZa) et la montée en compétences de la scène locale.
Source : Business France – Institut français (ICC Immersion EAU 2025) (25/06/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le marché émirien des ICC est très tourné vers l’innovation et la haute technologie. Les acteurs locaux s’intéressent aux nouvelles expériences numériques : films interactifs, spectacles immersifs, jeux vidéo en réalité virtuelle et augmentée, etc. Dans ce contexte, les institutions émiriennes attendent des partenaires étrangers un savoir-faire à la pointe de la création numérique (réalité étendue, IA appliquée au divertissement ou à l’éducation, gamification de l’offre culturelle) ainsi qu’une expertise en gestion de projets innovants (ex. organisation de festivals culturels hybrides, conception de contenus multi-plateformes).
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Première nation du Golfe engagée vers la neutralité carbone en 2050, les Émirats arabes unis intègrent progressivement des exigences environnementales dans leurs projets culturels et créatifs. Les grands événements (tels que l’Exposition universelle de Dubai 2020) ont mis l’accent sur le développement durable, impulsant une tendance aux pratiques écoresponsables dans l’organisation de salons, expositions et lieux culturels. Les normes de construction durable sont devenues incontournables : par exemple, Abu Dhabi impose l’obtention d’au moins une “Pearl” dans le système local de certification Estidama pour le permis de construire des nouveaux bâtiments, y compris musées et centres culturels. De même, la municipalité de Dubai a adopté son propre code de construction écologique, encourageant l’efficacité énergétique, la gestion de l’eau et l’utilisation de matériaux durables dans les nouveaux projets culturels.
Labels et certifications
Dans les ICC, il n’existe pas de label local spécifique obligatoire, mais les certifications internationales en matière de développement durable et de qualité sont valorisées. Par exemple, les labels de gestion forestière responsable (FSC, PEFC) sont appréciés dans l’édition et l’ameublement pour attester l’origine durable du papier ou du bois. De même, les certifications environnementales telles que LEED ou BREEAM sont largement reconnues aux EAU pour les projets architecturaux et événementiels importants. En parallèle, les bonnes pratiques RSE peuvent être mises en avant par les entreprises.
Source : Bpifrance; Hossam Zakaria (30/04/2024)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour percer le marché émirien des ICC, il est conseillé de s’entourer de partenaires locaux bien implantés (producteurs, distributeurs, agents commerciaux ou institutions culturelles). La présence sur place – via une implantation en zone franche spécialisée ou un représentant local – facilite le développement commercial. Aux EAU, on communique volontiers via WhatsApp plutôt que par e-mail, et une présence régulière dans le pays est nécessaire pour instaurer une relation de confiance. Il faut éviter de proposer des réunions pendant les périodes de célébration (Ramadan, jours fériés islamiques, etc.) et faire preuve de réactivité et de flexibilité. La connaissance du contexte culturel local est également cruciale : parler anglais et comprendre la diversité culturelle (200+ nationalités).
La réglementation spécifique
Les droits de douane sont généralement faibles (5 % en régime général) et certains biens culturels bénéficient d’exonérations : par exemple, Abu Dhabi a instauré en 2026 un dispositif d’exemption des droits de douane sur les œuvres d’art de très haute valeur (≥ 10 M AED) destinées à être conservées au moins trois ans. La censure reste en revanche un élément à prendre en compte : les contenus culturels (films, éditions, expositions) sont soumis à des critères de conformité morale et religieuse (pas de scènes de nudité explicite, de blasphème, etc.), et doivent obtenir une autorisation des autorités compétentes (ex. National Media Council pour les médias audiovisuels) en préalable à leur diffusion publique. En outre, les normes de propriété intellectuelle sont alignées sur les standards internationaux.
Niveau de taxation
Aucune imposition sur le revenu n’existe aux EAU pour les personnes physiques, et les entreprises culturelles enregistrées en zone franche profitent d’une exemption d’impôt sur les sociétés (0 % d’IS pendant de longues périodes). Hors zones franches, l’IS standard de 9 % s’applique (introduit en 2023 pour diversifier les recettes publiques). La TVA est fixée à un taux unique de 5 % depuis 2018, y compris sur les produits culturels et biens importés, mais de nombreuses prestations B2B en zone franche sont détaxées dans le cadre du reverse charge local. Par ailleurs, il n’existe ni taxe sur la valeur ajoutée culturelle spécifique, ni droits de douane élevés sur les biens culturels ordinaires.
Source : UAE Federal Customs (25/06/2026)