Les fondamentaux
Le marché suisse des industries culturelles et créatives (ICC) regroupe un ensemble de secteurs produisant ou diffusant des biens et services fondés sur la créativité, le savoir-faire et la culture. Les autorités suisses identifient 11 domaines majeurs, dont l’architecture, les arts visuels, le cinéma, le design, l’édition, la musique, la publicité, le spectacle vivant et les jeux vidéo.
En 2023, l’économie culturelle a généré 15,5 Mds CHF de valeur ajoutée, soit 1,9 % du PIB, et comptait 68 233 entreprises pour 243 207 emplois, confirmant le poids économique du secteur malgré un tissu très atomisé.
En 2025, 282 000 travailleurs culturels étaient recensés en Suisse, soit 5,5 % de la population active ; le secteur se distingue par une part élevée d’indépendants (27,4 %) et de multi-actifs (15 %), traduisant des conditions d’emploi plus atypiques que dans l’économie totale.
La Suisse dispose par ailleurs d’une infrastructure culturelle dense, avec 1 104 musées, 1 498 bibliothèques ouvertes au public, 258 cinémas actifs en 2025 et 24 plateformes VoD payantes en 2024, concentrés autour de grands pôles comme Zurich, Genève, Bâle et Lausanne.
Marché multilingue, solvable et fortement digitalisé, il bénéficie d’un cadre public favorable : le Message culture 2025-2028, porté à 990 M CHF après approbation parlementaire, fait de la transformation numérique, de la durabilité et de la coopération des priorités structurantes ; dans ce contexte, le jeu vidéo touche désormais 57 % de la population suisse, soit 3,6 millions de personnes.
Opportunités pour l'offre française
L’offre française présente des opportunités ciblées dans les ICC suisses à forte composante technologique. Dans les musées et le patrimoine, la demande porte sur la médiation numérique, l’IA, la valorisation des collections et la durabilité ; le secteur muséal suisse se structure autour de ces priorités et 65 % de la population a fréquenté musées ou expositions en 2024. Dans le jeu vidéo, 57 % de la population joue et le marché devrait atteindre 1,628 Md CHF en 2026, ce qui ouvre des perspectives dans l’edutainment, les jeux d’apprentissage et les contenus XR. Dans l’audiovisuel, l’obligation d’investissement des plateformes représente 30,1 M CHF en 2024 et la SSR investit 34 M CHF par an : les coproductions, l’animation et les séries constituent des créneaux porteurs pour l’offre française. Dans la musique, un marché à 259 M CHF en 2025, dominé à 92 % par le streaming, favorise les offres de licences et de monétisation numérique.
Source : OFS
PwC Suisse
AMS/ICOM Suisse
IGEM digiMonitor
SSR/RTS (21/06/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
En Suisse, l’innovation attendue des prestataires étrangers dans les ICC porte sur leur capacité à proposer des solutions numériques, durables et interopérables, conformes au Message culture 2025-2028. La transformation numérique, les formats hybrides de production et de médiation et la durabilité structurent la politique culturelle fédérale. Les acteurs suisses recherchent également une expertise concrète en IA, valorisation des données, médiation immersive et accompagnement au changement. Dans les musées, le numérique et l’IA sont au cœur des réflexions, tandis que Pro Helvetia renforce en 2026 son soutien aux projets associant innovation, numérique et développement durable. Dans le 7e art, le Geneva International Film Festival explore les liens entre cinéma, technologies immersives, jeux vidéo et IA, faisant de Genève un pôle d’innovation pour les nouveaux formats narratifs et les industries créatives numériques.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
En Suisse, les enjeux environnementaux applicables aux ICC s’inscrivent dans un cadre transversal à l’ensemble de la politique culturelle. Le développement durable constitue un objectif constitutionnel et se décline dans la Stratégie pour le développement durable 2030 ainsi que dans son plan d’action 2024-2027. Le Message culture 2025-2028 prolonge cette orientation en faisant de la durabilité l’un des six champs d’action de la politique culturelle fédérale. Depuis 2026, Pro Helvetia renforce en outre ses dispositifs en faveur de manifestations culturelles innovantes et durables, de l’accompagnement des processus de transformation des organisations culturelles et de la recherche autour de la durabilité et de la transformation numérique. Les musées sont aujourd’hui l’illustration la plus visible, mais ces attentes concernent aussi les festivals, lieux culturels, structures de production et opérateurs de diffusion.
Labels et certifications
Il n’existe pas en Suisse de label transversal couvrant l’ensemble des ICC. Pour les offres à composante numérique, les références les plus pertinentes sont les labels « swiss made software », « swiss digital services » et « swiss hosting », qui valorisent l’origine suisse, la fiabilité et la souveraineté numérique ; le label « swiss made software » peut en outre être complété par une certification ISO 25001. Pour l’accessibilité et l’inclusion, la référence sectorielle reste la démarche « Culture inclusive » portée par Pro Infirmis, désormais structurée autour d’un réseau et d’une charte nationale.
Source : OFC
Association des musées suisses
Pro Helvetia
Confédération suisse
Swiss Made Software
Pro Infirmis
GIFF (14/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché suisse des ICC passe prioritairement par des partenaires bien ancrés localement : institutions culturelles, organisations professionnelles, diffuseurs, prescripteurs et réseaux sectoriels actifs dans plusieurs régions linguistiques. Il est recommandé de privilégier une approche relationnelle et progressive, fondée sur la crédibilité de l’offre, les références, la qualité d’exécution et la capacité à s’adapter aux spécificités linguistiques du marché visé. La Suisse valorise les interlocuteurs réactifs, fiables et capables de proposer un accompagnement sur mesure. La participation à des salons, festivals, événements professionnels et dispositifs de mise en relation constitue un levier efficace pour identifier des relais, nouer des coopérations et sécuriser les premiers projets.
La réglementation spécifique
L’accès au marché suisse des ICC ne requiert souvent pas d’autorisation sectorielle préalable, mais impose le respect de cadres transversaux. Toute offre doit être sécurisée en matière de propriété intellectuelle, le droit d’auteur suisse couvrant logiciels, photos, films et contenus numériques. Les acteurs collectant ou exploitant des données doivent respecter la nouvelle LPD, en vigueur depuis le 1er septembre 2023. Depuis 2024, les services de streaming et de vidéo à la demande doivent investir 4 % dans la création suisse et proposer 30 % d’œuvres européennes. Face à l’essor de l’IA, le secteur réfléchit à l’adaptation du droit d’auteur à l’ère numérique. Les cinq sociétés suisses de gestion des droits exigent que l’usage de créations humaines pour entraîner l’IA donne systématiquement lieu à une rémunération.
Niveau de taxation
La fiscalité suisse repose sur trois niveaux d’imposition : fédéral, cantonal et communal, ce qui entraîne des écarts sensibles selon le lieu d’implantation. La TVA au taux normal s’élève à 8,1 % depuis le 1er janvier 2024 ; un taux réduit de 2,6 % s’applique notamment aux livres, journaux et certains médias, et un taux spécial de 3,8 % au secteur de l’hébergement. Les entreprises, y compris étrangères, sont en principe assujetties à la TVA à partir de 100 000 CHF de chiffre d’affaires annuel mondial provenant de prestations imposables. Enfin, depuis 2024, les grands groupes internationaux réalisant au moins 750 M EUR de chiffre d’affaires sont soumis à l’imposition minimale OCDE de 15 %.
Source : OFC
Greater Zurich Area
Message Culture 2025-2028
Administration fédérale des contributions
Département fédéral des finances
Le Journal de la SSA (14/07/2026)