Les fondamentaux
Le marché australien des services environnementaux repose sur des moteurs structurels durables : urbanisation, croissance démographique et durcissement réglementaire. Le pays est très urbanisé, avec environ 86,75 % de la population en zone urbaine et près de 87 % à moins de 50 km du littoral. La population a atteint 27,8 M d'habitants fin 2025, en hausse de 1,5 % sur un an, portée par une migration nette de 301 000 personnes.
Ces dynamiques maintiennent une forte pression sur les systèmes d'eau, de déchets et d'air dans les grands corridors urbains. En déchets, l'Australie a produit 75,6 M de tonnes en 2022-2023, avec un taux de valorisation de 66 % et de recyclage de 63 %. En eau, la consommation nationale a augmenté de 12,9 % pour atteindre 17 223 GL en 2023-2024. En air, les particules fines PM2,5 restent le principal polluant suivi, malgré des relevés en amélioration. La surveillance et le contrôle des émissions restent à l'agenda 2026-2030.
Opportunités pour l'offre française
Eau : en 2025, le gouvernement a engagé 52,3 M EUR pour 23 projets hydriques régionaux (programme WISER) : dessalement, traitement avancé, réutilisation et optimisation des réseaux.
Déchets : l'enjeu est moins le traitement générique que l'expansion des capacités nationales de recyclage. Le Recycling Modernisation Fund fédéral apporte plus de 120 M EUR et devrait mobiliser environ 600 M EUR au total, soit plus d'un million de tonnes de capacité supplémentaire. Savoir-faire français recherchés : tri avancé, récupération des plastiques, biodéchets, déchets dangereux et électroniques.
Air : l'opportunité se situe à l'intersection de la surveillance, du contrôle des émissions et de la décarbonation. La Nouvelle-Galles du Sud a lancé des plans de surveillance de la qualité de l'air 2026-2030 et le pipeline national de stockage de CO² se renforce. Cela soutient une position française sur la surveillance, les technologies d'émissions industrielles et l'ingénierie de stockage du CO².
Source : Infrastructure Australia ; DCCEEW ; NSW EPA. (22/05/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Eau : traitement, recyclage et réutilisation, en particulier pour les zones régionales et reculées exposées à la sécheresse. Sont attendus les réseaux intelligents, la détection des fuites, la maintenance prédictive et le dessalement.
Déchets : recyclage avancé, valorisation des ressources, biodéchets, déchets dangereux et électroniques. Le tri assisté par IA et les solutions qui augmentent la capacité nationale de traitement sont recherchés. L'Australie a généré 511 000 tonnes de déchets électroniques en 2019, un volume projeté à 657 000 tonnes en 2030.
Air : surveillance ambiante et industrielle, mesure et modélisation des émissions, contrôle des sites, plateformes en temps réel et de prévision, appui technique au CSC.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Cadre multi-secteurs : Environment Protection and Biodiversity Conservation Act 1999 (EPBC Act), lois environnementales des États, réglementation santé-sécurité au travail (WHS).
Eau : Water Act 2007 (Commonwealth) et lois des États, Australian Drinking Water Guidelines, Basin Plan (Murray-Darling).
Déchets : National Waste Policy (2018) et plan d'action 2024, Recycling and Waste Reduction Act 2020, contrôle des déchets dangereux, tri obligatoire des biodéchets en Nouvelle-Galles du Sud (2026).
Air : National Environment Protection (Ambient Air Quality) Measure, National Greenhouse and Energy Reporting Act 2007, Safeguard Mechanism, unités carbone (ACCU).
Labels et certifications
Généraux : ISO 14001 (management environnemental), ISO 9001 (qualité), ISO 45001 (santé-sécurité), Green Star, Infrastructure Sustainability (IS) Rating, Climate Active.
Eau : Australian Drinking Water Guidelines, WaterMark, schéma WELS, AS/NZS 4020.
Déchets : AS/NZS 5377 (déchets électroniques), Australasian Recycling Label, B-cycle, certification compostable (AS 4736/AS 5810).
Air : déclaration NGER, NABERS Indoor Environment, certification WELL.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Eau : les clients principaux restent les régies publiques d'État et les autorités régionales (Sydney Water, Melbourne Water, Seqwater, SA Water), pour le traitement, le dessalement, la réutilisation et les réseaux.
Déchets : collectivités locales, autorités municipales de gestion des déchets et grands opérateurs (Cleanaway, Veolia Australia).
Air : DCCEEW, agences environnementales des États (EPA) et collectivités locales pour la surveillance et la conformité ; côté privé, les grands émetteurs industriels et les développeurs de projets CSC.
Approche à privilégier : des partenariats entre acteurs publics et consortiums privés pour la livraison des grands projets.
La réglementation spécifique
L'accès au marché des grands projets passe par l'évaluation environnementale fédérale au titre de l'EPBC Act 1999 et par les licences des agences environnementales (EPA) des États. Selon leur nature et leur montant, les investissements étrangers peuvent requérir l'autorisation du Foreign Investment Review Board (FIRB).
Les activités d'eau, de déchets et d'air relèvent de lois sectorielles d'État (licences d'exploitation, contrôles de pollution) ; les grands émetteurs sont soumis au reporting NGER et au Safeguard Mechanism. Les règles de santé et sécurité au travail (WHS) s'appliquent à tous les chantiers et installations.
Niveau de taxation
L'impôt sur les sociétés est de 25 % pour les entités à taux réduit (en général, chiffre d'affaires agrégé inférieur à environ 30 M EUR et revenus passifs n'excédant pas 80 %) et de 30 % pour les autres sociétés.
Les droits de douane s'appliquent aux marchandises importées selon leur classement tarifaire.
N.B. L'accord de libre échange Australie-UE conclu en mars 2026 prévoit la suppression de la quasi-totalité des droits de douanes courant 2027-2028.
La GST (TVA) à l'importation est de 10V% de la valeur taxable (valeur en douane, droits, fret et assurance). Due au dédouanement, elle peut être différée par les importateurs agréés ; les entreprises enregistrées à la GST récupèrent généralement la taxe en amont.
Aucune retenue à la source ne s'applique du seul fait de l'importation. En revanche, les redevances versées à des non-résidents subissent en principe une retenue de 30V%, sauf réduction par convention fiscale.