Les fondamentaux
Le secteur espagnol de l’élevage reste l’un des plus structurants d’Europe, dominé par le porc, puis par les filières avicole, bovine et ovine-caprine. En 2025, l’Espagne a produit environ 7,68 Mt de viande, dont 5,26 Mt de porc, 1,76 Mt de volailles, 0,75 Mt de bovin et 0,11 Mt d’ovin-caprin. Le marché combine intégration industrielle, coopératives, export, contraintes eau-énergie-bien-être et recherche de solutions d’efficacité.
L'élevage est une filière puissante mais sous tension. Le cheptel porcin dépasse 34 M de têtes et alimente une production de 5,26 Mt de viande ; l’aviculture atteint 1,76 Mt de viande et poursuit la transition des systèmes de ponte hors cage ; le bovin combine viande, lait et importations de jeunes animaux ; les livraisons de lait de toutes espèces approchent 8,3 Mt, dont environ 7,4 Mt de lait de vache ; les laits de brebis et chèvre reculent en volume mais conservent une forte valeur fromagère, avec 473,02 M l de lait de brebis et 402,83 M l de lait de chèvre en 2025.
L’alimentation animale reste un débouché majeur : la production industrielle espagnole de piensos atteint 30,81 Mt en 2025, dont 45 % absorbés par le porc, 34 % par le bloc ruminants et autres espèces, et 17 % par l’aviculture. Cette structure soutient les opportunités en formulation, additifs, alternatives protéiques, matières premières, automatisation des usines et optimisation technico-économique des rations.
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités pour les entreprises françaises se concentrent sur les solutions à forte valeur ajoutée : élevage de précision, capteurs, monitoring, robotique, ventilation, refroidissement, gestion de l’eau, efficacité énergétique, équipements de traite, hygiène, biosécurité, génétique, reproduction, nutrition de précision, additifs, alternatives protéiques, valorisation des effluents, biogaz, bien-être animal et logiciels de traçabilité.
L’Espagne recherche des solutions capables de réduire les coûts, sécuriser le statut sanitaire, démontrer un ROI rapide et faciliter la conformité réglementaire.
La France dispose d’un positionnement crédible grâce à sa proximité, ses savoir-faire en génétique, alimentation animale, équipements, santé animale, veaux et broutards, lait et transformation.
Source : MAPA, FEAGAS, INTERPORC, ASICI, PROVACUNO, INTEROVIC, AVIANZA, INLAC, ANICE, CESFAC, EUROSTAT, AGRODIGITAL, ALIMARKET (10/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
La RSE devient un axe central de compétitivité : les exploitations doivent documenter biosécurité, bien-être animal, formation, gestion des déchets, réduction d’émissions, usage rationnel des antibiotiques, qualité de l’eau, consommation énergétique et gestion des effluents. ECOGAN sert de support national au calcul, suivi et notification des émissions et des meilleures techniques disponibles pour plusieurs filières, tandis que les textes sectoriels imposent des plans de gestion, registres et obligations de réduction d’impact.
Le bien-être animal est aussi renforcé : le Real Decreto 159/2023 étend l’obligation de plan de bien-être animal à davantage d’exploitations et organise les contrôles officiels. En parallèle, le Real Decreto 992/2022 structure l’usage durable des antibiotiques, avec calculs de consommation par exploitation et indicateurs de référence nationaux via PRESVET.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La réglementation environnementale devient un facteur structurant du marché espagnol de l’élevage. Les exploitations doivent répondre à des exigences croissantes sur la gestion des effluents, les émissions, les nitrates, la biosécurité, le bien-être animal et la traçabilité. Dans le bovin, le Real Decreto 1053/2022 encadre l’organisation des exploitations, les conditions sanitaires et de bien-être, la gestion des effluents et la réduction des émissions. Le dispositif ECOGAN impose aux exploitations concernées la communication des meilleures techniques disponibles et permet d’estimer émissions et consommations de ressources. Les nitrates et la nutrition des sols sont également encadrés par les Real Decreto 47/2022 et Real Decreto 1051/2022, qui renforcent les obligations liées aux apports organiques, à la fertilisation et à la protection des eaux.
Labels et certifications
Le marché valorise les démarches capables d’apporter des preuves : production écologique, traçabilité, bien-être animal, réduction d’impact et conformité documentaire. Le label biologique européen est régi par le Règlement UE 2018/848 et impose le logo UE, le code de l’organisme de contrôle et des règles spécifiques de production et d’étiquetage. En bien-être animal, Welfair, basé sur Welfare Quality et AWIN, s’impose comme une référence, tandis que des référentiels sectoriels comme IAWS, PAWS, BAIE ou AAWS structurent les filières porcine, bovine, ovine-caprine et avicole.
Source : MAPA, FEAGAS, INTERPORC, ASICI, PROVACUNO, INTEROVIC, AVIANZA, INLAC, ANICE, CESFAC, EUROSTAT, AGRODIGITAL, ALIMARKET (10/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Il est recommandé de s’appuyer sur des importateurs-distributeurs spécialisés déjà bien implantés dans les circuits d’approvisionnement des élevages (fourniture d’aliments, de matériel d’élevage, de services vétérinaires…). Ces partenaires disposent du réseau client approprié.
Par ailleurs, participer aux salons et événements professionnels est un excellent moyen de nouer des contacts. Des rendez-vous comme le salon FIGAN 2027 à Saragosse (tous les deux ans), ou d’autres foires régionales de l’agriculture et de l’élevage, rassemblent de nombreux décideurs (coopératives, intégrateurs, grandes exploitations, vétérinaires, etc.).
La présence sur ces salons accroît la visibilité de l’offre française et permet des démonstrations produit adaptées au contexte espagnol.
La réglementation spécifique
Sur le plan réglementaire, les échanges d’animaux et produits concernés s’inscrivent dans le cadre sanitaire européen, avec exigences de traçabilité, identification, certification et mouvements encadrés. Le règlement UE 2016/429 fixe les règles de prévention et contrôle des maladies animales, d’identification, d’enregistrement, d’entrée et de mouvement au sein de l’UE. En Espagne, les obligations nationales se complètent par les règles de registre, biosécurité, bien-être, effluents et MTD selon espèces.
Niveau de taxation
Les produits utilisés habituellement pour la nutrition humaine ou animale, les animaux destinés à l’obtention de produits alimentaires ou à l’engraissement, les semences, fertilisants, produits et services agricoles ou d’élevage relèvent généralement du taux réduit de 10 %. Les denrées de base comme lait, fromage et œufs sont au taux super-réduit de 4 %.
Source : MAPA, FEAGAS, INTERPORC, ASICI, PROVACUNO, INTEROVIC, AVIANZA, INLAC, ANICE, CESFAC, EUROSTAT, AGRODIGITAL, ALIMARKET (10/08/2026)