Les fondamentaux
L’Indonésie combine un vaste marché intérieur et une demande croissante en protéines animales. L’élevage constitue ainsi un pilier des ambitions de sécurité alimentaire du pays ; en 2025, il représentait 16,35 % de la valeur ajoutée agricole nationale. Cependant, c’est un secteur à deux vitesses, avec une filière avicole fortement intégrée et industrialisée et, d'un autre côté, des productions bovines, laitières, caprines et ovines encore largement dominées par de petites exploitations familiales.
La filière avicole est autosuffisante et produit plus de 3,9 milliards de volailles par an : 4,06 M T de viande de poulet, 6,31 M T d’œufs de poule et 290 000 T d’œufs de canard. À l’inverse, la production laitière (821 000 T) ne couvre que 21 % de la demande nationale. L’île de Java domine les filières avicole et laitière. L’Indonésie est également le 3e producteur mondial de produits de la mer avec 24,57 M T produites en 2024, dont 17,18 M T de l’aquaculture, destinés en grande partie à l’export.
Le programme de repas nutritifs gratuits du Président de la République Prabowo Subianto soutient la demande en protéines animales et contribue à l’accélération des investissements dans la filière laitière et l’augmentation du cheptel. Les autorités poursuivent les objectifs d’autosuffisance alimentaire tout en répondant à plusieurs défis : usage excessif d’antibiotiques, faible traçabilité, limites de la chaîne du froid, modernisation des abattoirs et prévention des épizooties. Le plan national "One Health" 2025-2029 a pour objectif de renforcer la biosécurité, le contrôle sanitaire et l’encadrement de l’utilisation des antimicrobiens.
Chiffres clés du secteur de l'élevage en Indonésie (2025)
> 3,9 Mdstêtes/an
Volailles
13,54 Mtêtes
Cheptel bovin
Opportunités pour l'offre française
Opportunités non-exhaustives :
- Santé et génétique animale : opportunités dans les biotechnologies, la sélection génétique, les semences et embryons, les outils de génomique ou les solutions de santé visant à améliorer la résistance aux maladies, la productivité et les performances des élevages.
- Filière laitière et bovine : perspectives dans la génétique bovine, les bovins reproducteurs, les équipements de traite, le refroidissement du lait, le conseil aux coopératives et les technologies d’amélioration des élevages (rendements, engraissement, qualité du lait, efficacité de la chaîne de valeur). Les ambitions d’autosuffisance laitière du gouvernement stimulent les investissements dans l’augmentation du cheptel, la modernisation des exploitations, les équipements d’abattage, ainsi que les solutions et formations en matière d’hygiène, de biosécurité et de gestion des déchets.
- Aquaculture : forte demande en solutions innovantes pour la crevetticulture et la pisciculture (nutrition, génétique, biosécurité, traitement de l’eau, digitalisation), portée par la modernisation des fermes et les ambitions d’exportation de l’Indonésie.

Source : Ministère indonésien de l’Agriculture ; ministère indonésien des Affaires Maritimes et de la Pêche (KKP)
(30/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les attentes du marché portent notamment sur la productivité, la réduction des pertes, la biosécurité, la traçabilité, les alternatives aux antibiotiques, l’efficience alimentaire, le bien-être animal, la chaine du froid ou la digitalisation.
Quelques exemples :
Stockage, logistique et chaîne du froid pour l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’agroalimentaire : besoins renforcés et complexifiés par la géographie archipélagique du pays.
Digitalisation du secteur de l’élevage : des start-ups indonésiennes telles Aruna, JALA, FishLog, Mina Ceria ou Growpal abordent ces enjeux via l'utilisation de solutions d’objets connectés notamment à destination de l’aquaculture.
Suivi et maintien de la température dans lieux d’élevage, notamment les fermes laitières, etc.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
De manière non-exhaustive, un certain nombre de textes législatifs ou réglementaires, normes et standards environnementaux s'appliquent aux industries de l'élevage, de la pêche et de l'aquaculture en Indonésie :
La loi n° 31/2004, modifiée par la loi n° 45/2009 sur la pêche et l’aquaculture.
La loi n° 41/2014 relative à l’élevage et à la santé animale.
Les projets de production, de transformation ou de fabrication d’aliments pour animaux peuvent être soumis à des autorisations environnementales et à des études d’impact dites "AMDAL".
Depuis 2026, les exigences environnementales se renforcent, notamment en matière de traitement des effluents et de qualité des eaux usées.
Les autorités provinciales et locales jouent un rôle important dans la délivrance des autorisations et le contrôle environnemental liés aux activités d’élevage, de pêche et d’aquaculture.
Labels et certifications
Des normes "SNI", obligatoires ou volontaires, ont été édictées par l'Agence de Standardisation nationale (BSN) pour un certain nombre de solutions pour l'élevage.
L’Indonésie constituant le 1er marché halal au monde avec une population à 86,7 % musulmane, une certification halal des solutions pour l'élevage peut constituer un différentiateur.
Elément important du système d'assurance qualité et de contrôle de la sécurité des produits de la mer ("SJMKHP"), l'Indonésie dispose de son propre système de certification des pratiques aquacoles, avec le "CBIB" pour les bonnes pratiques d'aquaculture et le "CPIB" pour l'étape de reproduction. Il s'agit d'exigences pour l'exportation vers l'UE.

Source : Ministère indonésien de l’Agriculture ; ministère indonésien des Affaires Maritimes et de la Pêche (KKP)
(30/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Sauf à établir une filiale, le recours à un partenaire commercial local (distributeur, intégrateur, etc.) apparaît inévitable pour la commercialisation de solutions pour l'élevage sur le marché indonésien. Les démarches d'importation de produits physiques doivent en effet être réalisées par le biais d’une société de droit local possédant une licence d'importation "API-P" pour des intrants ou "API-U" pour des produits finis, susceptible de les enregistrer ou les faires certifier auprès des autorités compétentes. Le choix du partenaire local est donc critique : connaissance du marché, des réglementations et des circuits de distribution.
Les technologies, solutions, services, machines ou équipements proposés doivent être éprouvés et faire l'objet d’un point de présence et d'un SAV local.
La réglementation spécifique
Considérations non-exhaustives :
Des exigences d'enregistrement existent pour un certain nombre de solutions pour l'élevage.
L'importation de machines d'occasion n'est pas formellement interdite mais est strictement réglementée et soumise à conditions.
Des seuils de localisation peuvent s'appliquer aux procédures d'achats publics via le programme "P3DN" (certifications dites “TKDN” des solutions locales), notamment par des donneurs d'ordre publics.
L’importation de produits OGM, qu’ils soient d’origine animale ou végétale, est interdite sauf autorisation spécifique des autorités.
Les produits d’origine ruminants doivent être conformes à la réglementation sanitaire n° 2/PERMENTAN/PK.440/2/2017 et indemnes de maladies selon l’Organisation mondiale de la Santé animale (OMSA).
Niveau de taxation
A l'exportation de solutions pour l'élevage :
Droits de douane*, de 0 % à 15 % selon le code SH et l’origine des produits.
Une Withholding Tax dite "PPh", calculée sur la valeur CIF + droits de douane, est prélevée à la source par l’importateur pour les biens et marchandises (taux normal de 7,5 %, réduit à 2,5 % avec une licence d'importation "API") ou 10 % sur services et royalties françaises (20 % taux normal).
Une TVA dite "PPn" de 11 % s'applique tant aux biens et services importés que ceux produits localement, supportée par le client final. A l'importation, une avance de TVA est due par l’importateur sur la valeur CIF + droits de douane.
En cas d'implantation en Indonésie, le taux normal de l'IS est de 22 %.
* L’Accord de partenariat économique global UE-Indonésie (entrée en vigueur attendue en 2027) doit se traduire par une suppression ou réduction des droits de douane applicables aux solutions françaises pour l'élevage.
Source : Ministère indonésien de l’Agriculture ; ministère indonésien du Commerce ; Indonesia National Trade Repository (INTR)
(30/07/2026)