Les fondamentaux
L’industrie espagnole de l’alimentation et des boissons est la première branche manufacturière du pays.
En 2024, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 184,4 Mds EUR, en progression de 3,1 %, et une production de 175,2 Mds EUR. Elle représente 26 % du chiffre d’affaires manufacturier, 23,1 % des emplois et 21,3 % de la valeur ajoutée du secteur.
L’Espagne occupe le quatrième rang de l’Union européenne pour le chiffre d’affaires alimentaire, derrière l’Allemagne, la France et l’Italie. Le tissu industriel repose largement sur des PME, ce qui favorise une demande fragmentée en équipements, automatisation, emballage, traçabilité, efficacité énergétique et gestion de l’eau.
Les industries de la viande, des boissons, de l’alimentation animale et des fruits et légumes transformés sont parmi les principaux sous-secteurs. La croissance de la production et l’investissement matériel soutiennent le renouvellement des lignes, tandis que la pression sur les coûts, la sécurité alimentaire et les exigences environnementales orientent les achats vers des solutions mesurables en matière de productivité et de réduction des consommations.
L'industrie alimentaire et les produits alimentaires transformés en 2023
Principaux indicateurs économiques de l’industrie de l’alimentation et des boissons.
184,4 Mds EUR+3,1 %
Chiffre d’affaires
505 153+1,2 %
Emplois directs
6,58 Mds EUR+5,1 %
Investissements matériels
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités concernent prioritairement l’automatisation des lignes, la robotisation, le contrôle qualité, la maintenance prédictive, l’IoT, la traçabilité et l’analyse des données.
Les besoins sont également importants dans la réduction des consommations d’eau et d’énergie, la récupération de chaleur, le traitement des effluents, la valorisation des coproduits, la chaîne du froid et l’emballage durable.
Les filières des boissons, de la viande, de la boulangerie-pâtisserie, du vin et des fruits et légumes transformés constituent des cibles prioritaires. La progression de 5,1 % des investissements matériels en 2024 confirme l’existence de projets de modernisation.
L’approche doit combiner prospection directe des grands industriels et coopération avec des intégrateurs ou distributeurs régionaux pour couvrir les PME.
Les facteurs déterminants sont le prix global, les références clients, l’intégration aux lignes existantes, la disponibilité des pièces, le SAV en espagnol et la démonstration d’un retour sur investissement rapide.

Source : Mercasa, Alimarket, Financialfood, GTAS – S&P Global, MAPA (31/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L’industrie recherche des solutions permettant de réduire simultanément les coûts, les consommations et l’empreinte environnementale.
Les expertises attendues concernent l’optimisation de l’eau, le nettoyage en place, le traitement et la réutilisation des effluents, l’efficacité énergétique, la récupération de chaleur, le froid industriel à faible impact, la réduction des pertes alimentaires et la valorisation des coproduits.
La demande porte aussi sur la traçabilité numérique, les capteurs connectés, la maintenance prédictive et le pilotage automatisé des lignes. Les solutions doivent fournir des indicateurs vérifiables de consommation, de productivité et de réduction des déchets, tout en respectant les exigences sanitaires des procédés alimentaires.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La Ley 7/2022 encadre la prévention, la production et la gestion des déchets et transpose les objectifs d’économie circulaire.
Elle prévoit notamment des mesures de réduction des déchets alimentaires et un impôt spécial sur les emballages en plastique non réutilisables. Cet impôt concerne la fabrication, l’importation et l’acquisition intracommunautaire des produits entrant dans son champ d’application.
Les installations agroalimentaires doivent également respecter les prescriptions applicables aux rejets, aux déchets, à l’eau et aux émissions selon leur activité et leur implantation. Les fournisseurs d’équipements ont intérêt à documenter les économies de ressources, la réduction des déchets et la recyclabilité des composants
Labels et certifications
Le marquage CE est requis lorsque l’équipement relève de la réglementation européenne sur les machines.
Les matériaux et équipements destinés au contact alimentaire doivent respecter le règlement CE 1935/2004 et les bonnes pratiques de fabrication, afin d’éviter toute migration dangereuse ou altération des aliments.
Les certifications ISO 9001, ISO 14001 et ISO 50001 peuvent renforcer la crédibilité des fournisseurs.
Pour les équipements ou emballages intégrés aux systèmes clients, les référentiels privés de sécurité alimentaire tels que IFS ou BRCGS ainsi que les certifications FSC ou PEFC pour les matériaux bois peuvent être valorisés lorsqu’ils sont pertinents
Source : BOE, EUR-Lex (31/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’approche recommandée combine vente directe aux grands industriels et partenariat avec des distributeurs, agents ou intégrateurs capables d’assurer l’installation, la maintenance et le SAV.
La régionalisation du marché justifie de cibler les principaux bassins agroalimentaires et, selon les moyens disponibles, de travailler avec plusieurs relais régionaux.
Une documentation technique en espagnol, des références sectorielles, une démonstration du retour sur investissement et un stock organisé de pièces détachées facilitent la décision.
Les salons Alimentaria-Hostelco, HIP, Intersicop et Expo Foodservice permettent de rencontrer industriels, intégrateurs et distributeurs.
La réglementation spécifique
Les équipements doivent respecter la réglementation européenne applicable aux machines, la sécurité électrique et, selon leur configuration, la compatibilité électromagnétique et les équipements sous pression.
Le règlement UE 2023/1230 fixe les exigences de santé, de sécurité et d’évaluation de conformité des machines et remplacera la directive 2006/42/CE à compter du 20 janvier 2027.
Les éléments en contact avec les aliments relèvent du règlement CE 1935/2004.
Les établissements alimentaires espagnols concernés doivent être enregistrés au RGSEAA et respecter les règles d’hygiène et de sécurité alimentaire. Les notices, avertissements et documents nécessaires à l’utilisation doivent être fournis en espagnol.
Niveau de taxation
Le taux général de TVA en Espagne est de 21 % en 2026 ; les taux réduits en vigueur sont de 10 % et 4 %, avec un taux de 0 % pour certaines opérations.
Les équipements et solutions industrielles relèvent en principe du taux général, sous réserve de la nature précise de l’opération.
Les échanges de marchandises entre la France et l’Espagne ne supportent pas de droits de douane internes, les deux pays appartenant à l’union douanière européenne.
Pour les équipements importés d’un pays tiers, le droit dépend du code douanier, de l’origine et des mesures enregistrées dans TARIC.
Les emballages plastiques non réutilisables peuvent également relever de l’impôt spécial espagnol créé par la Ley 7/2022.
Source : AEAT, EUR-Lex, AESAN (31/08/2026)