Les fondamentaux
La Thaïlande est la première base de production automobile d’Asie du Sud-Est et l’une des 10 premières mondiales. Son écosystème comprend plus de 2 300 fabricants de pièces, dont 530 équipementiers de rang 1, et emploie entre 800 000 et 900 000 personnes. En 2025, la production a atteint 1 455 569 véhicules, en recul limité de 0,9 %, après une contraction de 19,9 % en 2024. Les exportations représentaient 935 750 véhicules, soit 64,3 % de la production, tandis que les ventes intérieures ont rebondi de 8,5 %, à 621 166 unités. Les pick-up d’une tonne restent le socle industriel du pays avec 893 921 unités produites, soit 61,4 % du total. Parallèlement, la structure productive évolue rapidement : la production de voitures particulières BEV a été multipliée par plus de 7 en 2025 (à 70 914 unités), celle des hybrides a atteint 214 317 unités et celle des véhicules thermiques particuliers a diminué de 29,2 %. L’industrie s’appuie historiquement sur Toyota, Honda, Isuzu, Mitsubishi, Nissan, Mazda et Ford, désormais rejoints par BYD, SAIC-MG, Great Wall Motor, Changan, GAC Aion et Neta. Cette transition s’effectue dans un contexte de capacités excédentaires, de crédit automobile sélectif et de concurrence accrue à l’export. La politique « 30@30 » vise au moins 30 % de véhicules zéro émission dans la production nationale d’ici 2030.
Production, ventes et exportations automobiles en 2025
Volumes annuels de véhicules produits
1 455 569
Production automobile
621 166
Ventes intérieures
935 750
Exportations de véhicules
Opportunités pour l'offre française
La conversion d’une filière historiquement centrée sur les motorisations thermiques et les pick-up ouvre des besoins ciblés en batteries, électronique, gestion thermique, logiciels embarqués, cybersécurité, ADAS, essais, automatisation et traçabilité industrielle. Le dispositif BOI relatif au contenu local requiert notamment 40 % de contenu thaïlandais pour les BEV, 45 % pour les PHEV et 15 % pour les équipements et pièces de véhicules électriques afin d’accéder à l’incitation complémentaire. Les fournisseurs français ont donc intérêt à combiner apport technologique et production, assemblage ou transfert de compétences local. Les autres créneaux portent sur les bornes et logiciels de recharge, la maintenance prédictive, le réemploi et le recyclage des batteries, ainsi que la décarbonation des usines. Le réseau comptait 3 720 stations de recharge en mars 2025, tandis que la production nationale de voitures BEV a atteint 70 914 unités en 2025. Les nouveaux sites de BYD, Changan, GAC Aion, GWM et SAIC représentent des cibles commerciales distinctes des chaînes d’approvisionnement japonaises déjà matures.
Source : https://www.boi.go.th/index.php?page=measure_EV&language=en
https://www.boi.go.th/index.php?language=en&page=press_releases_detail&topic_id=137207
(13/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les besoins prioritaires concernent l’industrialisation des BEV, PHEV et HEV, les cellules et modules de batteries, les systèmes de gestion de batterie, l’électronique de puissance, la gestion thermique et la sécurité haute tension. L’augmentation de la part locale crée également une demande en conception pour coût cible, qualification de fournisseurs thaïlandais et adaptation de composants aux standards des nouveaux constructeurs. Les solutions de robotisation, contrôle qualité par vision, jumeau numérique, efficacité énergétique et maintenance prédictive répondent aux impératifs de montée en cadence et de réduction des coûts. En aval, la collecte, le diagnostic, la seconde vie et le recyclage des batteries constituent un marché émergent, en parallèle des systèmes de recharge pilotée et de gestion de flotte électrique.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Plusieurs lois et réglementations environnementales encadrent les activités industrielles en Thaïlande :
Loi sur la protection de l’environnement (Enhancement and conservation of national environmental quality act) : la plus fondamentale, elle réglemente les activités industrielles et prévoit des sanctions en cas de non-respect des normes environnementales ;
Loi sur les substances dangereuses (Hazardous Substances Act), qui régule la production, l’import, l’export, le stockage et l’élimination des substances dangereuses ;
Evaluation sur l’impact environnemental (Environmental impact assessment – EIA), que doivent effectuer les entreprises afin d’analyser le potentiel impact sur l’environnement de leurs projets industriels ;
Règlementations de gestion des déchets générés par les industries ;
Normes d’émissions de polluants de l’air et de l’eau.
Labels et certifications
Les fournisseurs automobiles sont généralement attendus sur IATF 16949 pour la qualité, ISO 14001 pour l’environnement et ISO 45001 pour la santé-sécurité, selon les exigences contractuelles des constructeurs. La norme thaïlandaise TIS 3026-2563, adaptée du règlement ONU no 100 révision 2, encadre la sécurité des groupes motopropulseurs électriques, composants haute tension et systèmes rechargeables des véhicules de catégories M et N. Le marquage et l’autorisation TISI doivent être vérifiés pour chaque produit réglementé. Le certificat « Made in Thailand » délivré par la Federation of Thai Industries est requis pour bénéficier de l’incitation BOI additionnelle liée au contenu local.
Source : https://a.tisi.go.th/t/?n=3026-2563 (01/01/1970)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché doit privilégier un partenaire disposant d’un référencement constructeur, de capacités d’ingénierie locale et d’une implantation dans l’Eastern Economic Corridor, notamment à Chonburi, Rayong ou Chachoengsao. Pour les composants critiques, une présence industrielle ou un accord de fabrication locale améliore la compétitivité et facilite l’atteinte des seuils de contenu local. Les nouveaux constructeurs chinois constituent une voie d’entrée plus ouverte que certaines chaînes japonaises historiquement intégrées, mais imposent des cycles de développement courts, une forte pression tarifaire et une assistance technique locale. Une démarche efficace combine qualification technique, prototype, validation locale, support après-vente et capacité à fournir plusieurs marchés ASEAN.
La réglementation spécifique
Le programme EV 3.5 couvre la période 2024-2027 et associe aides à l’achat, fiscalité réduite et obligations de production locale. En 2026, les constructeurs doivent produire localement deux véhicules pour chaque CBU importé sous le programme ; ce ratio passera à trois pour un en 2027. Les véhicules produits pour l’export peuvent être comptabilisés à hauteur de 1,5 unité dans l’exécution des engagements. Depuis le 1er janvier 2026, la valeur des cellules de batterie importées comptabilisée comme contenu local est plafonnée à 10 % du prix départ usine ; la période transitoire correspondante court jusqu’au 30 juin 2026. Le BOI propose en outre une réduction supplémentaire d’impôt sur les sociétés aux projets certifiés « Made in Thailand » respectant les seuils de contenu local.
Niveau de taxation
Le programme EV 3.5 prévoit plusieurs avantages selon le type et le prix du véhicule. Entre 2024 et 2027, la taxe d’accise sur les voitures particulières électriques d’une valeur maximale de 7 M THB est réduite de 8 à 2 %. Pour les modèles ne dépassant pas 2 M THB, les subventions applicables en 2026 et 2027 s’élèvent à 17 25 000 THB lorsque la batterie a une capacité de 10 à moins de 50 kWh, et à 50 000 THB à partir de 50 kWh. Les pick-up électriques produits en Thaïlande, équipés d’une batterie d’au moins 50 kWh et vendus au maximum 2 M THB, bénéficient d’une subvention de 100 000 THB et d’un taux d’accise de 2 %. En revanche, la réduction des droits de douane sur les voitures électriques importées était limitée aux importations réalisées en 2024 et 2025 ; elle ne s’applique donc plus aux nouveaux véhicules importés en 2026.
Source : https://www.boi.go.th/upload/content/EV%203.5ENG.pdf
https://webdev.excise.go.th/act2560/files/secretary/press3-2567.pdf (13/07/2026)