Les fondamentaux
L’industrie agroalimentaire roumaine ne parvient pas encore à satisfaire l’ensemble de la demande intérieure, faute de capacités de transformation suffisantes. Malgré un fort potentiel agricole, le pays demeure exportateur de matières premières agricoles, tout en restant importateur net de produits alimentaires à plus forte valeur ajoutée.
Les importations agroalimentaires ont fortement progressé au cours de la dernière décennie pour atteindre 14,3 Mds EUR en 2025, contre 12,6 Mds EUR d’exportations, générant un déficit commercial de 1,7 Md EUR. Les principaux déficits concernent la viande porcine, les produits laitiers, le sucre, les produits transformés à base de fruits et légumes ainsi que certaines catégories de fruits frais.
La distribution moderne constitue l’un des principaux moteurs de la consommation alimentaire. Elle représente près des deux tiers des ventes du secteur et s’appuie sur un réseau de grandes enseignes internationales telles que Lidl, Kaufland, Profi, Carrefour, Mega Image, Penny, Auchan, Metro et Selgros. L’expansion continue de ces réseaux confirme la montée en puissance du commerce moderne au détriment des circuits traditionnels.
Opportunités pour l'offre française
Plusieurs segments offrent des perspectives intéressantes en Roumanie. L’épicerie fine, les produits à forte identité régionale et les références sous signes de qualité (AOP, IGP, BIO) bénéficient de l’intérêt croissant des consommateurs urbains pour les produits premium et authentiques.
La demande progresse également pour les fromages et produits laitiers de spécialité, portée par la montée en gamme de la consommation et le développement de la restauration. Les produits sucrés premium, les biscuits artisanaux, chocolats fins, confitures et recettes à ingrédients naturels gagnent aussi en attractivité.
Parallèlement, les segments des produits bio, sans lactose, riches en protéines ou répondant aux attentes de durabilité connaissent une croissance soutenue. Enfin, la montée en gamme des marques de distributeur (MDD) crée des opportunités pour les fournisseurs capables de proposer des produits innovants, différenciants et adaptés aux nouvelles attentes des consommateurs.
Source : artaalba.ro, mckinsey.com, newmoney.ro, Business France Roumanie (30/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le marché privilégie les produits à forte valeur ajoutée, associant qualité, praticité et transparence. Les consommateurs s’intéressent davantage aux recettes à liste d’ingrédients courte, aux produits fonctionnels, aux alternatives végétales et aux références répondant à des besoins nutritionnels spécifiques. La traçabilité, la durée de conservation et les emballages plus durables constituent également des critères différenciants.
De leur côté, les distributeurs recherchent des fournisseurs capables de garantir une logistique fiable, un étiquetage conforme au marché local, une offre adaptée aux attentes des consommateurs et un soutien marketing au lancement. Sur le segment gourmet, les produits doivent combiner innovation, qualité perçue et authenticité, tout en conservant un positionnement clair et accessible pour le consommateur.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La gestion des emballages en Roumanie est encadrée par la loi n° 249/2015, fondée sur le principe de responsabilité élargie du producteur, qui impose aux metteurs sur le marché d’assurer ou de financer la collecte et la valorisation des déchets d’emballages. Le système national de consigne SGR s’applique aux emballages de boissons en verre, plastique ou métal de 0,1 à 3 litres.
Parallèlement, le règlement européen 2025/40 renforce progressivement les exigences en matière de réduction des emballages, de recyclabilité, de contenu recyclé et d’étiquetage. Entré en vigueur en février 2025, il sera applicable à partir d’août 2026. Les entreprises doivent ainsi intégrer dès à présent les enjeux d’économie circulaire et de durabilité dans la conception de leurs emballages.
Labels et certifications
Le logo biologique de l’Union européenne est obligatoire pour les denrées préemballées certifiées conformes à la réglementation européenne sur l’agriculture biologique. En Roumanie, la mention « agriculture écologique » est reconnue et les opérateurs doivent être certifiés par un organisme de contrôle agréé.
Les certifications IFS Food, BRCGS Food Safety, FSSC 22000 ou ISO 22000 sont fréquemment demandées ou valorisées par les distributeurs et importateurs. Par ailleurs, les signes de qualité AOP et IGP constituent des atouts de différenciation importants, notamment pour les spécialités françaises à forte valeur ajoutée.
Source : EUR-Lex, RetuRO, MADR, https://eur-lex.europa.eu/RO/legal-content/summary/packaging-and-packaging-waste-from-2026.html
(30/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché repose principalement sur des importateurs-distributeurs spécialisés, des grossistes HoReCa ou les centrales d’achat de la grande distribution. Pour les marques premium, un partenaire spécialisé est souvent préférable.
Il est recommandé de fournir des outils commerciaux en roumain (fiches produits, échantillons, supports marketing) et de soutenir le lancement par des dégustations et des promotions. Un test préalable dans les grandes villes, notamment Bucarest, Cluj-Napoca, Timișoara, Iași et Brașov, permet de valider le positionnement de l’offre. Les salons Indagra Food et FoodService & Hospitality Expo constituent des rendez-vous clés pour rencontrer acheteurs et distributeurs.
La réglementation spécifique
Les produits français circulent librement sur le marché roumain dans le cadre du marché unique européen. Ils doivent respecter les exigences européennes en matière d’étiquetage, de traçabilité, de sécurité sanitaire et d’information des consommateurs, avec des mentions obligatoires disponibles en langue roumaine.
Les produits d’origine animale doivent provenir d’établissements agréés et être conformes aux règles sanitaires européennes. Des dispositions spécifiques s’appliquent également aux produits biologiques, aux compléments alimentaires, aux allégations nutritionnelles et de santé, aux nouveaux aliments ainsi qu’aux boissons alcoolisées.
Niveau de taxation
Les échanges entre la France et la Roumanie s’effectuent sans droits de douane dans le cadre du marché unique européen. Jusqu’au 31 juillet 2025, la TVA standard était fixée à 19 % et la plupart des denrées alimentaires bénéficiaient d’un taux réduit de 9 %. Depuis le 1er août 2025, le taux normal est porté à 21 % et le taux réduit à 11 % pour la majorité des produits alimentaires destinés à la consommation humaine.
Certaines catégories de produits, notamment les boissons alcoolisées, certains compléments alimentaires, boissons non alcoolisées et produits à forte teneur en sucres ajoutés, peuvent toutefois relever du taux normal. Il est donc indispensable de vérifier, pour chaque référence, le code douanier et la composition du produit afin de déterminer le régime fiscal applicable.
Source : ANAF, Commission européenne, USDA, https://static.anaf.ro/static/10/Anaf/AsistentaContribuabili_r/Cotele_de_TVA_09.2025.pdf (30/07/2026)