Les fondamentaux
Le marché chinois des produits laitiers se distingue par une production nationale importante, une consommation encore modérée et un recours sélectif aux importations. En 2025, la production domestique atteint environ 42 M T et couvre la quasi-totalité des besoins en volume.
La consommation totale est d’un niveau comparable mais reste faible par habitant, autour de 30 kg/an, soit près de deux fois moins qu’en Europe, traduisant un potentiel de développement important à long terme. Cette situation s’explique par des habitudes alimentaires historiquement peu centrées sur les produits laitiers, mais aussi par une forte prévalence de l’intolérance au lactose, estimée à plus de 80 % chez les adultes chinois. Les scandales sanitaires, en particulier celui du lait frelaté en 2008, ont durablement influencé la perception des consommateurs, renforçant les exigences en matière de sécurité alimentaire, de traçabilité et de qualité.
Malgré une autosuffisance globale, la Chine demeure le premier importateur mondial de produits et ingrédients laitiers. Elle reste dépendante des importations pour certaines catégories à plus forte valeur ajoutée ou technicité, notamment les poudres de lait, la nutrition infantile, les fromages et certains ingrédients laitiers. En 2025, les importations atteignent 11,9 Mds EUR et restent dominées par la Nouvelle-Zélande, fournisseur incontournable représentant près de 50 % des volumes importés.
La Chine, premier marché mondial d’importation des produits laitiers en 2025
11,92 Mds EUR+ 8,11 %
Valeur des produits laitiers importés par la Chine
2,87 M T+ 2,12 %
Volume des produits laitiers importés par la Chine
5ePDM 4,8 %
Position de la France parmi les fournisseurs
Opportunités pour l'offre française
Dans un marché chinois marqué par une surcapacité et une croissance limitée, les perspectives pour l’offre française se concentrent sur les segments à plus forte valeur ajoutée. La montée en gamme des usages, conjuguée aux limites de l’offre locale en produits transformés, soutient la demande en fromages (snacking et applications culinaires), ainsi qu’en crèmes et beurres, portés notamment par l’essor de la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie. Les besoins progressent également sur les ingrédients fonctionnels et la nutrition spécialisée. En restauration, les débouchés pour les fromages importés se situent surtout sur des usages différenciés et à plus forte valeur, plutôt que sur les volumes standards. Malgré un environnement commercial plus contraint, l’offre française conserve des atouts liés à son image de qualité, son savoir-faire et sa capacité d’accompagnement des professionnels via l’innovation et des partenariats locaux.
Source : Euromonitor (2025) ; General Administration of Customs of the People’s Republic of China (GACC) ; Reuters (12/02/2026) ; BMI / Fitch Solutions (06/2026) (14/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
En Chine, l’innovation laitière se concentre sur des produits à valeur nutritionnelle accrue, avec des laits riches en protéines, des probiotiques, la réduction du sucre et les ingrédients ciblant la digestion et l’immunité. Elle passe aussi par des formats adaptés aux usages, tels que les portions individuelles, les snacks fromagers et les produits prêts à consommer. Les acteurs chinois accélèrent : Yili, guidé par « No innovation, no future » et doté de 15 centres d’innovation, investit dans l’IA et la R&D ; Mengniu teste des emballages recyclables ; Milkground combine usine intelligente et fromages premium. Pour les marques françaises, l’expertise attendue couvre traçabilité, sécurité, storytelling premium, recettes adaptées, e‑commerce social et chaîne du froid‑ESL.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Au niveau des élevages laitiers, la filière chinoise doit s’adapter aux risques climatiques croissants et à un cadre renforcé de réduction des émissions, qui encourage le stockage fermé des déjections, leur méthanisation et leur valorisation ; le 15e plan quinquennal (2026-2030) promeut par ailleurs une agriculture plus verte et un usage plus efficient des ressources.
En transformation, depuis janvier 2026, de nouvelles règles encadrent les rejets aqueux des laiteries, tandis que la traçabilité, le suivi de l’empreinte carbone et l’efficacité en eau et en énergie se renforcent.
Enfin, les exigences portent à la fois sur la limitation du suremballage et sur le renforcement de la chaîne du froid, priorité publique pour sécuriser la conservation du lait frais et limiter les pertes.
Labels et certifications
Les référentiels de sécurité alimentaire (HACCP, ISO 22000) forment un socle de confiance largement reconnu par les autorités et les distributeurs. Toute mention « bio » exige une certification biologique chinoise, les logos AB/UE ne permettant pas de revendiquer ce statut. Dans les segments premium, les certifications liées à la qualité et l’origine sont valorisées : les AOP/IGP, protégées par l’accord UE‑Chine, garantissent l’origine et le savoir‑faire, tandis que Label Rouge signale une qualité supérieure contrôlée.
Source : Euromonitor (2025) ; EIU (29/04/2026) ; China Daily (10/11/2023) ; MEE ; Conseil des Affaires d’État / Xinhua ; USDA FAS ; Yili SR 2024 (14/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché chinois des produits laitiers repose sur des partenaires disposant d’une expertise sectorielle et d’une maîtrise des contraintes réglementaires et logistiques. Il convient de privilégier des importateurs-distributeurs capables d’accompagner les démarches réglementaires (GACC/CIFER, étiquetage) et la gestion de la chaîne du froid. Selon les segments, il est conseillé de cibler des acteurs nationaux, des distributeurs régionaux, le foodservice (CHR/BVP) ou des plateformes e-commerce et retail premium. Une approche progressive est recommandée, fondée sur l’adaptation des produits, la sécurisation des certifications et un soutien marketing structuré.
La réglementation spécifique
Pour accéder au marché chinois, les produits laitiers français doivent répondre à un cadre réglementaire strict applicable aux denrées d’origine animale. Les établissements producteurs doivent être enregistrés auprès des douanes chinoises (GACC) via le système CIFER, avec validation par les autorités françaises. Les produits doivent être conformes aux normes nationales chinoises (GB) couvrant composition, sécurité microbiologique et additifs. L’étiquetage en chinois est obligatoire avant mise en marché. Chaque expédition doit être accompagnée d’un certificat sanitaire officiel et fait l’objet de contrôles à l’entrée en Chine, notamment pour les catégories sensibles comme le lait infantile.
Niveau de taxation
Le niveau de taxation des produits laitiers en Chine dépend du code SH, de la catégorie et de l’origine. En l’absence d’accord de libre-échange avec l’Union européenne, les produits français sont soumis au régime NPF (MFN). Les droits de douane varient selon les segments, généralement entre 10 % et 20 % pour le beurre, le lait, la crème ou les fromages. À ces droits s’ajoute une TVA à l’import, de 9 % ou 13 % selon les produits, calculée sur la valeur CIF augmentée des droits. Depuis 2026, certains produits laitiers européens, dont français, sont également soumis à des droits compensateurs de 7,4 % à 11,7 %, qui s’ajoutent aux prélèvements existants, alourdissant significativement le coût final face à des concurrents comme la Nouvelle-Zélande, bénéficiant de droits nuls.
Source : General Administration of Customs of the People’s Republic of China (GACC) ; FranceAgriMer ; MOFCOM (14/07/2026)