Les fondamentaux
La production de viande rouge en Algérie a atteint près de 537 000 tonnes, avec une répartition de 63 % de viande ovine, 27 % bovine, 7 % caprine et 3 % cameline, permettant une disponibilité moyenne de 12,04 kg par personne et par an. Comparativement, la moyenne internationale se situe autour de 34 kg par habitant et par an.
Cependant, la demande de viande atteint environ 50 000 tonnes par mois, alors que la production se limite à 15 000 tonnes. Par conséquent, l'Algérie dépend largement des importations de viande pour répondre à la demande de sa population, maintenir les prix du marché stables et éviter une inflation excessive des prix de la viande, en particulier en période de forte demande comme pendant le mois de Ramadan, période à laquelle les demandes sont au moins doublées.
Chiffres du secteur
Chiffres clés du secteur des viandes & charcuteries

Opportunités pour l'offre française
En Algérie, l'accent est mis sur l'importation d'animaux vivants pour l'abattage Halal. Même si limitées, ces importations connaissent un pic pour Ramadan. En 2024, 100 000 tonnes de viandes rouges ont été importées pour répondre à la demande accrue.
Si la France représente le principal fournisseur en génisses laitières, avec une part de marché de 75 %, l'Espagne était leader avant mars 2023 pour les bovins d'engraissement. En 2022, le marché des animaux vivants valait 197 MEUR, dont 172 MEUR pour la France.
Décembre 2023, levée du Droit Additionnel Provisoire de Sauvegarde pour l'importation de viande bovine fraîche. Mesure qui a aussi annulé le DAPS sur 4 produits des viandes ovines fraîches, réfrigérées ou congelées, et sur 14 produits des viandes de volailles fraîches, réfrigérées et congelées. La filière VR en Algérie est en phase de restructuration : forte demande pour les abattoirs industriels, salles de découpe, chaîne du froid, services & conseil. Parallèlement, la production locale de charcuterie est en croissance avec lancement de projets et extension d'activités pour les plus grands. La demande en équipements associés est significative.

Source : Compilations de données Business France (16/03/2024)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
En Algérie, diverses initiatives intègrent des technologies innovantes pour relever les défis rencontrés dans l'élevage et l'agriculture : mise en place de centres de reproduction pour le repeuplement des races ovines en voie d'extinction ; émergence du "smart farming" et utilisation d'outils (ERP, objets connectés) pour une gestion agricole plus efficace ; recours des start-ups au soutien des ministères des start-ups et de l'agriculture pour développer des solutions novatrices.
Le Filaha Innov' Incubator joue un rôle clé en encourageant l'innovation dans les domaines de l'AgriTech, du FoodTech et de l'AquaTech. Son objectif est de promouvoir le développement de techniques agricoles avancées afin de garantir la sécurité alimentaire tout en réduisant les coûts financiers et environnementaux.
Volonté de l'Algérie de favoriser l'innovation pour garantir la durabilité et la prospérité de son secteur agricole.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Le changement climatique (augmentation des températures moyennes, diminution des précipitations) présente des défis majeurs pour le développement de l'élevage et la préservation de la qualité et de la résilience des écosystèmes. Il entraîne une raréfaction des pâturages, une augmentation des coûts des fourrages et, parfois, le risque d'extinction de certaines races ovines locales.
La production animale, exigeante en eau pour l'irrigation des cultures fourragères, peut entraîner une contamination des eaux (déchets animaux, produits chimiques, engrais, sédiments des pâturages érodés).
Aquaculture : les changements du cycle de l'eau risquent de compromettre la biodiversité et de nuire aux élevages.
Depuis la crise de la Covid-19, la demande en produits de qualité, biologiques et locaux s'est accrue. Les conditions d'élevage, l'origine des produits et la traçabilité des produits sont devenus des critères essentiels.
Labels et certifications
L’Algérie est un pays musulman et l’Islam une religion d’Etat. Une certification Halal est obligatoire, particulièrement sur les produits carnés ou ayant des ingrédients d’origine animale.
Trois grands axes à noter : la marque Halal est enregistrée au niveau de l’INPI.
- Produits UE à exporter vers l’Algérie : la Grande Mosquée de Paris, seul et unique organisme certificateur ;
- Produits d’autres régions du monde à exporter vers l’Algérie : autres organismes certificateurs (IMVAA, etc.) ;
- Produits algériens à exporter : tout organisme certificateur.
Pour le marché local, l’IANOR est le seul organisme certificateur des produits algériens destinés au marché local.

Source : Compilation de données Business France, IMMP, IANOR
(27/05/2024)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
En Algérie, fort tributaire des importations, le secteur agroalimentaire est dominé par de grands groupes.
Les transformateurs de volailles produisent localement des volumes suffisants.
Certains groupes assurent une production intégrée à 100 % pour garantir volumes et qualité. Les études de faisabilité pour les importations sont courantes et peuvent engendrer des coûts supplémentaires.
Le marché algérien requiert expertise, construction d'usines, formation et services après-vente. Les exportateurs doivent trouver une société locale pour assurer ces services.
L'expertise technique et la présence locale sont essentielles pour réussir et répondre aux demandes.
La réglementation spécifique
L'importation de viande en Algérie, comme tout produit d'origine animale, exige une certification Halal. D'autres formalités administratives spécifiques à respecter s’y ajoutent :
- Visa de contrôle sanitaire vétérinaire (code 160) délivré par le MADR ;
- Dérogation sanitaire vétérinaire (code 180), MADR ;
- Autorisation d'admission du produit (code 902) ;
- Déclaration d'importation du produit (code 910). certificat sanitaire délivré par les autorités vétérinaires françaises ;
- Divers tests conformément aux réglementations en vigueur.
Niveau de taxation
En Algérie, l’impôt indirect sur les viandes est fixé à 10 DZD/kg (~0.07 EUR) de viandes fraîches, frigorifiées, cuites, salées ou travaillées provenant des équidés, camélidés, caprins, ovidés, bovidés, entre autres espèces d’animaux. Une partie de cette taxe, soit 1,50 DZD (~0.01 EUR), est affectée au Fonds de protection zoosanitaire.
A souligner que le secteur de la viande en Algérie fait face à d’importants défis, en l’occurrence, ceux liés à la production, à l’organisation interne et aux coûts de production. Malgré une augmentation de 30 % de la production de viande bovine entre 2010 et 2018, aujourd’hui la demande locale n’est pas encore satisfaite.

Source : Contacts locaux, Douanes algériennes, ministère du Commerce, Presse locale (Algérie 360°)
www.joradp.dz n°84, 27/12/2023
(27/05/2024)