Les fondamentaux
La Chine constitue le premier marché mondial de la viande, avec une consommation moyenne d’environ 45 kg/habitant en 2025 et plus de 46 % de la consommation mondiale de porc. Cette position s’explique d’abord par la taille de sa demande intérieure : 77,1 M T de viandes sont consommées en 2025, selon une hiérarchie très marquée. Le porc concentre 57,7 % des volumes et structure les usages alimentaires ; la volaille, à 24,9 %, forme le deuxième pilier, car elle complète le porc comme protéine courante, largement disponible et plus accessible que les viandes rouges. La production locale épouse globalement cette organisation : sur 100,72 M T produites, les deux principaux segments sont le porc (59,38 M T) et la volaille (28,37 M T), ce qui montre que le cœur du marché est principalement couvert par l’offre domestique. Le bœuf/veau occupe une place plus limitée dans la consommation, mais il constitue le principal point de dépendance extérieure : sur 6,1 M T de viandes importées, 2,8 M T concernent le bœuf. Les ovins/caprins restent un segment secondaire, tandis que la charcuterie importée demeure marginale en volume, avec 128,4 k T. Le marché chinois des viandes et charcuteries se caractérise donc par un socle domestique très fort, dominé par le porc et la volaille, et par un recours à l’import ciblé, surtout pour le bœuf et certains produits transformés à valeur ajoutée.
Production chinoise de viande par espèce en 2025
En 2025, la Chine franchit un cap historique avec plus de 100 M T de viande produite.
100,72 M T+ 4,2 %
Production totale de viande (toutes espèces)
59,38 M T+ 4,1 %
Porc : pilier du marché carné chinois
28,37 M T+ 6,7 %
Volaille : 2e source de viande en Chine
8,01 M T+2,8 %
Bœuf : segment minoritaire mais en croissance
Opportunités pour l'offre française
Les débouchés de l’offre française se concentrent sur des segments différenciés et à plus forte valeur ajoutée. La demande chinoise pour les abats, segment clé des exportations françaises, demeure soutenue et permet une valorisation optimale de la carcasse, offrant un avantage compétitif durable dans un contexte de pression sur les prix. Cette spécialisation conforte la France sur des flux réguliers, moins exposés à la concurrence sur les pièces standard.
Parallèlement, la progression des importations de charcuterie (+31,9 % en volume, toutes origines confondues) ouvre des perspectives pour les produits français, encore marginaux (1 087 T) mais bien valorisés, notamment sur les saucisses et préparations.
Enfin, l’essor du snacking (+1,9 %) et de l’e-commerce favorise les formats pratiques et transformés, segments propices au développement de l’offre française reconnue pour sa qualité et son savoir-faire.
Source : Euromonitor (2025); General Administration of Customs of the People’s Republic of China (GACC)
(14/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L’innovation attendue dans la filière chinoise des viandes et charcuteries répond à deux priorités : rendre l’offre plus pratique et mieux maîtriser les risques.
Côté produits, la demande favorise les formats prêts-à-consommer, portions individuelles, snacks carnés et recettes adaptées à la livraison ou à l’e-commerce, avec une attention croissante aux formulations moins grasses, moins salées et plus lisibles.
Côté filière, l’innovation se déplace aussi vers l’élevage et la transformation : automatisation, capteurs, suivi de la croissance, alimentation personnalisée et réduction des contacts homme-animal deviennent des leviers de productivité et de sécurité sanitaire. Les enjeux environnementaux progressent en parallèle, autour de la gestion des effluents et de la valorisation énergétique.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La réglementation environnementale chinoise s’inscrit dans une stratégie de production agricole plus verte, bas carbone et circulaire. Dans l’élevage, elle impose une meilleure gestion des effluents, lisiers et eaux usées, avec contrôle des rejets, valorisation du fumier et relocalisation ou fermeture des unités les plus polluantes. Cette pression accélère la montée de grands élevages intégrés, plus faciles à contrôler, mais aussi plus exposés aux enjeux d’odeurs et d’acceptabilité locale. Dans les abattoirs, charcuteries et ateliers de transformation, les exigences de rejet, de suivi et de supervision des eaux usées sont renforcées. La transition passe par la méthanisation, le retour au sol encadré et l’efficacité des ressources.
Labels et certifications
Dans la filière viande, les référentiels de sécurité alimentaire (HACCP, ISO 22000, BRCGS) constituent un socle de confiance pour les autorités et distributeurs. Toute mention « bio » exige une certification biologique chinoise, les logos AB/UE ne permettant pas de revendiquer ce statut. Les labels nationaux comme Green Food et Pollution-Free sont valorisés en Chine. Sur le premium, les signes d’origine (AOP/IGP, reconnus via l’accord UE‑Chine) et Label Rouge renforcent différenciation, traçabilité et perception de qualité.
Source : Euromonitor (2025) ; General Administration of Customs of the People’s Republic of China (GACC) ; Le Monde (02/06/2025) ; Plan agricole vert 2021-2025 ; FAO/OMS ; EUR-Lex (14/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché chinois des viandes et charcuteries repose sur des partenaires spécialisés, capables de gérer l’importation, la chaîne du froid et la distribution sous température dirigée. Il convient de privilégier des importateurs agréés ou traders viande disposant de relais vers grossistes, distributeurs régionaux, foodservice, retail premium et plateformes e-commerce. Le choix du partenaire dépend du positionnement : volumes réguliers pour le porc et les abats, approche plus sélective pour la charcuterie et les produits premium. Une entrée progressive est recommandée, avec adaptation des découpes et formats, sécurisation logistique, appui marketing et suivi étroit des ventes par canal.
La réglementation spécifique
Pour accéder au marché chinois, les viandes et charcuteries françaises doivent respecter un cadre strict propre aux produits d’origine animale. Les abattoirs, ateliers de découpe, transformation et entrepôts frigorifiques doivent être enregistrés auprès du GACC via CIFER, avec validation par les autorités françaises. Les produits doivent appartenir aux catégories et pays autorisés, respecter les normes GB sur sécurité sanitaire, résidus et additifs, et porter un étiquetage en chinois. Chaque lot doit être traçable et accompagné d’un certificat sanitaire officiel. À l’arrivée, les cargaisons sont soumises à contrôle documentaire, inspection, quarantaine et, si besoin, analyses physiques.
Niveau de taxation
Pour exporter des viandes et charcuteries vers la Chine, les entreprises françaises relèvent des droits NPF, faute d’accord préférentiel UE-Chine. Le coût d’entrée combine droits de douane, calculés par code SH, TVA à l’import et éventuelles mesures commerciales. Les viandes brutes et abats et les charcuteries ou préparations carnées doivent donc être vérifiés produit par produit, la TVA étant généralement de 13 %, ou de 9 % pour certains biens éligibles. La filière porc européenne est en outre exposée à des droits antidumping chinois de 4,9 % à 19,8 % depuis décembre 2025, applicables pour cinq ans.
Source : GACC ; Access2Markets (UE) ; EU SME Centre 2025 ; Reuters (16/12/2025) ; Euromonitor (2025) ; BMI / Fitch Solutions (2026) (14/07/2026)