Les fondamentaux
Les industries culturelles et créatives (ICC) saoudiennes abordent leur phase critique : passer d'une expansion financée par la commande publique à une économie créative commercialement autonome. L'objectif de 6 % de dépenses des ménages dans le divertissement sert d'indicateur de cette bascule, et détermine où se situent les opportunités pour les acteurs étrangers.
Le secteur a contribué environ 60 Mds SAR au PIB en 2023, contre 30 Mds SAR en 2018, pour une cible de 3 % du PIB (180 Mds SAR) et 346 000 emplois d'ici 2030. Onze commissions sectorielles structurent la filière sous l'autorité du ministère de la Culture, avec plus de 51 000 entreprises culturelles actives.
Cinéma. Plus de 640 écrans dans 20 villes, 920,8 M SAR de box-office en 2024, un objectif de 350 cinémas et 2 000 écrans d'ici 2030, et un rebate de production allant jusqu'à 40 %. Le Red Sea International Film Festival tient sa 6ᵉ édition à Djeddah du 3 au 12 décembre 2026, avec son marché Red Sea Souk.
Mode. Marché de 36 Mds USD en 2023, projeté à 42 Mds USD d'ici 2029, passé de 1,4 % à 2,5 % du PIB. La Fashion Commission pilote Saudi 100 Brands, la Riyadh Fashion Week et la Red Sea Fashion Week ; deux showrooms saoudiens sont installés à Paris depuis 2023.
Divertissement et patrimoine. Qiddiya, cité du divertissement de 334 km² à l'ouest de Riyad, a ouvert Six Flags fin 2025 et le parc aquatique Aquarabia en 2026, avant un circuit de F1 en 2027. Diriyah développe son Arena Block et son opéra royal.
Jeu vidéo et esport. Cible de 50 Mds SAR au PIB, 39 000 emplois et 250 entreprises d'ici 2030 ; 67 % de la population joue.
Le financement du secteur, données 2024-2025
18,7 Mds USDrecord
Investissements en infrastructure culturelle
1,64 Md USD2024
Soutien financier au secteur culturel
1,15 Md USD2025
Accords signés, Conférence investissement
Opportunités pour l'offre française
Production audiovisuelle : La Film Commission propose un rebate pouvant atteindre 40 % des dépenses engagées localement, l'un des plus compétitifs au monde, ouvert aux producteurs comme aux prestataires techniques et à la post-production. Le parc de salles doit par ailleurs tripler, de 603 à plus de 2 000 écrans d'ici 2030 : projection, son et ingénierie de salle sont à pourvoir.
Ingénierie culturelle et muséographie : Huit musées sont programmés au Royal Arts Complex de King Salman Park, aux côtés d'un théâtre national de 2 300 places et de nouvelles institutions à AlUla et Diriyah. Scénographie, conservation, éclairage et machinerie scénique sont des créneaux où les programmes exécutifs signés avec le Centre des monuments nationaux, l'INRAP et l'OPPIC ouvrent des portes.
Formation : Le Royaume vise 346 000 emplois culturels et 255 000 diplômés des filières créatives d'ici 2030. La Fashion Commission s'est associée à Parsons ; les écoles françaises ont un positionnement équivalent à faire valoir.
Jeu vidéo : La logique n'est plus de vendre mais de s'associer : Savvy Games Group cherche des studios à financer et des partenaires de co-développement.
Source : Business France (15/08/2026)
Responsabilité sociétale
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les commissions du ministère de la Culture sont les donneurs d'ordre naturels, mais restent des entités publiques : la règle du siège régional s'applique au-delà d'un million de riyals. Les budgets d'équipement se trouvent surtout chez les développeurs : Diriyah, Qiddiya, King Salman Park, Expo 2030, sous réserve d'arbitrages qui se durcissent projet par projet. Le privé complète le dispositif : Cultural Development Fund sur le financement, Muvi et Empire sur les salles, Chalhoub et Alshaya sur les concessions mode, Savvy Games Group sur le jeu vidéo.
L'approche à privilégier est le partenariat, non l'export direct : le rebate cinéma exige une immatriculation locale ou une coproduction, les marchés publics un siège régional. Une offre intégrant un volet formation répond aux objectifs de saoudisation.
La réglementation spécifique
Le ministère de la Culture pilote le secteur à travers 11 commissions sectorielles, chacune faisant office de guichet et d'autorité de tutelle pour sa filière.
Toute entité produisant, distribuant ou diffusant du contenu audiovisuel doit obtenir une licence, y compris pour les jeux vidéo, l'animation et le doublage ; les plateformes de streaming étrangères doivent établir une présence locale. Le rebate de la Film Commission, jusqu'à 40 % des dépenses, suppose une immatriculation locale ou une coproduction avec une société licenciée.
Les contenus doivent respecter les standards religieux et culturels nationaux, et les licenciés privilégier les ressources humaines saoudiennes. Les commissions étant publiques, la règle du siège régional s'applique au-delà de 1 M SAR.
Niveau de taxation
La fiscalité, administrée par la ZATCA, repose sur une double logique liée à l'actionnariat. La zakat, prélèvement islamique de 2,5 % de l'assiette zakatable, s'applique aux parts détenues par des ressortissants saoudiens et du CCG. L'impôt sur les sociétés, au taux uniforme de 20 %, s'applique à la part détenue par des actionnaires non-CCG. Dans une société à capital mixte, les deux régimes coexistent au prorata des participations, dans une déclaration unique. S'ajoutent une TVA de 15 % et une retenue à la source de 5 à 20 % sur les paiements aux non-résidents, qui touche notamment les redevances de droits et les prestations techniques.
Source : MISA, MoC (15/08/2026)