Les fondamentaux
La Suisse confirme son positionnement de hub technologique européen, porté par un écosystème d’innovation robuste, des pôles académiques de rang mondial et une forte demande en solutions cloud, SaaS, cybersécurité, IA et logiciels métiers. Le marché ICT suisse est estimé à 47,18 Mds USD en 2026, avec une croissance attendue de 5,58% par an jusqu’en 2031. Les services IT restent le premier segment, tandis que le cloud représentait déjà près de la moitié du marché ICT en 2025. La branche logicielle suisse entre toutefois dans une phase plus sélective : selon le Swiss Software Industry Survey 2025, les marges EBITDA ont reculé de 9,1% en 2023 à 6,4% en 2024, avec des prévisions de croissance du chiffre d’affaires de 1,8% en 2025 et 2,5% en 2026. L’IA générative, l’automatisation, la souveraineté numérique et les exigences de sécurité deviennent désormais des facteurs clés de différenciation pour les entreprises.
Domaines d'application de l'IA en 2025
Opportunités pour l'offre française
Les offres françaises sont bien positionnées dans les logiciels métiers, la cybersécurité, la data/IA, la fintech, la santé numérique et les solutions industrielles. Toutefois, le marché suisse exige un fort ancrage local : proximité commerciale, références suisses, support multilingue, conformité à la LPD et capacité à rassurer sur l’hébergement, la sécurité et la continuité de service.
De surcroît, il existe trois secteurs clés dans le marché des logiciels en Suisse pouvant davantage constituer une opportunité pour l’offre française : la finance, la santé, la pharma, les secteurs industriels encore très présents en Suisse.
La demande est renforcée par les exigences de sécurité, de protection des données, de productivité et de digitalisation des PME. Les acteurs français peuvent se positionner sur des offres expertes, interopérables, sécurisées et adaptées aux contraintes suisses.
La Suisse connait également un déficit important d’informaticiens, une situation qui ouvre notamment quelques perspectives aux services de Nearshoring,
Source : Top 250 des éditeurs de logiciels 2024 | EY - France
Artefact, communiqués 2026 et partenariat Artefact-Mistral AI ; ALTEN Switzerland, site officiel ; ALTEN Essentiels 2026
(29/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
La Suisse reste l’un des pays les plus innovants au monde et bénéficie d’un écosystème dense d'écoles polytechniques, universités et hautes écoles.
L’écosystème IA est dynamique : les start-up suisses se développent dans la robotique, la santé, la cybersécurité, la finance, l’industrie et les modèles d’IA de confiance. Le modèle Apertus, développé par l’EPFL, l’ETH Zurich et le CSCS dans le cadre de la Swiss AI Initiative, illustre cette ambition : il s’agit d’un LLM multilingue, transparent et open source. La Suisse renforce par ailleurs son rôle international dans la gouvernance de l’IA : Genève a accueilli l’AI for Good Global Summit 2026 et accueillera les 21-22 juin 2027 le Geneva AI Summit, dédié à la gouvernance de l’IA.
Le quantique constitue un autre axe d’actualité stratégique : en 2026, IBM et l’ETH Zurich ont annoncé une collaboration de dix ans sur les algorithmes à l’intersection de l’IA et du quantique.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La loi fédérale sur les objectifs en matière de protection du climat, entrée en vigueur en 2025, inscrit l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 et soutient les investissements dans les technologies propres. Pour les entreprises logicielles, les enjeux environnementaux portent surtout sur l’efficience énergétique des infrastructures cloud, la sobriété numérique, le choix des centres de données, la mesure de l’empreinte carbone des services numériques et l’intégration de critères ESG dans les appels d’offres.
Le Swiss Software Industry Survey confirme que la durabilité gagne en importance dans le secteur ICT, même si elle n’est pas encore systématiquement prioritaire pour toutes les entreprises.
Labels et certifications
Les labels Swiss Made Software, Swiss Digital Services et Swiss Hosting gagnent en visibilité dans un contexte de souveraineté numérique. En 2025, plus de 1 500 entreprises portaient l’un de ces labels et plus de 1 000 produits et services étaient référencés. Pour les entreprises françaises, ces standards constituent un repère utile pour adapter le discours commercial aux attentes suisses en matière de qualité, sécurité, fiabilité et transparence.
Source : Swiss Software Industry Survey :
https://www.iwi.unibe.ch/unibe/portal/fak_wiso/a_bwl/inst_wi/content/e69847/e191913/e1442216/SSISReport2023_ger.pdf
(29/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
La Suisse demeure un marché de réseaux, où l’accès commercial repose fortement sur la confiance, les références locales et la capacité à démontrer une compréhension fine des besoins. Les grandes entreprises, banques, assurances, industriels, hôpitaux, administrations et PME constituent des cibles prioritaires, mais l’approche doit être progressive : identification de partenaires locaux, preuves de concept, cas clients suisses ou européens comparables, support en français/allemand/anglais et disponibilité commerciale sur place.
Les partenaires à privilégier sont les intégrateurs IT, cabinets de conseil, distributeurs spécialisés, associations sectorielles, clusters d’innovation, incubateurs liés à l’ETH Zurich, l’EPFL ou Switzerland Innovation.
La réglementation spécifique
En matière de protection des données, les entreprises doivent notamment se conformer à la Loi fédérale sur la Protection des Données (LPD) proche du RGPD européen.
Niveau de taxation
En Suisse, les entreprises et les personnes physiques sont imposées à trois niveaux : fédéral, cantonal et communal, ce qui entraîne des taux effectifs variables selon les cantons.
La TVA standard s’élève à 8,1 %, applicable lorsque le chiffre d’affaires annuel dépasse 100 000 CHF, y compris les revenus réalisés à l’étranger.
Par ailleurs, dans le cadre de la réforme internationale portée par l’OCDE et le G20, la Suisse applique depuis 1er janvier 2024 un taux d’imposition minimal de 15 % pour les grandes entreprises multinationales dont le chiffre d’affaires dépasse 750 M EUR. Cette mesure vise à préserver l’attractivité et la compétitivité fiscale du pays tout en limitant les risques d’érosion de la base fiscale.
Source : SGE
digitalswitzerland (29/07/2026)