Les fondamentaux
Le secteur de l’électricité en Arabie saoudite est l’un des plus importants du Moyen-Orient. Selon la General Authority for Statistics (GASTAT), la capacité de production électrique atteignait près de 90 GW fin 2024, dont 6,6 GW d’énergies renouvelables. Le réseau national, exploité principalement par Saudi Electricity Company (SEC) et National Grid SA, a distribué plus de 402 TWh d’électricité en 2024, en hausse de 5,7 % par rapport à 2023. Malgré cette progression, le mix électrique reste largement dominé par les hydrocarbures, principalement le gaz naturel et les produits pétroliers.
La modernisation du réseau constitue un pilier de cette transformation. Selon le ministère de l’Énergie, plus de 11 M millions de compteurs intelligents ont été installés depuis 2021. Les autorités visent l’automatisation de 40 % des réseaux de distribution d’ici fin 2025 et prévoient la création de 9 centres de contrôle avancés d’ici 2026 afin d’améliorer la supervision en temps réel du réseau et l’intégration des nouvelles capacités renouvelables.
Parallèlement, l’Arabie saoudite investit massivement dans le stockage d’énergie. Mis en service en 2025 par la SEC, le projet Bisha (500 MW / 2 000 MWh) figure parmi les plus grands systèmes de stockage par batteries au monde. Composé de 122 unités de stockage, il renforce la stabilité du réseau et facilite l’intégration croissante des énergies renouvelables.
Opportunités pour l'offre française
L’offre française a intérêt à se concentrer sur les segments à forte valeur ajoutée de la transition énergétique, plutôt que sur la production de panneaux photovoltaïques, un marché largement dominé par les fabricants asiatiques.
Les entreprises françaises bénéficient d’un savoir-faire reconnu dans les domaines de l’ingénierie énergétique, des réseaux intelligents, du stockage de l’énergie, de l’hydrogène, de la cybersécurité des infrastructures électriques, de l’efficacité énergétique industrielle, ainsi que des services ESCO, des audits énergétiques et des systèmes de supervision et de pilotage des consommations. Ces compétences sont en forte adéquation avec les priorités de développement du Royaume.
Les opportunités concernent : la conception et l’optimisation des projets renouvelables, les solutions de stockage et de réseaux hybrides, la maintenance prédictive des installations, ainsi que les programmes d’efficacité énergétique déployés dans les bâtiments publics, les établissements de santé et d’enseignement, l’hôtellerie, les sites industriels, les centres de données, les plateformes logistiques et les mégaprojets.

Source : Business France, SEC, National Grid (30/12/2025)
Responsabilité sociétale
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
La réglementation saoudienne autorise les entreprises étrangères à vendre directement à des clients publics et privés en Arabie saoudite. Toutefois, dans de nombreux secteurs, le recours à un distributeur, un partenaire local ou la création d'une présence commerciale locale demeure un levier important pour accéder au marché, développer les relations commerciales et répondre aux exigences de certains appels d'offres.
Les investisseurs étrangers peuvent détenir jusqu'à 100 % du capital dans la plupart des secteurs ouverts, sous réserve de l'obtention d'une licence du MISA. Ils peuvent opérer via différentes structures, notamment des filiales, succursales, bureaux techniques ou sièges régionaux (RHQ).
La réglementation spécifique
Depuis le 1er janvier 2024, les multinationales souhaitant accéder aux marchés publics saoudiens doivent en principe disposer d’un siège régional (RHQ) en Arabie saoudite, sous réserve de certaines exemptions autorisant la participation d’entreprises non établies localement à des appels d’offres spécifiques.
L'impôt sur les sociétés (Corporate Income Tax) est fixé à 20 % sur les bénéfices imposables attribuables aux actionnaires étrangers. Les actionnaires saoudiens et ressortissants des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) sont soumis à la zakat. Dans les sociétés à actionnariat mixte, l'impôt sur les sociétés et la zakat s'appliquent respectivement aux parts détenues par les investisseurs étrangers et les investisseurs saoudiens/CCG.
Niveau de taxation
La TVA a été introduite le 1er janvier 2018 à un taux de 5 %, porté à 15 % depuis le 1er juillet 2020.
Le développement des infrastructures énergétiques saoudiennes repose largement sur des partenariats avec le secteur privé. Les projets de production d’électricité, notamment dans les énergies renouvelables, sont majoritairement réalisés sous forme d’Independent Power Projects (IPP), dans lesquels des consortiums privés financent, développent, détiennent et exploitent les installations dans le cadre de contrats d’achat d’électricité de long terme conclus avec la Saudi Power Procurement Company (SPPC). Les projets du National Renewable Energy Program (NREP) sont attribués par appels d’offres compétitifs. Le modèle BOO (Build, Own, Operate) domine, tandis que certaines infrastructures de réseau, de stockage ou stratégiques peuvent également être développées selon des schémas PPP, BOT ou EPC.
Source : Ministry of Investment (MISA), General Authority of Zakat & Tax, Ministry of Energy, presse locale (30/12/2025)