Les fondamentaux
La Thaïlande accélère sa transition énergétique afin de réduire sa dépendance aux combustibles importés et de sécuriser l’approvisionnement de son économie industrielle. En 2025, le mix électrique demeurait largement dominé par le gaz naturel, qui représentait 65,52 % de la production nationale, tandis que les énergies renouvelables, hydroélectricité comprise, comptaient pour environ 17 %. Les énergies fossiles représentaient ainsi encore 83 % de la production électrique du pays, confirmant la forte dépendance du système aux combustibles carbonés, notamment au gaz et au charbon-lignite. En avril 2025, les énergies propres représentaient déjà 26 % de la capacité électrique installée du pays. Pour augmenter ce chiffre, la Thaïlande a prévu de dépenser 15 Mds EUR sur dix ans pour construire 2 900 nouveaux projets verts. Le solaire constitue le principal vecteur de développement, devant l’éolien, la biomasse, le biogaz, la valorisation énergétique des déchets et l’hydroélectricité. Le Power Development Plan (PDP) 2026-2050, encore en préparation, vise environ 60 % d’électricité propre en 2050, dont 50 % de renouvelables. L’efficacité énergétique complète cette trajectoire dans l’industrie et les bâtiments, notamment par la modernisation des équipements, l’automatisation, le pilotage des consommations et la récupération d’énergie. Toutefois, la croissance dépendra de l’adoption définitive du plan, des capacités de raccordement et de l’accès effectif des industriels à une électricité renouvelable traçable.
Approvisionnement électrique du système EGAT en 2025
Répartition entre achats externes et production directe d’EGAT.
212 716 GWh100 %
Électricité disponible
150 765 GWh70,9 %
Achats externes
61 952 GWh29,1 %
Production directe EGAT
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités pour l’offre française sont renforcées par le projet de PDP 2026-2050, qui vise à transformer le système électrique thaïlandais au-delà de la simple planification de nouvelles capacités. Les priorités portent sur la modernisation du réseau, les smart grids, le stockage BESS, l’intégration des EnR, les microgrids et l’automatisation. La hausse attendue de la demande liée aux data centers, à l’IA et aux véhicules électriques crée aussi des besoins en solutions fiables, flexibles et bas carbone. L’ouverture progressive aux Direct PPA, au TPA et au modèle prosumer via le solaire en toiture pourrait favoriser les offres françaises en ingénierie, pilotage énergétique, cybersécurité, intégration réseau, stockage et efficacité énergétique, à condition de répondre aux exigences techniques d’EGAT, PEA et MEA.
Source : Presse locale, Post Today, The Nation Thailand (09/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L’augmentation de la production solaire et éolienne renforce la demande de solutions capables de compenser leur variabilité. Les expertises attendues couvrent le stockage par batteries, le pompage-turbinage, la prévision de production, les centrales électriques virtuelles et la gestion des ressources distribuées.
Dans l’industrie, l’innovation porte sur les moteurs à haut rendement, les systèmes de gestion de l’énergie, la récupération de chaleur, l’automatisation et la maintenance prédictive.
La traçabilité gagne également en importance : un certificat d'énergie renouvelable (REC) atteste de la production de 1 MWh d’électricité verte et permet de documenter les émissions indirectes liées à la consommation d'électricité (Scope 2). Enfin, les plateformes numériques facilitant l’enregistrement et l’échange de ces certificats commencent à intégrer les petites installations solaires en toiture.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les projets d'énergies renouvelables et d’efficacité énergétique sont soumis aux exigences environnementales correspondant à leur technologie, leur capacité et leur localisation, avec l'obligation de réaliser une étude d’impact lorsque le projet entre dans une catégorie réglementée. Le PDP 2026-2050 doit orienter le secteur vers la neutralité carbone en 2050, en conciliant coût, sécurité d’approvisionnement et baisse des émissions. Encore en préparation, il prévoit environ 60 % d’électricité propre en 2050, objectif non définitif à ce stade. L’ambition climatique actualisée vise une réduction des émissions nationales à 152 MtCO₂e en 2035, contre 379 MtCO₂e en 2019. Les installations restent aussi soumises aux licences, règles de raccordement, gestion des déchets, rejets et sécurité industrielle.
Labels et certifications
Les garanties d’origine reposent surtout sur les certificats I-REC, délivrés localement pour l’électricité renouvelable ; chaque certificat atteste de 1 MWh produit. Les entreprises peuvent aussi recourir à des offres d’électricité verte intégrant ces certificats. Pour les équipements et installations, les normes IEC et certifications ISO 9001, 14001, 45001 et 50001 peuvent être exigées selon les projets. Aucune certification unique couvrant toutes les technologies EnR et d’efficacité énergétique n’a été identifiée.
Source : EGAT I-REC
Renewable Energy Certificate
Prese locale : Bangkok Post
(08/06/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché requiert généralement un partenaire thaïlandais capable d’assurer le développement commercial, l’installation, le service après-vente et le suivi réglementaire.
Pour la production d'électricité, les interlocuteurs clés comprennent les développeurs de projets sous les statuts IPP (producteurs indépendants), SPP (petits producteurs) et VSPP (très petits producteurs), ainsi que les opérateurs publics chargés de l’achat, du transport et de la distribution.
Pour l’efficacité énergétique, les principales cibles commerciales sont les groupes industriels, les gestionnaires de zones industrielles majeures telles que WHA et Amata, ainsi que les grands consommateurs tertiaires (centres commerciaux, hôpitaux, hôtels et data centers).
La réglementation spécifique
Le secteur est fortement régulé : licences délivrées par l’ERC, contrats d’achat d’électricité (PPA) obligatoires avec les opérateurs publics, quotas et appels d’offres pour les nouvelles capacités. Le modèle « single buyer » limite la vente directe d’électricité, bien que des évolutions vers des PPAs privés soient en cours.
Niveau de taxation
Les projets d’énergies renouvelables bénéficient d’incitations fiscales via le Board of Investment : exonérations d’impôt sur les sociétés, avantages douaniers et subventions indirectes. Les mécanismes de soutien incluent également les tarifs d’achat garantis. Une taxe carbone est en cours d’introduction, renforçant l’attractivité des projets bas carbone.