Les fondamentaux
Le secteur de l’environnement en Colombie repose principalement sur trois piliers : eau et assainissement, gestion des déchets et qualité de l’air.
Les écarts territoriaux restent majeurs : en 2025, la couverture du service d’eau atteint 93,8 % en zone urbaine contre 45,7 % dans les zones rurales nucléées ; pour l’assainissement, elle s’établit à 86,92 % en ville mais à seulement 18 % en zone rurale nucléée.
Le traitement des eaux usées demeure un défi structurel : 36,71 % des eaux usées urbaines étaient effectivement traitées en 2024, via 729 systèmes recensés.
Dans les déchets, seuls 16,9 % des déchets solides ordinaires sont valorisés, soit environ 2,4 millions de tonnes ; 232 municipalités, à peine 21 % du total, déclarent une activité de valorisation. Le programme Basura Cero, réglementé en 2025, vise à promouvoir les bonnes pratiques en termes de gestion des déchets.
La pollution de l’air reste un enjeu majeur dans les grandes agglomérations et zones industrielles. Le cadre institutionnel repose sur les lois 99/1993 et 142/1994, le SINA, les CAR, l’ANLA et l’IDEAM. Enfin, la Politique nationale de l’eau sur la période 2026-2050, adoptée en août 2026, renforce la gouvernance de la ressource, la protection des écosystèmes, l’accès à l’eau et l’adaptation climatique. Sa mise en œuvre par le nouveau gouvernement sera déterminante.
Opportunités pour l'offre française
Les besoins structurels de la Colombie ouvrent d’importantes opportunités pour l’offre française dans l’eau, l’assainissement et les déchets. Le faible niveau de traitement des eaux usées (36,71 % en 2024) soutient la demande en stations compactes, procédés avancés, réutilisation, traitement des boues, détection des fuites et digitalisation des réseaux. Le programme Basura Cero stimule les besoins en tri, compostage, méthanisation, captage du biogaz, traitement des lixiviats et valorisation matière. Le nouveau gouvernement souhaite parallèlement relancer les investissements miniers, pétroliers, gaziers et d’infrastructures, ce qui pourrait accroître la demande en traitement des eaux industrielles, contrôle des rejets, monitoring des émissions, remédiation des sols et suivi de la biodiversité. Les projets financés par l’AFD, la BID et les bailleurs multilatéraux constituent également un levier d’accès privilégié.
Source : MinVivienda, SSPD, MinAmbiente, AFD, BID, Reuters (11/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les solutions attendues doivent intégrer une forte dimension sociale et territoriale. Dans l’eau, la priorité est donnée aux technologies accessibles, sobres et adaptées aux zones rurales ou isolées, où les déficits de couverture restent importants. Dans les déchets, le programme Basura Cero renforce l’économie circulaire et l’intégration des recycleurs de métier dans les chaînes de valorisation. Les projets sont également évalués au regard de leur contribution à l’emploi local, à la formation, à la participation des communautés et à la réduction des inégalités territoriales. Les entreprises proposant des solutions associant performance environnementale, traçabilité, efficacité des ressources et impact social mesurable disposent d’un positionnement particulièrement pertinent.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Le cadre environnemental repose sur la loi 99/1993, le décret 1076/2015 et la loi 2169/2021 sur l’action climatique. Les projets à impact significatif peuvent être soumis à licence environnementale auprès de l’ANLA ou des CAR, avec étude d’impact et obligations de suivi. Les rejets liquides sont encadrés par la résolution 631/2015 et la qualité de l’air par la résolution 2254/2017. Dans les déchets, le décret 670/2025 formalise le programme Basura Cero et renforce valorisation, économie circulaire et participation des recycleurs. Les entreprises doivent également intégrer les exigences applicables aux déchets dangereux, émissions, compensation environnementale et, selon les filières, responsabilité élargie du producteur.
Labels et certifications
Le Sello Ambiental Colombiano (SAC) est le principal écolabel national. Volontaire, il valorise les biens et services répondant à des critères environnementaux définis par des normes techniques colombiennes. La certification ISO 14001 est également reconnue. Il n’existe toutefois pas de certification environnementale générale obligatoire : les exigences varient selon le produit et le secteur. Lorsqu’un règlement technique colombien s’applique, la conformité devient obligatoire, y compris pour les produits importés.
Source : MinAmbiente, MinCIT, ICONTEC (11/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché passe souvent par des partenaires locaux : bureaux d’études, intégrateurs, entreprises EPC, exploitants de services publics et distributeurs spécialisés. Pour une PME française, un partenaire capable d’assurer installation, maintenance, service après-vente et relation avec les donneurs d’ordre constitue un atout majeur. Les offres intégrées associant équipement, ingénierie, formation et garanties de performance sont généralement mieux valorisées. Les références en Amérique latine, une assistance technique en espagnol et la disponibilité locale des pièces renforcent la crédibilité commerciale. Pour les marchés publics, une bonne maîtrise de SECOP II et des exigences applicables aux fournisseurs étrangers est indispensable.
La réglementation spécifique
L’importation de technologies environnementales relève du régime général du commerce extérieur colombien. Selon le produit, un enregistrement ou une licence d’importation et des visas préalables via la VUCE peuvent être requis. Certains équipements sont soumis à des règlements techniques ou à des autorisations de l’ANLA. Pour les marchés publics, l’inscription au RUP peut être exigée, mais les entreprises étrangères sans domicile ni succursale en Colombie en sont dispensées et doivent justifier directement leurs capacités auprès de l’acheteur public. SECOP II constitue la plateforme centrale pour suivre et gérer les procédures de commande publique.
Niveau de taxation
Le taux général de l’impôt sur les sociétés est de 35 %. Les investissements directement consacrés au contrôle, à la conservation ou à l’amélioration de l’environnement peuvent bénéficier, sous conditions et après certification, d’un crédit d’impôt égal à 25 % de l’investissement. Certains équipements destinés aux systèmes de contrôle ou de monitoring environnemental peuvent également être exclus de TVA. Les projets relevant des énergies renouvelables ou de l’efficacité énergétique peuvent accéder à des avantages spécifiques de la loi 1715/2014, notamment une déduction pouvant atteindre 50 % de l’investissement sur 15 ans. Ces dispositifs nécessitent selon les cas une certification de l’ANLA ou de l’UPME.
Source : DIAN, MinAmbiente, ANLA, UPME (11/08/2026)