Les fondamentaux
La Suisse est un marché mature, solvable et très concurrentiel, porté par un pouvoir d’achat élevé, un climat des affaires classé A1 et une consommation premium structurée autour des importateurs, de la grande distribution, du commerce spécialisé et de la restauration-hôtellerie. Le vin reste la catégorie centrale : en 2025, la consommation totale atteint 211,2 M litres, en recul de 3,3 %, dont 79,2 M litres de vins suisses et 132,0 M litres de vins étrangers ; la part de marché des vins suisses progresse à 37,5 %. Les importations totales de vin atteignent 155 M litres, en baisse de 4,9 %, avec l’Italie, la France et l’Espagne comme principaux fournisseurs. La bière représente 4,66 M hl consommés en 2025, dont 3,63 M hl produits localement, avec une forte dynamique de la bière sans alcool. Le cidre reste une niche, mais bénéficie d’un ancrage local via la transformation de fruits à cidre. Les spiritueux sont fortement fiscalisés mais ne nécessitent pas d’autorisation d’importation spécifique.
Consommation de vin par origine en Suisse, 2025
Vins suisses et vins étrangers, issue d’un même rapport statistique OFAG
211,2 M l
Consommation totale de vin
79,2 M l37,5 %
Vins suisses consommés
132 M l-6,4 %
Vins étrangers consommés
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités se situent prioritairement sur les segments premium, différenciants et à forte valeur ajoutée. La baisse des volumes de vin ne ferme pas le marché : elle pousse les distributeurs et importateurs à sélectionner des références capables de justifier leur prix par l’origine, la notoriété, la rareté, le storytelling, la durabilité ou la qualité gastronomique. La France bénéficie d’un avantage d’image confirmé par la progression des exportations françaises vers la Suisse en 2025. Les vins AOP, Champagne, crémants premium, rosés de Provence, Bourgogne, Rhône, Loire, Bordeaux sélectifs et vins bio/biodynamiques restent pertinents. Les spiritueux français ont un potentiel sur cognac, armagnac, calvados, eaux-de-vie, liqueurs et cocktails premium, mais doivent composer avec une fiscalité élevée. Les segments à surveiller sont le low/no alcohol, les formats pratiques, les emballages responsables et les offres destinées à la restauration, aux cavistes, à l’e-commerce et aux grands comptes recherchant des compléments de gamme.
Source : FEVS, OFAG, OFDF (28/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les attentes portent sur la réduction de l’empreinte environnementale, la transparence, les certifications crédibles, les cépages résistants, les emballages plus sobres et les alternatives low/no alcohol. La dynamique de la bière sans alcool, en hausse d’environ 14 % en 2025, montre l’intérêt des consommateurs pour des boissons plus modérées. Dans le vin, les surfaces bio atteignent 2 818 ha, soit 20,6 % du vignoble suisse, avec environ 660 exploitations. Les cépages résistants PIWI représentent déjà 3,94 % de la surface viticole suisse en 2024, selon Bio Suisse/OFAG. Les distributeurs attendent donc des offres lisibles : origine, intrants, bilan emballage, traçabilité, accords gastronomiques et capacité à raconter une démarche durable.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La réglementation environnementale est surtout indirecte : elle passe par les exigences suisses relatives à l’agriculture biologique, aux prestations écologiques requises, aux paiements directs, à la protection des eaux, à l’usage des produits phytosanitaires et à l’étiquetage loyal. Pour le vin bio, les exigences minimales relèvent de l’ordonnance fédérale sur l’agriculture biologique, complétées par les cahiers des charges Bio Suisse et Demeter. Pour la viticulture durable, VITISWISS/VINATURA structure des critères liés à la biodiversité, aux ressources naturelles, aux intrants, déchets, effluents, énergie et santé des collaborateurs. Le marché valorise également les emballages réutilisables : dans la bière, environ 33 % du volume consommé en Suisse passe par des contenants réutilisables.
Labels et certifications
Les labels à valoriser sont Bio Suisse Bourgeon, Demeter, l’ordonnance suisse sur l’agriculture biologique, les labels européens bio pour les produits importés, VITISWISS/VINATURA pour la durabilité vitivinicole, Suisse Garantie pour les productions locales suisses et les mentions AOP/AOC/IGP reconnues. Bio Suisse et Demeter sont identifiés comme les deux principales organisations privées de labellisation bio en Suisse, Demeter allant au-delà des exigences Bio Suisse dans certains domaines. Pour les vins importés, les appellations étrangères protégées doivent respecter leur propre législation lors de la mise sur le marché suisse
Source : Bio Suisse, FiBL, VITISWISS, CSCV (28/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’approche recommandée est sélective et multicanale. Pour les volumes, cibler importateurs-distributeurs, centrales d’achat, grande distribution et cash & carry ; pour le premium, privilégier cavistes, importateurs spécialisés, horeca, sommeliers, hôtels et restauration gastronomique. Le marché nécessite adaptation linguistique et régionale, notamment Suisse alémanique, Suisse romande et Tessin. Les salons et événements pertinents incluent Igeho à Bâle pour horeca et foodservice, Arvinis à Genève pour découverte vins suisses et internationaux, Expovina à Zurich comme plateforme vin majeure, ainsi que des masterclasses ciblées. Igeho 2025 a réuni 42 500 visiteurs et 400 exposants, et Expovina revendique plus de 70 000 visiteurs pour ses foires aux vins
La réglementation spécifique
Pour le vin naturel, un permis général d’importation est requis dès 20 kg bruts et l’importateur commercial doit s’enregistrer auprès du CSCV ; les vins mousseux ne requièrent pas de PGI mais nécessitent l’enregistrement CSCV pour le commerce. Les contingents tarifaires vin blanc, rouge et rosé représentent 1 700 000 hl par année civile, attribués selon le principe du premier arrivé, premier servi. Les spiritueux ne nécessitent pas d’autorisation d’importation, mais l’importateur doit s’acquitter de l’impôt sur les spiritueux, de la TVA et des droits éventuels selon origine et classement tarifaire. Les étiquettes doivent être claires, lisibles, indélébiles et dans une langue officielle suisse
Niveau de taxation
Les boissons alcoolisées sont soumises au taux normal de TVA de 8,1 %, applicable depuis le 1er janvier 2024. Le taux réduit de 2,6 % concerne les denrées alimentaires et boissons non alcoolisées à emporter ou livrées, pas les boissons alcoolisées. Les vins naturels jusqu’à 18 % vol. sont exonérés de l’impôt sur l’alcool. Les spiritueux sont taxés à 29 CHF par litre d’alcool pur, les alcopops à 116 CHF par litre d’alcool pur, les vins doux et vermouths à 14,50 CHF par litre d’alcool pur. La bière est taxée par hectolitre : 16,88 CHF/hl pour bière légère, 25,32 CHF/hl pour bière normale ou spéciale, 33,76 CHF/hl pour bière forte. Les produits à 1,2 % vol. ou moins sont exonérés. Les droits de douane dépendent du code tarifaire, de l’origine et du contingent.
Source : OFAG, OFDF, AFC, CSCV, Igeho, Arvinis, Expovina, (28/07/2026)