Les fondamentaux
Le marché canadien de la beauté et des soins personnels atteint 15,2 Mds CAD en 2025, en hausse de 3 % par rapport a 2024. La croissance repose sur une demande plus sélective, orientée vers le bien-être, la longévité, la clean beauty, les formules efficaces et les produits perçus comme des luxes abordables.
Dans un contexte de pouvoir d’achat sous pression, les consommateurs arbitrent davantage leurs achats en combinant mass market, promotions et montée en gamme ciblée sur les catégories prioritaires perçues comme des luxes abordables. Le mass market reste le premier segment, à près de 7,7 Mds CAD, mais le premium atteint 5,3 Mds CAD et confirme son rôle moteur, notamment dans les soins de la peau, le maquillage et les parfums. Les soins de la peau représentent 3,9 Mds CAD, soutenus par la demande en actifs science-backed, routines préventives et formules multifonctions.
Les pharmacies et spécialistes beauté restent structurants, tandis que l’e-commerce progresse grâce aux stratégies omnicanales, abonnements, click-and-collect, livraison rapide et programmes de fidélité.
Le marché devrait atteindre 18,2 Mds CAD en 2030.
Postionnement du secteur en 2025
Principales catégories beauté Premium
Opportunités pour l'offre française
Positionnement premium et dermocosmétique : croissance des segments parfums premium et soins dermocosmétiques (La Roche-Posay, Vichy, Avène). Les consommateurs recherchent des produits à crédibilité scientifique et à formulation avancée, un atout clé pour les marques françaises.
Clean beauty et durabilité : demande accrue pour des produits naturels, transparents et éthiques.
Innovation et multifonctionnalité : produits combinant SPF, anti-âge, hydratation répondent à la tendance skinification et routines simplifiées.
Parfumerie haut de gamme : les parfums premium sont en forte demande et la France reste une référence dans ce secteur..
Made in Canada vs Made in France : bien que le « Made in Canada » gagne en popularité, le Made in France conserve un avantage compétitif sur le segment luxe et clean beauty, grâce à son prestige et ses normes élevées.
Source : Euromonitor 2026, Ibis world 2026 (31/05/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L’innovation attendue repose sur les formulations science-backed, les actifs de longévité, les routines préventives, la skinification des soins capillaires et solaires, les produits multifonctions et les solutions adaptées aux peaux sensibles ou aux besoins multiculturels. Les consommateurs recherchent des bénéfices visibles, des ingrédients naturels ou avancés, des formules clean, vegan ou cruelty-free, et une transparence accrue sur la composition et la chaîne d’approvisionnement.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les allégations environnementales doivent être exactes, non trompeuses et étayées. Le Bureau de la concurrence encadre le greenwashing et rappelle que les déclarations sur les bénéfices environnementaux d’un produit doivent reposer sur des tests adéquats et appropriés. Les lignes directrices finales sur les allégations environnementales ont été publiées le 5 juin 2025, après les modifications ajoutées à la Loi sur la concurrence le 20 juin 2024. Les marques cosmétiques doivent donc sécuriser les mentions liées au naturel, recyclable, durable, faible impact, éco-responsable ou neutre, afin d’éviter des messages vagues ou non prouvés.
Labels et certifications
Les labels valorisables incluent les certifications cruelty-free, vegan, clean beauty, EWG Verified, Leaping Bunny, ainsi que les démarches liées aux ingrédients naturels, biologiques, responsables ou aux emballages recyclables. Ces labels ne remplacent pas les obligations canadiennes de sécurité, notification et étiquetage, mais renforcent la crédibilité auprès de consommateurs attentifs à la transparence, à l’éthique et à l’environnement.
Source : Euromonitor 2026, Bureau de la concurrence Canada (30/06/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les partenaires prioritaires sont les pharmacies, spécialistes beauté, plateformes e-commerce, grands distributeurs et importateurs spécialisés capables d’assurer conformité, logistique, référencement et animation commerciale.
Les canaux à cibler incluent Shoppers Drug Mart, Sephora Canada, Amazon Canada, Walmart Canada, Well.ca, Jean Coutu, London Drugs et les distributeurs premium ou dermocosmétiques. La stratégie doit articuler preuve d’efficacité, discours prix-valeur, clean beauty, digital content, programme d’échantillonnage, formation des équipes et activation omnicanale.
Les pharmacies et l’e-commerce concentrent une part majeure des ventes, tandis que les spécialistes beauté restent clés pour l’expérience, le conseil et le premium.
La réglementation spécifique
Tout cosmétique vendu au Canada doit être sûr, ne pas présenter de risque pour la santé et respecter la Loi sur les aliments et drogues ainsi que le règlement sur les cosmétiques.
Les fabricants et importateurs doivent notifier Santé Canada dans les 10 jours suivant la première vente au Canada et fournir la liste des ingrédients.
L’étiquetage doit respecter les exigences canadiennes, dont la nomenclature INCI, les mentions applicables et les obligations liées aux allégations.
Le Règlement sur les cosmétiques, à jour en 2026, inclut les exigences de sécurité, étiquetage, preuve de sécurité, notification et liste d’ingrédients.
Niveau de taxation
Dans le cadre de l’AECG (Accord Économique et Commercial Global) entre le Canada et l’Union européenne, les droits de douane sur les produits cosmétiques sont supprimés, ce qui facilite l’accès des marques françaises au marché canadien.
Les taxes de vente canadiennes comprennent la taxe de vente provinciale (TVP), la taxe sur les produits et services (TPS) et la taxe de vente harmonisée (TVH), cette dernière étant une combinaison de la TVP et de la TPS dans certaines provinces.
À l’import, les produits cosmétiques doivent être classés dans le Tarif des douanes canadien, notamment dans le chapitre 33 pour parfumerie, huiles essentielles et préparations cosmétiques. Le tarif dépend du code SH exact, de l’origine et des accords préférentiels, notamment le CETA pour les produits d’origine UE.
Source : Euromonitor, Direction du Tresor, Sante Canada (31/05/2026)