Les fondamentaux
En 2025, les industries agroalimentaires (IAA) occupent une place centrale dans l’économie algérienne. Affichant une croissance de 5,6 % au premier trimestre, elles confirment leur rôle moteur dans le tissu industriel national. Ce secteur, majoritairement privé, regroupe plus de 31 000 entreprises, dont une majorité de PME, aux côtés de quelques groupes dominants. Les IAA contribuent à hauteur de 40 à 45 % à la valeur ajoutée industrielle hors hydrocarbures, ce qui en fait un pilier stratégique de la diversification économique.
Soutenues par la feuille de route 2020-2024 pour l’agriculture et le développement rural, les IAA bénéficient de mesures incitatives visant à renforcer la production locale et à réduire la facture des importations. Toutefois, elles demeurent fortement dépendantes de l’extérieur pour leurs approvisionnements : près de 75 % des équipements et intrants sont importés, notamment les céréales, dont 14,1 M de tonnes sont attendues en 2025, dont 8,7 M de tonnes de blé. (Les IAA algériennes pourraient représenter >30 % du PB agricole)
Sur le plan social, le secteur génère environ 700 000 emplois directs, et jusqu’à 2,7 M en incluant l’agriculture. Les habitudes de consommation évoluent également : les dépenses alimentaires pèsent lourdement sur les revenus des ménages, représentant près de la moitié de leur budget (42 %). Une préférence croissante s'affiche pour les produits transformés, premium et sains, notamment dans les grandes surfaces.
*Taux de croissance = 15,1 %
Chiffres clés du secteur des IAA en Algérie
Principales données du secteur des industries agroalimentaires en Algérie
+15 %2024
Taux de croissance annuel
40 %HH
Part des IAA algériennes dans le PIB
23 000>90 %
Nombre d'entreprises privées
25,6 Mds USD2024
CA production agricole
1er posteRang 1
Importation des denrées alimentaires
Dépendance et consommation alimentaire en Algérie
Dépendance aux importations et poids de l’alimentation dans les dépenses des ménages
90 %National
Production locale des besoins
>42 %Estimé
Budget des ménages absorbé par l’alimentation
300 000 t/anImport
Poudre de lait
17,2 %HH
Part des importations alimentaires
Opportunités pour l'offre française
Le développement et la modernisation des industries agroalimentaires (IAA) constituent un levier stratégique dans la politique de diversification économique de l’Algérie. Ce secteur offre de nombreuses opportunités pour les fournisseurs d’équipements, d’intrants techniques, de solutions de certification, de formation et de transfert de savoir-faire.
La demande industrielle s’oriente notamment vers la fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée tels que le chocolat, les biscuits, les produits de boulangerie-viennoiserie-pâtisserie (BVP), y compris les mélanges et pâtes à base de farines de qualité supérieure, ainsi que les fruits secs comme les pruneaux.
Parallèlement, les filières de transformation du lait, de la viande et des fruits et légumes restent des axes prioritaires de développement, soutenus par des investissements publics et privés. Bien que la production locale progresse, les besoins en équipements spécialisés restent importants, notamment pour les lignes de transformation, le conditionnement, le contrôle qualité et la logistique.

Source : Bureau Business France en Algérie (27/07/2025)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
En Algérie, les IAA évoluent vers des standards plus exigeants en matière de traçabilité et de contrôle qualité. Des investissements sont engagés dans la recherche appliquée pour renforcer la fiabilité des processus, qu’il s’agisse de produits locaux, importés ou nouvellement introduits sur le marché.
La certification devient un enjeu central, portée par une demande croissante de consommateurs attentifs à la qualité et à la transparence. L’intérêt pour les produits bio et les technologies de pointe, comme les nanomatériaux, s’inscrit dans une dynamique d’innovation au service de la sécurité alimentaire.
Le contrôle des importations et l’exploration de solutions liées à la biodiversité et à la conservation sont une priorité. Certains cherchent à intégrer des pratiques plus durables, valorisant les atouts climatiques du pays, notamment le solaire. Initiatives encore marginales dans le secteur agro-industriel.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les IAA, grandes consommatrices d’eau et d’énergie, sont au cœur des préoccupations environnementales en Algérie, notamment dans un contexte de stress hydrique croissant. Leur activité a un impact direct sur les ressources : consommation élevée d’eau, rejets d’eaux usées, production de déchets organiques et d’emballages (plastique, verre, papier).
Ces pressions environnementales font peser un risque sur la fertilité des terres agricoles — estimées à 44 mha — ainsi que sur la biodiversité et la durabilité des écosystèmes, en raison de la perturbation du cycle de l’eau. Pour y répondre, l’État a lancé depuis 2018 le Plan National Climat, qui vise à renforcer la résilience face aux effets du changement climatique. Ce plan prévoit des actions concrètes : lutte contre l’érosion, réhabilitation des terres dégradées, adaptation des filières agricoles, et intégration des enjeux climatiques dans les politiques sectorielles.
Labels et certifications
En Algérie, la certification dans les industries agroalimentaires repose sur des normes nationales encadrées par l’Institut algérien de normalisation (IANOR) et l’Organisme algérien d’accréditation (ALGERAC). Le label « Bio » et les certifications qualité (ISO, HACCP) gagnent en importance, portées par une demande croissante en traçabilité et sécurité alimentaire. L’État encourage la labellisation des produits locaux pour valoriser les filières et renforcer la compétitivité et répondre à une demande croissante en traçabilité, sécurité sanitaire et conformité aux standards internationaux.

Source : Source de « Responsabilité Sociétale » Ministère de l’Environnement, Presse locale, Université Abderrahmane MIRA (27/07/2025)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Sur le marché algérien des industries agroalimentaires (IAA), les partenaires locaux sont souvent des PME ou des groupes privés en phase de modernisation, parfois soutenus par des dispositifs publics ou des partenariats étrangers. Ils recherchent des solutions techniques fiables, adaptées aux contraintes locales (eau, énergie, maintenance) et conformes aux normes de qualité.
L’approche à privilégier est plus partenariale que commerciale. Elle repose sur la proximité, l’accompagnement technique et la formation. Les acteurs algériens valorisent les partenariats durables, le transfert de savoir-faire et la réactivité. Une présence locale (représentation, SAV, démonstration) est un atout majeur pour instaurer la confiance et se différencier.
La réglementation spécifique
Les IAA en Algérie sont encadrées par un dispositif réglementaire structuré autour de la normalisation, de la certification et du contrôle qualité. L’IANOR élabore les normes nationales applicables aux produits, procédés et systèmes de management (ISO, HACCP, Halal), tandis que l’ALGERAC accrédite les laboratoires et organismes de certification. Le ministère du Commerce supervise le respect des normes d’hygiène, de traçabilité, d’étiquetage et de sécurité sanitaire. Certaines activités sont soumises à autorisation préalable, notamment pour les produits sensibles ou les installations classées. Depuis 20 ans, l’État algérien mène une politique active de développement, incluant des dispositifs de soutien ciblés, sous forme de subventions pour certaines chaînes de transformation agroalimentaire.
Niveau de taxation
En Algérie, le niveau de taxation applicable aux IAA est encadré par la loi de finances 2024, qui prévoit plusieurs mesures fiscales incitatives pour soutenir l’investissement productif :
Exonération temporaire de TVA pour certaines matières premières et équipements destinés à la transformation agroalimentaire s’ils concernent des produits de large consommation ou des intrants stratégiques.
Réduction des droits de douane réduits à l’importation de certains équipements ou matières premières, si projets industriels jugés prioritaires.
Les entreprises agroalimentaires peuvent bénéficier de réductions d’ISB réinvestis dans la modernisation ou la R&D, si cadre de projets innovants ou localisés dans le Sud.
Autres incitations : exonérations fiscales temporaires également prévues pour les entreprises nouvellement créées ou les projets labellisés "innovants", en particulier dans les filières de transformation.

Source : IANOR.DZ, ALGERAC, Mministère du Commerce, Direction Générale des Douanes Algériennes, APS (21/07/2025)