Les fondamentaux
La République tchèque dispose d’un réseau ferroviaire d’environ 9 400 km, parmi les plus denses d’Europe. L’infrastructure nationale est gérée par Správa železnic, tandis que le transport de voyageurs est assuré par l’opérateur historique České dráhy et des concurrents privés tels que RegioJet, Leo Express et Arriva. Le pays possède également une industrie ferroviaire complète, couvrant le matériel roulant, la signalisation, les équipements de voie, l’électrification, l’ingénierie et la maintenance.
Les investissements dans l'infrastructure ferroviaire portent sur la modernisation des corridors, l’électrification, l’ETCS, l’augmentation des capacités, les gares, la liaison Prague-aéroport et la préparation d’un réseau à grande vitesse. La stratégie actualisée concentre les LGV sur l’axe structurant Allemagne–Prague–Brno–Ostrava/Pologne et Brno–Vienne. Les transports urbains constituent un second moteur, avec l’extension des tramways et la ligne D automatisée du métro de Prague. Le marché est majoritairement porté par la commande publique, les financements nationaux et européens et, nouvellement aussi pour plusieurs grands projets, par des montages PPP.
Dépenses ferroviaires externalisées prévues
Moyennes annuelles prévues par Správa železnic pour la période 2026-2029
1,84 Md EURpar an
Investissements ferroviaires
0,32 Md EURpar an
Réparation et entretien des lignes
0,15 Md EURpar an
Reconstructions simples
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités prioritaires concernent l’ingénierie et la construction des LGV, les PPP ferroviaires, l’électrification en 25 kV, l’ETCS/ERTMS, GSM-R et ses évolutions, les systèmes de commande centralisée, la rénovation des voies, ponts, tunnels et gares. Les besoins incluent également les rames régionales électriques ou à batteries, les équipements de recharge BEMU, les machines de travaux, la mesure et le diagnostic des voies, la maintenance prédictive, la cybersécurité, les outils BIM et les systèmes voyageurs.
La séparation des marchés en lots d’infrastructure, traction, signalisation et télécommunications facilite l’accès des spécialistes étrangers. Les références européennes peuvent être davantage reconnues et certaines exigences financières, linguistiques et techniques ont été allégées. Pour les entreprises françaises, les voies d’accès les plus efficaces sont le partenariat avec un acteur tchèque, la sous-traitance spécialisée, la participation aux consultations préalables et le suivi des marchés sur E-ZAK, TED et ISKD.
Source : Správa železnic (13/04/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les attentes portent sur la sécurisation et la digitalisation du réseau : ETCS, conduite et supervision centralisées, télécommunications ferroviaires, couverture 5G des corridors, cybersécurité et systèmes d’information interopérables. Sont également recherchées les technologies de diagnostic automatisé, maintenance prédictive, cartographie numérique, BIM et gestion commune des données. La décarbonation stimule l’électrification, la conversion au système 25 kV, les trains à batteries et leurs stations de recharge. Les appels d’offres intègrent davantage le Design & Build afin de mobiliser l’innovation des fournisseurs. Les équipements doivent combiner sécurité, disponibilité, maîtrise des coûts de cycle de vie, réduction du bruit et adaptation aux risques climatiques.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les projets tchèques s’inscrivent dans le règlement européen TEN-T 2024/1679, qui renforce les objectifs de sécurité, résilience climatique, interopérabilité, ERTMS et réduction de l’impact environnemental. Les opérations financées par le CEF, les fonds de cohésion, la BEI ou le Fonds de modernisation doivent respecter les règles européennes d’évaluation environnementale et de financement durable. Správa železnic intègre progressivement des principes ESG dans les PPP et les marchés responsables : nuisances sonores, engins de chantier, conditions sociales, données de la chaîne d’approvisionnement et calcul de l’empreinte carbone indirecte Scope 3. Des exigences peuvent donc être répercutées sur les titulaires et leurs sous-traitants.
Labels et certifications
Les matériels et sous-systèmes ferroviaires doivent satisfaire aux spécifications techniques d’interopérabilité européennes, notamment les STI relatives au matériel roulant, à l’infrastructure, à l’énergie, à l’accessibilité et au contrôle-commande. Le marquage CE et les procédures d’évaluation par organisme notifié s’appliquent aux constituants concernés. Pour les produits influant sur la sécurité de l’infrastructure, une vérification et une approbation selon la directive interne SM008 de Správa železnic sont requises avant utilisation.
Source : Commission européenne ; ERA (25/06/2025)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les partenaires à privilégier sont les entreprises tchèques de construction ferroviaire, intégrateurs de signalisation, bureaux d’ingénierie, fabricants de matériel roulant et sociétés titulaires de références auprès de Správa železnic. Une implantation locale ou une alliance avec un partenaire tchèque facilite la qualification, le service après-vente et le suivi des prescriptions techniques. Les fournisseurs doivent surveiller E-ZAK, TED et le registre tchèque des marchés, participer aux consultations préalables et, pour les marchés sous les seuils concernés, intégrer ISKD. La prospection directe auprès du gestionnaire, des opérateurs, des villes et des intégrateurs est recommandée. Rail Business Days à Ostrava constitue le principal salon ferroviaire local (construction du matériel roulant).
La réglementation spécifique
Les équipements ferroviaires relèvent de la directive européenne 2016/797 sur l’interopérabilité et des STI applicables. Les produits ayant une incidence sur la sécurité doivent être vérifiés et approuvés avant leur utilisation sur le réseau de Správa železnic, conformément à la loi tchèque n° 266/1994 sur les chemins de fer et à la directive SM008. Les appels d’offres peuvent exiger des autorisations professionnelles reconnues en République tchèque, notamment ČKAIT pour certaines fonctions d’ingénierie. Les experts étrangers peuvent présenter leurs justificatifs nationaux lors de l’offre, mais la reconnaissance définitive doit être obtenue par le titulaire avant l’exécution. La langue tchèque ou un interprète est requis pour les interlocuteurs contractuels pendant les travaux.
Niveau de taxation
Les échanges de biens entre la France et la République tchèque sont réalisés au sein du territoire douanier de l’Union européenne : ils ne supportent normalement ni droits de douane ni formalités douanières à la frontière. Les obligations de TVA intracommunautaire et, selon les seuils applicables, les déclarations statistiques relatives aux échanges de biens restent à respecter. Le taux normal de TVA tchèque est de 21 % et s’applique en principe aux équipements, matériels et prestations ferroviaires ne bénéficiant pas d’un régime particulier. Le taux réduit est de 12 %, mais il ne concerne généralement pas les équipements industriels ferroviaires. Des règles particulières, dont l’autoliquidation, peuvent s’appliquer aux opérations de construction et aux prestations réalisées localement ; le traitement doit être vérifié selon le contrat, le lieu de livraison et la présence fiscale du fournisseur.
Source : Commission européenne ; Správa železnic (13/04/2026)