Les fondamentaux
L’Inde est le 2ᵉ producteur mondial de fruits et légumes après la Chine. Grâce à la diversité de ses climats, le pays produit des fruits et légumes toute l’année. La mangue et la banane dominent la production fruitière, tandis que la pomme de terre, l’oignon et la tomate constituent les principales cultures maraîchères. Malgré cette capacité de production, les pertes post-récolte restent élevées.
La quasi-totalité de la production est absorbée par un marché intérieur de plus de 1,45 milliard d’habitants. Les exportations demeurent limitées par plusieurs contraintes structurelles : fragmentation des exploitations agricoles, infrastructures logistiques insuffisantes et faibles capacités de chaîne du froid.
L’Inde reste néanmoins dépendante des importations pour plusieurs catégories de produits végétaux. Les fruits tempérés tels que les pommes, kiwis, poires, raisins et agrumes complètent l’offre locale. La pomme demeure le fruit le plus importé, avec près de 600 000 tonnes importées en 2024-25, contre 544 000 tonnes un an plus tôt. Les fruits à coque occupent également une place majeure : les importations d’amandes ont atteint 190 000 tonnes en 2024-25, pour une production locale d’environ 4 000 tonnes.
Les importations de légumes frais restent limitées, mais l’Inde figure parmi les principaux importateurs mondiaux de légumineuses sèches (lentilles, pois jaunes, pois cassés), avec un record d’environ 7,3 millions de tonnes en 2024-25. L’Inde est également le premier importateur mondial d’huiles végétales, avec près de 16 millions de tonnes importées par an, principalement d’huile de palme, de soja et de tournesol.
Opportunités pour l'offre française
Plusieurs produits végétaux offrent des opportunités à l’offre française en Inde. Les pommes demeurent le principal potentiel. En 2024, le gouvernement a réduit les droits de douane de base de 75 % à 50 % pour l’ensemble des pays exportateurs. Des marques internationales comme Pink Lady, Jazz ou Washington Apples gagnent en visibilité auprès des consommateurs urbains à la recherche de produits premium.
Les fruits à coque (amandes, noisettes, noix) ainsi que les fruits exotiques (kiwis, cerises) sont également de plus en plus prisés. Les kiwis, cerises et fruits à coque restent soumis à des droits de douane de base de 30 %.
Les pruneaux constituent enfin un marché prometteur depuis leur autorisation d’accès au marché indien en 2024. Reclassés comme produits frais, ils bénéficient désormais d’une fiscalité plus favorable et d’un droit de douane de 25 %.
L’accord de libre-échange UE-Inde devrait par ailleurs améliorer l’accès au marché pour plusieurs fruits européens, notamment les kiwis et les poires (droits réduits de 33 % à 10 % sous quota). Les pommes pourraient également bénéficier d’un accès préférentiel via un contingent dédié.
Source : https://www.newindianexpress.com ,https://policy.trade.ec.europa.eu (10/08/2026)
Responsabilité sociétale
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
En Inde, la responsabilité sociétale liée aux produits végétaux gagne en importance, bien que son application reste encore inégale selon les segments de marché. Depuis 2022, la réglementation impose une Responsabilité Élargie du Producteur (EPR), obligeant les importateurs et distributeurs à déclarer et gérer le recyclage de leurs emballages, notamment plastiques. Toutefois, le niveau de mise en œuvre varie selon la taille des acteurs et leur implantation.
Dans les zones urbaines et les circuits premium, la demande pour des produits plus durables – avec moins d’emballage et une meilleure traçabilité – progresse peu à peu. Cette sensibilité reste toutefois moins marquée dans les circuits traditionnels, où le critère prix prime encore sur les engagements environnementaux.
Labels et certifications
La certification AB n’est pas reconnue en Inde, ce qui oblige les produits français biologiques à être commercialisés sous un étiquetage conventionnel. En Inde, la certification bio est délivrée par l’APEDA, mais le nombre d’organismes certificateurs agréés reste limité, et les coûts de certification sont jugés élevés par de nombreux exportateurs.
Malgré ces obstacles, une évolution est en cours : les consommateurs indiens, notamment en milieu urbain, deviennent de plus en plus attentifs à la composition et à la valeur nutritionnelle des produits qu’ils consomment, ouvrant la voie à des offres différenciées, même sans label officiel local.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
En Inde, l’anglais est la langue des affaires et les relations commerciales se construisent dans la durée. Le choix d’un importateur local est déterminant : il assure l’enregistrement des produits auprès des autorités (FSSAI, douanes) ainsi que leur distribution. Il est donc essentiel de cibler des partenaires spécialisés dans les produits importés ou premium.
Une prospection ciblée, complétée par la participation à des salons professionnels, constitue une approche efficace. Le positionnement premium est généralement le plus adapté : qualité, origine, naturalité et packaging sont particulièrement valorisés par les consommateurs urbains. L’origine française demeure un argument différenciant, associé à la qualité et à la traçabilité.