Les fondamentaux
La Thaïlande figure parmi les marchés les plus importants d’Asie du Sud-Est pour les dispositifs médicaux et en est le 1er exportateur.
En 2025, le secteur de la santé représentait environ 9,1 Mds EUR, soit près de 1,8 % du PIB thaïlandais. Le marché s’appuie sur la couverture santé universelle, un secteur hospitalier privé très structuré et une base industrielle locale réelle, surtout orientée vers les consommables, les dispositifs à usage unique et certaines fabrications exportatrices.
Les besoins sont tirés par trois moteurs principaux :
- Le vieillissement de la population ;
- La progression des maladies non transmissibles;
- La volonté publique de hisser le pays vers un positionnement de hub médical et wellness à plus forte valeur ajoutée et le tourisme médical.
La progression des dépenses d’équipement se concentre sur l’imagerie, l’IVD, le monitorage, l’orthopédie, la rééducation, les dispositifs liés aux maladies chroniques et les solutions pour la dépendance. Les équipements les plus technologiques restent majoritairement importés, tandis que la production locale occupe surtout les segments standardisés.
En 2026, le marché reste porteur, mais il est plus sélectif : les CAPEX sont davantage arbitrés, le public reste très sensible au prix et la décision d’achat combine désormais performance clinique, continuité d’approvisionnement, service local et coût total d’usage.
La Thaïlande accueille des salons internationaux dans le secteur de la santé : Medical Fair Asia (une année sur deux), CPHI, Word Health Expo et également plus régionaux avec le Thailand Lab International.
Principaux importateurs d'équipements et fournitures médicaux en Thaïlande en 2025
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités se situent sur les segments alignés avec les besoins structurels du pays : vieillissement, maladies non transmissibles, suivi des patients chroniques, diagnostic précoce, rééducation, mobilité, orthopédie, monitorage, médecine de précision et solutions améliorant l’efficacité des parcours de soins.
Les groupes hospitaliers privés continuent d’investir, avec des réseaux déjà très denses ; le leader BDMS exploite à lui seul 60 hôpitaux et 9 384 lits structurés à fin 2025. Le pays pousse aussi son repositionnement vers un hub médical, wellness et longévité, avec facilitation accrue des séjours médicaux, développement de l’écosystème medtech et forte exposition régionale.
Dans ce contexte, les offres françaises les plus attractives sont celles qui complètent la production locale plutôt que de l’affronter sur le prix : dispositifs spécialisés, équipements à plus forte exigence clinique, contrats de service, maintenance, sécurisation des consommables, automatisation et solutions réduisant le coût global de possession.

Source : Business France, Krunsgri, TCELS, presse locale (12/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le marché attend moins un discours d’innovation qu’une exécution irréprochable : qualité démontrée, traçabilité, stabilité d’approvisionnement, capacité d’installation, maintenance rapide et formation des équipes biomédicales et soignantes.
Les catégories les plus demandeuses en expertise sont l’IVD, l’imagerie, les équipements actifs, le monitoring, la chirurgie mini-invasive, la rééducation et les solutions liées au vieillissement.
Les opérateurs valorisent les solutions qui réduisent les temps d’arrêt, fiabilisent l’usage, améliorent la productivité clinique et sécurisent les pratiques.
Les échanges terrain soulignent aussi un intérêt croissant des industriels thaïlandais pour la montée d’OEM vers des offres propres plus différenciées, avec davantage de R&D, de conformité internationale et de digitalisation.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La réglementation environnementale applicable aux dispositifs médicaux reste fragmentée entre droit des déchets, règles hospitalières, substances contrôlées, emballages et, pour certains équipements, textes relatifs aux appareils électriques et électroniques. Il n’existe pas à ce stade de régime sectoriel unique couvrant l’ensemble des dispositifs médicaux en fin de vie. Les attentes opérationnelles portent surtout sur la gestion des déchets infectieux ou dangereux, la conformité matière, la documentation de fin de vie lorsqu’elle existe, ainsi que les procédures de collecte, reprise ou destruction via des opérateurs autorisés. L’un des chantiers du Royaume est de transitionner vers une économie circulaire (BCG Economy), le secteur de la santé y étant intégré.
Labels et certifications
La mise sur le marché repose sur un enregistrement Thai FDA porté par une entreprise locale. Le système suit une classification à quatre niveaux de risque avec trois voies d’accès : listing, notification ou licence. Certains dispositifs électriques ou électroniques peuvent aussi devoir répondre aux normes industrielles TISI selon leur nature. Au-delà du certificat, la crédibilité commerciale dépend de la robustesse documentaire, de la vigilance post-commercialisation, du support technique local et de la capacité du partenaire à gérer distribution et traçabilité.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Un partenaire thaïlandais est indispensable pour enregistrer les produits, porter la relation avec la Thai FDA, gérer le dédouanement, organiser la distribution et assurer le SAV.
Trois canaux dominent : les distributeurs/importateurs multisectoriels déjà présents en santé, la vente directe aux hôpitaux et cliniques publics ou privés via des importateurs spécialisés, et, pour certaines lignes, une logique de base exportatrice depuis la Thaïlande.
Le partenaire idéal couvre Bangkok mais aussi les grands pôles provinciaux, maîtrise les appels d’offres, dispose d’une équipe technique et peut former les utilisateurs.
En 2026, proximité commerciale, disponibilité produit et réactivité après-vente comptent autant que le prix facial.
La réglementation spécifique
Tout dispositif médical est soumis au Medical Device Act (No. 2) BE 2562 (2019).
Toute mise sur le marché commercial suppose une licence d’établissement d’importation ou de fabrication auprès de la Thai FDA. Le produit doit ensuite être classé selon quatre classes de risque alignées sur l’ASEAN Medical Device Directive. La classe 1 relève du listing, les classes 2 et 3 de la notification et la classe 4 d’une licence. Les importateurs étrangers doivent passer par un titulaire local. Depuis 2025, les flux import-export de produits de santé sont davantage intégrés au Thailand National Single Window avec rattachement électronique par facture, ce qui renforce l’importance du bon code produit, de la cohérence documentaire et de la préparation douanière.
Niveau de taxation
• TVA : 7%
• Matériel à usage unique (3005.1) : 10 %
• Appareils médicaux - Electrocardiographie, machines à ultra-sons, appareils dentaires génériques (9018) : 0 %
• Articles et appareils d’orthopédie (9021) : 0 %
• Appareils de mécanothérapie, d’oxygénothérapie, appareils respiratoires de réanimation et autres appareils respiratoires (901920) : 0 %
• Mobilier pour la médicine (9402) : 0 %
• Autres appareils respiratoires et masques à gaz (9020) : 0 %
• Stérilisateurs médico-chirurgicaux ou de laboratoire (841920) : 0 %
• Verres de lunettes de correction de la vue : 3 % Kits de test (3006.2) : 10 % et aucune taxation pour les kits de test pour la COVID-19.
Source : Business France (12/07/2026)