Les fondamentaux
La Chine est le 2ème marché pharmaceutique au monde depuis 2015 après les Etats-Unis ; en 2024, la taille du marché est estimée être à 177 milliards EUR.
Le Bureau national des statistiques a publié le total de la population en Chine qui a diminué : il est de 1,408 milliard en 2024, contre 1,409 milliard en 2023.
En 2024, le nombre de naissance était 9,54 millions et le nombre de décès était de 10,93 millions. Ces chiffres étaient respectivement 9,02 millions et 11,1 millions en 2023.
En 2024 le ratio de dépendance des personnes âgées (mesure démographique indiquant le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus par rapport à 100 personnes en âge de travailler) est de 22,8. En 2023 il était estimé à 22,5, et en 2020 à 19,7.
Les investissements dans l’industrie de la santé sont en hausse, en 2024 le pays comptait 38 799 hôpitaux, soit une augmentation proche de 10 % par rapport à 2020.Le nombre de médecins pour 10 000 personnes augmente aussi, passant de 340 médecins diplômés en 2020 à 428 en 2024. Le nombre de lits dans les hôpitaux est passé de 713 en 2020 à 812 en 2024.
Cependant, les niveaux de qualité et d'accès aux soins présentent encore d'importantes disparités entre les provinces. 33 % de la population réside en zones rurales où les infrastructures de santé sont sous-financées. Mais la couverture médicale universelle couvre désormais plus de 95 % de la population.
Opportunités pour l'offre française
Depuis septembre 2024, les entreprises étrangères en Chine peuvent désormais faire de la recherche sur les cellules souches et la génomique et commercialiser leurs produits à l'échelle nationale. Toutefois, les autorités chinoises sont d’autant plus proactives dans le soutien à l’implantation d’entreprises étrangères en Chine que celles-ci forment une co-entreprise avec un partenaire local : une JV permet en effet d’accéder plus facilement aux dispositifs locaux de soutien, et d’obtenir plus rapidement des autorisations administratives (cas de la startup française Genoway). Plus généralement, les autorités chinoises déploient d’importants moyens pour faciliter l’implantation d’entreprises étrangères capables de produire des traitements innovants (prise en charge de la moitié de l’investissement d’1 Md€ de Sanofi dans une nouvelle usine d’insuline à Pékin).
Source : Service économique et régional de l'Ambassade de France en Chine, Business France (23/06/2025)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
La Chine est le premier foyer mondial pour de nombreuses maladies chroniques. Des besoins thérapeutiques sont significatifs en oncologie, diabète, maladies cardio-vasculaires, immunothérapies mais aussi en ophtalmologie et dentaire.
Grâce à de bons financements (publics / privés) et d’une réglementation les soutenant, des sociétés innovantes émergent et des premiers exemples de licensing-out de la part d’acteurs chinois apparaissent. Néanmoins, dans l’ensemble, malgré une hausse importante des investissements en R&D et notamment sur les biotechnologies, les entreprises pharmaceutiques chinoises restent encore peu innovantes. L’essentiel des laboratoires chinois se focalisent surtout sur la production de génériques.
De fait, dans un souhait de diversification mais aussi d’investissement, les grands groupes locaux et les investisseurs sont en recherche de thérapies innovantes pour le marché local.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Depuis 2015, les autorités chinoises ont profondément réformé la réglementation encadrant l’homologation des médicaments afin d’encourager l’accès des patients chinois à la meilleure innovation médicale, notamment étrangère. Les temps de réponse du régulateur ont été réduits et une acceptation plus large des données cliniques issues d’essais menés à l'étranger a été mise en place.
Entrée à l’ICH en 2017, la Chine s’est alignée sur les pratiques internationales, notamment en termes de contrôle-qualité et de pharmacovigilance.
L’homologation des médicaments par la NMPA avec conduite d’essais cliniques en Chine reste toutefois obligatoire avant toute mise sur le marché. Le nombre d’essais cliniques menés en Chine est en forte augmentation ces dernières années.
Les données cliniques en Chine font l’objet d’une réglementation spécifique et ne peuvent légalement pas être stockées et traitées en dehors du territoire.
Labels et certifications
Globalement, aucune reconnaissance et équivalence réglementaire n’existe entre les marchés occidentaux et chinois.
Les volets réglementaires et des accès aux marchés sont des aspects majeurs de toute démarche de développement commercial en Chine, où la relation avec les autorités locales – administratives et sanitaires – est essentielle.
Les normes ISO, COS (EU) sont toutefois demandées par certains acteurs pharmaceutiques locaux.
La Chine dispose de ses propres GMP, GSP, désormais inclues dans le système du Marketing Authorisation Holder (MAH) depuis 2019.
Source : Fitch Solutions,CMS Law, Business France en Chine. (08/07/2024)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour des produits en phase d’essais cliniques ou pré-réglementaire : cibler des grands groupes pharmaceutiques ayant récemment acheté des licences sur des thérapies en cours de développement à l’étranger, des investisseurs spécialisés dans les sciences de la vie.
Pour les produits avec AMM, privilégier un réseau de distributeurs répartis sur les provinces. La distribution des médicaments est régionalisée et fragmentée, avec plus de 200 grands grossistes dont les grandes sociétés pharmaceutiques, auxquels s’ajoutent des milliers de distributeurs régionaux.
Les hôpitaux représentent 2/3 des ventes de médicaments, en particulier ceux non remboursés et sur ordonnance.
La réglementation spécifique
La protection de la propriété intellectuelle demeure un enjeu majeur. La transmission de plus en plus de données est demandée par les autorités chinoises. Il est important de bien se faire accompagner localement par des experts sur ces sujets (avocats, cabinet réglementaire, mais aussi INPI).
Les conditions d’accès au marché, bien que clarifiées depuis de la refonte du régulateur des médicaments, demeurent toujours complexes. Les contraintes réglementaires pesant sur les sociétés pharmaceutiques étrangères sont de plus en plus nombreuses, face notamment à une industrie locale soutenue par les autorités. La mise en place des grands appels d’offres publics dans le cadre d’une politique dite du VBP fait également peser des contraintes financières majeures sur les sociétés souhaitant se positionner.
Niveau de taxation
À l’import, les taxes sur les médicaments et vaccins (codes douaniers 3000 à 3004) varient entre 0 et 5 %, avec l’essentiel des produits exempté de droit de douane. La TVA est de 13 %, ou nulle pour certaines catégories.
Des déductions fiscales sont mises en place par les autorités pour réduire le coût des traitements, notamment contre les cancers, souvent à l’échelle régionale.
Source : Douanes chinoises, Business France en Chine. (23/06/2025)