Les fondamentaux
Le marché du retail aux Emirats arabes unis (EAU) affiche une dynamique de croissance solide, porté par une hausse continue de la consommation intérieure (+13 % en 2023). En 2025, il a atteint une valeur d’environ 152,7 Mds USD, et les projections tablent sur plus de 230 Mds USD à l’horizon 2033-2034, soit une croissance annuelle moyenne d’environ +5 % sur la décennie. Le boom du commerce en ligne se poursuit également : la part du e-commerce a plus que doublé en quelques années, représentant environ 12 % des ventes de détail en 2023 (contre 5 % en 2019). Près de 70 % de ces transactions en ligne sont réalisées sur smartphone, reflétant la forte pénétration numérique dans le pays. Le secteur se transforme en profondeur avec l’essor du modèle omnicanal : les acteurs locaux et internationaux adoptent massivement la digitalisation du parcours client (solutions « click and collect », paiement sans contact, applications mobiles), tout en continuant d’investir dans l’expérience en magasin. Les grands centres commerciaux se réinventent en véritables destinations de divertissement, intégrant des technologies immersives et des services haut de gamme pour séduire des consommateurs exigeants et connectés. Les perspectives de croissance restent robustes, soutenues par une population jeune et aisée, un afflux touristique international important et des investissements étrangers réguliers favorisés par un environnement des affaires très attractif.
Taille et croissance du marché du retail aux Émirats arabes unis
Le marché émirien de la distribution est non seulement de grande envergure, mais il poursuit une croissance soutenue. Les indicateurs ci-dessous illustrent la taille actuelle du marché et ses perspectives d’évolution à moyen terme.
152,7 Mds USD
Marché du retail (2025)
237,7 Mds USD
Marché du retail (prévision 2034)
4,9 %
Croissance annuelle moyenne (2026-2034)
Opportunités pour l'offre française
Le marché émirien de la Retailtech offre de nombreux débouchés pour les entreprises françaises capables d’apporter des solutions innovantes. La digitalisation du commerce est une priorité pour les acteurs locaux, qui recherchent notamment des outils d’IA (personnalisation de l’expérience client, analyse prédictive des ventes, optimisation de la gestion omnicanale) et des solutions omnicanales intégrant magasins physiques et e-commerce. Les enseignes et centres commerciaux sont également en quête de technologies renforçant l’expérience client (réalité augmentée en magasin, bornes interactives, solutions de paiement innovantes type buy now pay later). Par ailleurs, la sécurité des transactions et la cybersécurité liées au retail en ligne sont des domaines en croissance, où l’expertise française peut trouver sa place. Dans un marché avide de produits IoT grand public (objets connectés améliorant l’expérience d’achat ou la gestion des stocks), l’offre française spécialisée dans l’électronique grand public ou les capteurs intelligents a également des opportunités à saisir.
Source : 70 % of UAE consumers use AI for shopping: Adyen, UAE (31/05/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le Moyen-Orient présente une adoption exceptionnelle de la Réalité Augmentée (RA), avec 40 % des distributeurs interrogés utilisant cette technologie pour aider les clients ou les employés à visualiser les produits dans l’espace, contre 31 % au niveau mondial. Par ailleurs, 36 % des distributeurs du Moyen-Orient utilisent des technologies de vision par machine et par caméra (CV) et 30 % utilisent la reconnaissance optique de caractères (OCR). L’OCR peut accélérer considérablement les processus du retail lors du réapprovisionnement des rayons ou de l’identification des erreurs d’étiquetage des prix en lisant rapidement les étiquettes et les informations produits, tandis que la vision par ordinateur peut contribuer à atténuer le problème croissant des pertes en magasin.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les autorités des EAU ont initié ces dernières années plusieurs mesures pour verdir le secteur du commerce et de la distribution. À Dubaï, depuis le 1er janvier 2024, une interdiction progressive des produits plastiques à usage unique est en vigueur : les sacs de caisse jetables sont désormais bannis, après une phase de taxation symbolique (25 fils par sac).
Par ailleurs, un cadre réglementaire « Green Building » impose aux nouvelles constructions (notamment les malls) des normes d’efficience énergétique et hydrique, dans le cadre de la stratégie « Green Economy for Sustainable Development » du pays. Les autorités encouragent aussi les enseignes à des actions volontaires, par exemple via des programmes de recyclage (collecte des déchets sur les sites commerciaux) ou de réduction du gaspillage alimentaire.
Labels et certifications
Les malls récents visent souvent la certification LEED qui valorise l’éco-conception (gestion énergétique, recyclage de l’eau, matériaux durables). L’émirat d’Abu Dhabi a développé son propre référentiel, le label Estidama (« permanence » en arabe), qui s’appuie sur un système de notation en perles pour garantir la durabilité des nouveaux projets immobiliers. De plus, les distributeurs adoptent de plus en plus des systèmes de management certifiés ISO 14001 et ISO 45001 pour structurer leurs démarches RSE. Dans le secteur alimentaire, les labels Halal et les certifications HACCP sont indispensables et largement présents dans la distribution.
Source : https://fastcompanyme.com/news/major-retail-players-in-the-uae-form-a-new-alliance-for-sustainability-in-retail (15/04/2025)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour s’implanter dans le domaine de la Retailtech aux EAU, il est recommandé de s’appuyer sur des partenaires locaux solides. Que ce soit pour distribuer un produit ou déployer une solution logicielle, un agent commercial ou importateur local connaissant bien le secteur est souvent indispensable. Du côté commercial, il est utile de participer aux grands salons professionnels et rencontres du secteur : Seamless Middle East (fintech & retail digital), la Middle East Retail Forum ou encore le salon tech global GITEX à Dubaï. En somme, l’approche marché doit combiner une présence terrain (via un bureau ou un relai local) et une participation active aux événements professionnels, pour gagner en visibilité et établir la confiance nécessaire dans ce marché où les relations de long terme priment.
La réglementation spécifique
Le cadre réglementaire des EAU pour le secteur Retailtech est relativement ouvert et favorable aux échanges. Il n’existe pas de barrières douanières majeures : le tarif d’importation standard est de 5 % sur la plupart des produits. Exemple : les appareils électroniques et systèmes d’encaissement doivent obtenir la conformité ESMA/MOIAT (équivalent de la certification CE) avant d’être commercialisés sur le marché émirien. De plus, tous les produits de consommation doivent généralement afficher un étiquetage bilingue en arabe et anglais, pour respecter la réglementation locale sur l’information aux consommateurs. Sur le plan du commerce en ligne, le gouvernement a mis en place une loi sur le commerce électronique garantissant la protection des consommateurs et renforçant la sécurité des paiements en ligne.
Niveau de taxation
Le régime fiscal des EAU demeure l’un des plus attractifs au monde pour les entreprises et les consommateurs. Il n’existe aucun impôt sur le revenu : ni les particuliers ni les entreprises ne sont soumis à l’impôt sur les bénéfices (traditionnellement à 0 %). Ce paradigme a légèrement évolué récemment avec l’introduction, depuis juin 2023, d’un impôt fédéral sur les sociétés de 9 % pour les bénéfices annuels dépassant 375 000 AED (~95 000 EUR). Les entreprises implantées dans les zones franches continuent toutefois de bénéficier d’une exonération fiscale complète, sous réserve de ne pas exercer d’activité commerciale sur le marché domestique émirien. Par ailleurs, depuis janvier 2018, une TVA de 5 % s’applique sur la plupart des biens et services vendus aux EAU, y compris les produits de consommation courante (les produits alimentaires de base, la santé et l’éducation en sont exemptés).
Source : https://u.ae/fr-FR/information-and-services/finance-and-investment/taxation#corporatetax (31/05/2023)