Les fondamentaux
Le marché électrique de Grande-Bretagne est libéralisé pour la production et la fourniture, tandis que le transport et la distribution sont des monopoles régulés par Ofgem. Le National Energy System Operator, NESO, assure l’équilibre du système et sa planification stratégique. Les gestionnaires de réseaux exploitent près de 500 000 miles, soit environ 805 000 km, de lignes et câbles électriques.
Le réseau, historiquement conçu pour acheminer l’électricité de grandes centrales vers les consommateurs, doit désormais intégrer des flux plus décentralisés et variables : éolien, solaire, batteries, véhicules électriques et production locale. Les smart grids associent comptage communicant, capteurs, automatismes, logiciels, données et ressources flexibles pour piloter ces flux en temps réel.
En 2025, le marché de l’électricité voit ses revenus progresser depuis 2024 dans tous les domaines :
• Marché de la production électrique : 47,6 Mds GBP (+ 5%)
• Marché du transport électrique : 7,7 Mds GBP (+8,4%)
• Marché de la distribution électrique : 8,9 Mds GBP (+20,3%)
• Marché de la vente de l’électricité : 51,2 Mds GBP (+18,5%)
Les technologies smart grids permettent de répondre aux enjeux d’efficacité énergétique et donc de réduction de la facture énergétique des foyers. Les smart grids concernent principalement le réseau de distribution électrique puisque les pertes énergétiques, et donc la marge d’amélioration, y sont proportionnellement plus importantes.
Opportunités pour l'offre française
Les besoins les plus importants concernent le renforcement et la numérisation des réseaux : câbles haute tension, équipements HVDC, sous-stations numériques, transformateurs, protections, capteurs, surveillance des actifs et automatisation.
La flexibilité constitue un second marché prioritaire : batteries, agrégation, effacement, tarification dynamique, recharge intelligente, vehicle-to-grid, pompes à chaleur pilotables et microgrids. NESO estime que les marchés, processus, infrastructures numériques et mécanismes de valorisation doivent évoluer pour exploiter pleinement la flexibilité des consommateurs et des entreprises.
Le comptage intelligent ouvre des débouchés dans l’interopérabilité, l’analyse des données, les communications, la maintenance et la cybersécurité. S’ajoutent la gestion des congestions, les solutions grid-forming, les jumeaux numériques et l’optimisation des raccordements.
Source : NESO - National Energy System Operator
Ofgem (régulateur de l'énergie - équivalent à la CRE) (09/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Le développement des solutions smart grids est un des leviers principaux utilisés par le Royaume-Uni pour optimiser la production électrique et limiter les dépenses énergétiques des industries et des foyers. Innovations et expertises sont donc attendues du côté du secteur des Technologies de l’Information et des Communications (TIC).
Les opérateurs recherchent des technologies permettant d’accroître la capacité et la résilience du réseau sans dépendre uniquement de nouvelles infrastructures : dynamic line rating, automatismes, capteurs distribués, intelligence artificielle, maintenance prédictive et jumeaux numériques.
Pour les solutions côté consommateur, les expertises attendues portent sur l’agrégation d’actifs, l’optimisation de la recharge électrique, les tarifs dynamiques et l’automatisation de la demande.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Trois interlocuteurs réglementaires à connaître : la DCC, qui certifie et connecte tout compteur SMETS2 au réseau de données national ; NESO (Energy Act 2023, opérationnel depuis octobre 2024), désormais planificateur intégré électricité-gaz-hydrogène et pilote de la réforme de raccordement ; Ofgem, qui fixe le price cap trimestriel et régule les DNOs via le cadre RIIO.
L’Energy Act 2013 fonde l’Electricity Market Reform. Les Contracts for Difference soutiennent l’investissement dans la production bas carbone, tandis que le Capacity Market vise à garantir une capacité suffisante lors des pointes de consommation.
La distribution est régulée par RIIO-ED2 du 1er avril 2023 au 31 mars 2028. Ofgem fixe les revenus autorisés et les résultats attendus des quatorze opérateurs, notamment en matière de fiabilité, raccordement, environnement, satisfaction et innovation.
Source : Ofgem (régulateur de l'énergie - équivalent à la CRE)
NESO - National Energy System Operator
(09/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’entrée sur le marché doit partir d’un problème clairement identifié et d’un gain mesurable : capacité supplémentaire, baisse des pertes, réduction des contraintes, amélioration de la disponibilité ou diminution des coûts d’intervention.
Il est important pour les entreprises souhaitant se développer sur le marché britannique d’avoir un représentant (distributeur ou commercial) sur place afin de développer un réseau de clients et de prospects.
Il est très important également de pouvoir rendre compte de projets « références », si possible au Royaume-Uni. Il est en outre conseillé de participer à des évènements collectifs (networking, conférences, salons professionnels), afin d’accroître sa visibilité auprès des principaux décideurs britanniques et de se créer un carnet d’adresses.
La réglementation spécifique
La Réforme du Marché de l'Électricité (Energy Act 2013) reste le socle du secteur, avec 4 mécanismes à connaître.
- Capacity Market : mécanisme particulier de capacité dont les prix ont largement baissés en 2026 sous l'effet d'une offre excédentaire. Marché très concurrentiel.
- CfD : mécanisme central pour toute offre EnR (équivalent au AO CRE).
- Carbon Price Support, gelé à 18 GBP/tCO2 depuis 2013, sera aboli en avril 2028 ; les producteurs restent soumis à l'UK ETS (45-55 GBP/tCO2).
- Emissions Performance Standard : limite les nouvelles centrales fossiles à 450 g CO2/kWh jusqu'en 2044. Opportunité pour les technologies CCS/CCUS françaises.
Niveau de taxation
La TVA est de 20 % pour la grande majorité des produits et services.
L’impôt sur les sociétés est au Royaume-Uni de 19 % pour les bénéfices inférieurs à 50 000 GBP, et jusque 25% au-delà de 250 000 GBP.
Depuis le Brexit et selon l’accord de coopération et de commerce qui lie désormais le Royaume-Uni à l’Union européenne, des droits de douane peuvent désormais s’appliquer aux exportations depuis la France, en fonction des règles d’origine.
Source : Ofgem (régulateur de l'énergie - équivalent à la CRE) (09/08/2026)