Les fondamentaux
L’Espagne est le 3e producteur mondial de vin, derrière l’Italie et la France. Grâce à de meilleures conditions climatiques, la production de vin pour la campagne 2024/2025 est estimée à 36,8 millions d’hectolitres, en hausse d’environ 15 % par rapport à 2023/2024. À titre de comparaison, la campagne précédente n’avait donné que ~32 Mhl (–21 %), la sécheresse ayant durement impacté les rendements.
L’Espagne se distingue par l’essor de la viticulture biologique, avec plus de 165 000 hectares de vignoble certifié bio (soit près de 18 % de la superficie totale des vignes du pays). Ce chiffre place l’Espagne au 1er rang mondial en termes de vignobles biologiques. La structure foncière est très morcelée : on recense 536 359 exploitations viticoles dans le pays, pour une superficie moyenne de seulement 1,73 hectare par exploitation. La communauté autonome qui compte le plus grand nombre d’exploitations est la Galice (environ 40 % du total national, avec une majorité de très petites exploitations de moins de 0,5 ha). Elle est suivie par la Castille-et-León (14 %), la Castille-La Manche (14 %) et l’Aragon (10 %).
L’Espagne est par ailleurs le 2e exportateur mondial de vin en volume et le 3e en valeur, avec un peu plus de 2 milliards de litres expédiés pour une valeur avoisinant 2,9 Mds EUR à l’exportation chaque année.
Opportunités pour l'offre française
La vitiviniculture espagnole offre plusieurs opportunités à l’offre française. La robotisation et l’automatisation progressent, avec l’adoption croissante de tracteurs autonomes, robots de taille ou d’effeuillage et drones. Face au manque de main-d’œuvre, ces solutions séduisent les producteurs et ouvrent la voie au savoir-faire français en ingénierie agricole. La digitalisation et la viticulture de précision s’accélèrent, bien que seuls 25 % des viticulteurs utilisent aujourd’hui des outils numériques (GPS, capteurs, plateformes de gestion). Le gouvernement soutient cette transition via des subventions, créant un marché porteur pour les solutions françaises en IoT, imagerie satellite et logiciels de gestion. Enfin, les solutions éco-responsables (capteurs pour stress hydrique, détection de maladies, pulvérisation à dose variable, robots polyvalents) répondent à la demande croissante d’optimisation des intrants et de réduction de l’empreinte environnementale.
Source : COFACE, INE, GTA, Ministère espagnol de l’Agriculture, EFE Agro, Cooperativas Agro-alimentarias, Fédération Espagnole du Vin (FEV), Interprofesional del Vino de España (06/08/2025)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les enjeux de soutenabilité étant de plus en plus prégnants dans la filière vin en Espagne, les producteurs sont en attente d’innovations permettant de concilier performance économique et responsabilité environnementale. Les domaines où une expertise étrangère – notamment française – est particulièrement attendue sont par exemple : l’optimisation de la gestion de l’eau (irrigation de précision, recyclage des eaux usées vinicoles) pour faire face au stress hydrique croissant ; les solutions de réduction des intrants chimiques (systèmes de pulvérisation intelligents, robots désherbeurs) afin de diminuer l’usage de pesticides et d’herbicides ; l’adaptation au changement climatique via la sélection de cépages plus résistants, la gestion des sols (couvertures végétales) ou l’amélioration de l’efficacité énergétique des chais (équipements de vinification moins énergivores, recours aux énergies renouvelables).
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
La réglementation environnementale du secteur vitivinicole espagnol est principalement définie par l’UE dans le cadre du Green Deal et de la stratégie « Farm to Fork », qui fixe pour 2030 la réduction de 50 % des phytosanitaires, 20 % des engrais chimiques et 25 % de surfaces agricoles en bio. La PAC 2023-2027 introduit des éco-régimes et aides pour réduire l’empreinte carbone, préserver la biodiversité et optimiser la gestion de l’eau et des sols.
L’Espagne applique ces objectifs via des plans stratégiques et la généralisation de la production intégrée, encadrant l’usage des intrants. Face à la sécheresse, des restrictions d’irrigation et des investissements hydrauliques (goutte-à-goutte, bassins de retenue) sont encouragés. Le secteur est également soumis au contrôle européen des résidus de pesticides pour garantir la sécurité sanitaire des vins.
Labels et certifications
Le marché espagnol valorise de plus en plus les certifications environnementales et sociales dans le vin. L’Espagne est leader européen en viticulture bio grâce au label Agriculture Biologique (Eurofeuille). La FEV et l’OIVE ont créé le référentiel Sustainable Wineries for Climate Protection (SWfCP), centré sur la réduction du CO₂, la gestion durable de l’eau, des déchets et l’efficience énergétique. Ce label, principal sceau de durabilité du secteur, est adopté par de nombreuses bodegas. D’autres initiatives existent, comme ISO 14001, ISO 50001, le prix « Viñasostenible » ou le label régional Viñedo Sostenible.
Source : COFACE, INE, Ministère espagnol de l’Agriculture, EFE Agro, Fédération Espagnole du Vin (FEV), Interprofesional del Vino de España (OIVE), Commission européenne
(06/08/2025)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Approcher les distributeurs et importateurs d’équipements vitivinicoles (rendez-vous B2B, visites) ainsi que les importateurs d’équipements agro-industriels, en recherche constante de nouvelles gammes.
Cibler les fabricants locaux pour proposer des pièces, composants ou sous-ensembles complémentaires, ouvrant la voie à des accords de distribution exclusive ou partenariats industriels.
Participer aux salons clés, notamment le Salon ENOMAQ (prochaine édition en 2027), ainsi qu’aux foires régionales, journées techniques et congrès pour accroître visibilité et contacts.
Collaborer avec les associations professionnelles (ANSEMAT) et interprofessionnelles du vin (FEV, OIVE), ainsi qu’avec les coopératives viticoles régionales, pour identifier les besoins et se faire référencer.
La réglementation spécifique
La réglementation applicable en Espagne dans le domaine vitivinicole est avant tout celle de l’Union européenne. À ce titre, les normes techniques, les homologations machines, les standards sanitaires et phytosanitaires, ainsi que les exigences en matière de mise sur le marché des équipements agricoles sont alignés sur les directives et règlements communautaires.
Il n’existe pas de barrière réglementaire additionnelle propre à l’Espagne au-delà des obligations européennes, si ce n’est la nécessité de documentation en langue espagnole (notices techniques, mentions légales)
Un matériel conforme aux réglementations UE pourra être commercialisé en Espagne sans exigences supplémentaires, hormis les formalités administratives usuelles (enregistrement fiscal de l’entité importatrice, etc.).
Niveau de taxation
TVA au taux normal de 21 % : c’est le taux par défaut qui s’applique à la vente de marchandises et aux prestations de services en Espagne, y compris pour la majorité des équipements vitivinicoles importés. Les entreprises françaises exportatrices doivent en tenir compte dans leur calcul de prix TTC sur le marché espagnol.
TVA au taux réduit de 10 % : un taux de TVA réduit s’applique à certaines prestations spécifiques effectuées pour le compte d’exploitants agricoles ou forestiers. Sont concernées, entre autres, les prestations de services agricoles telles que les travaux de plantation, semis, fertilisation, traitement phytosanitaire, culture et récolte réalisés sous contrat pour des agriculteurs. Ce taux réduit vise à alléger les charges fiscales pesant sur les travaux agricoles essentiels.
Source : COFACE, INE, GTAS – S&P Global, Ministère espagnol de l’Agriculture, EFE Agro, Fédération Espagnole du Vin (FEV), Interprofesional del Vino de España (06/08/2025)