Les fondamentaux
La Roumanie représente l’un des principaux marchés agricoles de l’Union européenne, avec une surface agricole utile de 12,7 millions d’hectares, dont 8,2 millions d’hectares de terres arables. Les productions végétales occupent près de 64 % de la SAU et représentent environ 60 % de la valeur de la production agricole nationale.
L’agriculture roumaine est dominée par les grandes cultures. Le maïs, le blé et le tournesol représentent près de 70 % des surfaces cultivées, faisant de la Roumanie l’un des principaux producteurs agricoles de l’Union européenne et un acteur majeur sur les marchés des céréales et des oléagineux.
Le secteur présente une forte dualité : près de 2,9 millions d’exploitations agricoles, dont environ 90 % ont moins de 5 hectares, coexistent avec quelque 25 000 grandes exploitations qui concentrent plus de la moitié des terres agricoles. Ces dernières constituent la clientèle prioritaire pour les semences, intrants, solutions d’irrigation, technologies d’agriculture de précision et équipements mécanisés.
Malgré son fort potentiel, l’agriculture roumaine reste vulnérable à la sécheresse et à l’irrégularité des précipitations. La PAC 2023-2027, dotée d’environ 15,6 à 15,8 Mds EUR, soutient la modernisation, la compétitivité et la transition environnementale du secteur.
Poids des productions végétales en Roumanie
Indicateurs structurels de l’agriculture roumaine en 2025
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités pour l’offre française sont portées par la modernisation de l’agriculture roumaine, l’adaptation au changement climatique et le développement de l’agriculture de précision. Les besoins sont particulièrement importants dans les domaines des semences performantes, de l’irrigation, de la gestion de l’eau, des biostimulants et des technologies permettant d’optimiser l’utilisation des intrants.
Les grandes exploitations agricoles, qui concentrent une part importante des surfaces cultivées, constituent les principaux débouchés pour les équipements agricoles, les solutions de précision, le stockage, le séchage et les technologies destinées à améliorer les rendements et la résilience des cultures.
Les financements de la PAC 2023-2027, dotés d’environ 15,6 à 15,8 Mds EUR, soutiennent la modernisation des exploitations et favorisent l’adoption de solutions innovantes.
Les segments concernant l’agriculture régénératrice, à la préservation des sols, à la digitalisation et à l’amélioration de la performance agronomique, ont également un important potentiel de développement.
Source : Commission européenne, Business France Roumanie (30/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les attentes portent notamment sur les variétés résistantes au stress hydrique, les systèmes d’irrigation performants, les outils de suivi des cultures et les technologies optimisant l’utilisation des intrants.
Les exploitations les plus avancées s’équipent progressivement de solutions d’agriculture de précision : guidage GPS, télédétection, capteurs, outils numériques d’aide à la décision et applications à dose variable. L’intérêt progresse également pour les biostimulants, les solutions de biocontrôle et les pratiques favorisant la préservation des sols.
L’adoption de ces innovations repose toutefois sur leur simplicité d’utilisation, leur intégration avec les équipements existants, la qualité de l’accompagnement technique et la démonstration de bénéfices agronomiques et économiques dans les conditions du marché roumain.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les exploitants bénéficiant des aides de la PAC doivent respecter les exigences de conditionnalité ainsi que les bonnes conditions agricoles et environnementales relatives à la protection de l’eau, des sols, de la biodiversité et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Les apports d’azote sont encadrés par la directive Nitrates, tandis que les produits phytopharmaceutiques doivent être autorisés conformément à la réglementation européenne et aux procédures nationales applicables.
Les fertilisants commercialisés dans l’Union européenne relèvent du règlement UE 2019/1009, qui fixe des exigences en matière de sécurité, de qualité, de traçabilité et d’étiquetage. Dans ce contexte, les investissements agricoles s’orientent de plus en plus vers les technologies favorisant les économies d’eau, la réduction des intrants, la préservation des sols et l’adaptation au changement climatique.
Labels et certifications
Les fertilisants commercialisés dans l’UE doivent être conformes au règlement UE 2019/1009 et porter le marquage CE. Les semences sont soumises aux règles européennes de certification, de traçabilité et d’étiquetage. Les équipements concernés doivent également disposer du marquage CE et d’une déclaration de conformité. En agriculture biologique, les intrants doivent respecter le règlement UE 2018/848. Enfin, la certification Global G.A.P. constitue un atout pour les exploitations fournissant la grande distribution et les chaînes agroalimentaires internationales.
Source : EUR-Lex, Commission européenne
(30/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’accès au marché repose généralement sur des distributeurs d’intrants, concessionnaires de machinisme ou intégrateurs de solutions agricoles disposant d’une couverture régionale ou nationale, d’une expertise agronomique et d’un service après-vente performant. Pour les grandes exploitations, une approche directe peut être envisagée, en s’appuyant sur un relais local capable d’assurer l’installation, la maintenance et le support technique. Cibler en priorité les grandes régions céréalières du sud, du sud-est et de l’ouest du pays, en s’appuyant sur des démonstrations terrain et des essais en conditions réelles. Les coopératives, associations professionnelles et exploitations pilotes jouent un rôle important. Le salon INDAGRA, à Bucarest, est le principal rendez-vous du secteur agricole roumain.
La réglementation spécifique
Les produits en provenance de France circulent librement au sein du marché unique européen, sans droits de douane ni formalités d’importation spécifiques. Les produits phytopharmaceutiques doivent toutefois être autorisés à la commercialisation en Roumanie et disposer d’un étiquetage en langue roumaine. Les fertilisants conformes au règlement UE 2019/1009 peuvent être commercialisés avec le marquage CE et la documentation réglementaire requise. Les semences doivent répondre aux exigences européennes en matière de certification, de qualité et de traçabilité. Enfin, les équipements agricoles doivent être conformes aux normes européennes de sécurité, porter le marquage CE et être accompagnés d’une déclaration de conformité et d’une notice d’utilisation en roumain.
Niveau de taxation
Les échanges de biens entre la France et la Roumanie s’effectuent librement dans le cadre du marché unique européen, sans droits de douane. Jusqu’au 31 juillet 2025, la Roumanie appliquait un taux normal de TVA de 19 % et un taux réduit de 9 % à de nombreux intrants agricoles. Depuis le 1er août 2025, le taux normal est porté à 21 %, tandis qu’un taux réduit unique de 11 % s’applique notamment aux engrais, produits phytopharmaceutiques, semences, matériels de plantation, services agricoles éligibles, ainsi qu’à certains services pour l’eau et l’irrigation.
Les machines et équipements agricoles non couverts par ce régime relèvent du taux normal de 21 %. Le traitement de la TVA sur les opérations intracommunautaires dépend toutefois du statut fiscal de l’acheteur et de la validité de son numéro de TVA intracommunautaire.
Source : Portail législatif roumain, EUR-Lex
(30/07/2026)