Les fondamentaux
La filière suisse des fruits et légumes combine production nationale protégée, forte dépendance saisonnière aux importations, et préférence marquée pour l’origine suisse lorsque l’offre locale est disponible.
En 2024, la Suisse a mis sur le marché 352 171 tonnes de légumes frais suisses, hors légumes destinés à la transformation, soit un niveau inférieur à la moyenne récente en raison d’une météo humide et fraîche. La surface de légumes frais a atteint un record de 14 522 ha, côté fruits, 127 006 tonnes de fruits de table ont été récoltées en 2024, soit +21,7 % par rapport à 2023, mais encore -6,6 % par rapport à la moyenne des quatre années précédentes.
La surface totale des cultures fruitières s’élevait à 6 110 ha.
La consommation reste élevée mais les indicateurs varient selon la définition retenue. L’OFS/Agristat estime la consommation 2024 à 105 kg de fruits et 101 kg de légumes par personne pour les grands groupes de denrées alimentaires. L’OFAG mesure, pour les espèces de légumes frais cultivées en Suisse, une consommation moyenne de 67,5 kg par habitant en 2024, soit +1 kg sur un an mais -2,5 kg par rapport à la moyenne des quatre années précédentes ; pour les principaux fruits produits en Suisse, la consommation atteint 19,2 kg par habitant en 2024.
Importations suisses
Importation suisses de produits végétaux par pays d'origine
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités les plus crédibles se concentrent sur quatre axes. Premièrement, les fenêtres saisonnières et climatiques : les aléas météo suisses peuvent créer des besoins ponctuels d’importation ; en 2024, les rendements de légumes ont reculé sous l’effet de conditions humides et fraîches, ce qui a maintenu des importations élevées. Deuxièmement, les produits non ou peu cultivés en Suisse : agrumes, melons, fruits exotiques et autres produits hors PGI bénéficient d’un accès plus fluide sous réserve phytosanitaire. Troisièmement, la différenciation qualitative : bio, AOP/IGP, Label Rouge, variétés de niche, origine régionale et cahiers des charges environnementaux répondent à un marché où le bio atteint 12,3 % de part de marché alimentaire et où les fruits et légumes bio constituent le premier groupe de chiffre d’affaires bio. Quatrièmement, la convenience végétale : les acheteurs suisses recherchent des produits calibrés, prêts à consommer ou semi-préparés ; l’analyse interne identifie la quatrième gamme et les produits semi-préparés comme un angle encore insuffisamment couvert par l’offre française.
Source : SwissImpex, OFAG, Agristat, FAOSTAT, ITC Trade Map, (29/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L’innovation se concentre sur la transparence, la traçabilité et les systèmes de production. Bio Suisse a adopté une stratégie 2030, vise un Bourgeon fort et une part de marché bio de 15 %, et travaille à rendre visibles les performances climatiques des exploitations Bourgeon. Pour les produits importés, Bio Suisse a contrôlé plus de 13 000 transactions d’importation en 2025, avec des contrôles approfondis supplémentaires basés sur le risque.
Labels et certifications
Les labels clés sont Bio Suisse / Bourgeon, Suisse Garantie et IP-SUISSE. Bio Suisse/Bourgeon est incontournable pour le bio premium et repose sur un cahier des charges reconnu ; Suisse Garantie valorise l’origine suisse, la traçabilité, le non-OGM et les prestations écologiques requises ; IP-SUISSE identifie des produits plus durables distribués notamment chez Denner, Migros, Coop, Manor et Volg. Pour les produits importés en bio, les exigences suisses de l’ordonnance sur l’agriculture biologique doivent être vérifiées, l’exécution relevant de l’OFAG.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour l’exportateur français, l’accès le plus réaliste passe par des importateurs spécialisés, grossistes fruits & légumes, centrales d’achat ou partenaires disposant déjà d’un PGI et de parts de contingent, car l’attribution des contingents s’appuie notamment sur les importations passées ou des parts de marché déclarées.
La réglementation spécifique
Les droits de douane des fruits et légumes frais sont généralement spécifiques, exprimés en CHF par 100 kg brut, et varient selon le numéro tarifaire, la période et le statut contingent/hors contingent. Le guide SWISSCOFEL 2025 montre par exemple que les tomates peuvent être taxées à 5 CHF/100 kg au taux du contingent, mais jusqu’à 264 CHF/100 kg hors contingent selon la catégorie, tandis que certaines pommes de table peuvent passer d’un taux contingent de 2 à 5 CHF/100 kg à un taux hors contingent pouvant atteindre 153 CHF/100 kg.
Niveau de taxation
La TVA suisse applique un taux normal de 8,1 % et un taux réduit de 2,6 % sur les denrées alimentaires, les céréales, semences, plantes vivantes, fleurs coupées, engrais et préparations phytosanitaires, entre autres catégories.