Les fondamentaux
L’Espagne (près de 48 millions d’habitants) a retrouvé une forte croissance post-Covid, affichant 6,4 % en 2022 et une expansion encore robuste de 2,5 % en 2023, surpassant la moyenne de la zone euro sur ces deux années. En 2024, elle a enregistré 3,5 % de croissance, devenant l’économie avancée la plus dynamique au monde cette année-là. La demande intérieure vigoureuse, la reprise du tourisme (avec 85 millions de visiteurs étrangers en 2023, un record battu en 2024 avec 94 millions) et le déploiement accéléré des fonds européens de relance (plus de 72 Mds EUR reçus à l’été 2025) ont soutenu ce rebond. Le taux de chômage reste élevé (autour de 12 %), bien qu’en baisse par rapport aux années précédentes, et l’endettement public demeure important. Néanmoins, les fondamentaux économiques se solidifient : le PIB par habitant dépasse 33 000 USD, et la confiance des milieux d’affaires reste élevée (note A1 du climat des affaires attribuée par Coface). Les consommateurs espagnols sont très réceptifs aux innovations digitales et financières (forte adoption des paiements dématérialisés et du mobile banking), ce qui favorise l’essor de la Fintech locale.
Boom de l’écosystème Fintech espagnol
Le secteur Fintech en Espagne connaît une expansion rapide illustrée par la croissance du nombre de start-up et la dominance du segment des paiements.
294startups
Nombre de startups Fintech en Espagne
41 %
Croissance du nombre de Fintech en 15 mois
61start-up
Start-up spécialisées en paiements
Opportunités pour l'offre française
L’Espagne est un grand marché européen où la demande en solutions financières numériques est en pleine croissance, notamment sur les segments du paiement (adoption massive du sans contact et du paiement instantané), de la gestion financière d’entreprise (besoin d’outils digitaux pour la comptabilité et le crédit), ou du financement participatif (croissance rapide du crowdfunding local). Les entreprises françaises peuvent apporter leur savoir-faire, en particulier sur des niches encore peu concurrentielles en Espagne, telles que le Banking-as-a-Service ou les services de finance durable (ESG) où l’offre locale reste limitée. D’autre part, l’Espagne se positionne comme une passerelle vers l’Amérique latine : une implantation ibérique peut faciliter l’accès aux marchés hispanophones. Par ailleurs, les institutions et investisseurs espagnols manifestent un fort intérêt pour les partenariats internationaux et l’expertise étrangère, notamment sur des technologies comme l’IA financière, la cybersécurité ou la blockchain applicables aux services financiers.
Source : Journal du Net, Maddyness (25/06/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les acteurs locaux recherchent des solutions intégrant l’intelligence artificielle (pour l’automatisation de l’analyse crédit, la détection de la fraude en temps réel ou la relation client numérique). La blockchain et la tokenisation des actifs financiers suscitent également un fort intérêt, avec l’entrée en vigueur du cadre européen MiCA (réglementation des crypto-actifs) qui légitimise l’utilisation de jetons numériques représentatifs d’actifs financiers. L’Open Finance est un autre axe majeur : la directive PSD2 (2018) a favorisé l’ouverture des données bancaires via API, et la prochaine Directive PSD3 renforcera encore ce mouvement. Les fintechs espagnoles et leurs partenaires attendent donc des nouvelles solutions permettant une intégration fluide de ces services (paiement instantané, BaaS). Enfin, la cybersécurité et la protection des données restent des enjeux transversaux (RGPD, DORA).
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Les entreprises espagnoles de la finance numérique sont soumises à des obligations environnementales croissantes dans le cadre plus large de la responsabilité climatique. L’Espagne se positionne aujourd’hui comme un leader européen en matière de transparence climatique. En particulier, le décret royal 214/2025 impose, à partir de 2026, aux entreprises espagnoles de plus de 250 salariés (et 40 M EUR de chiffre d’affaires) de mesurer et publier leurs émissions de CO₂ (scopes 1 et 2 dès 2026, scope 3 dès 2028) et de développer un plan de réduction des émissions sur cinq ans. Ce dispositif s’ajoute aux obligations issues de la nouvelle directive CSRD (reporting de durabilité) au niveau européen. La finance durable est encouragée par les pouvoirs publics et la réglementation. L’Espagne a rehaussé ses objectifs nationaux de réduction d’émissions et engagé 300 Mds EUR d’investissements dans la transition énergétique d’ici 2030.
Labels et certifications
Il existe plusieurs certifications qui sont valorisées pour témoigner de l’engagement des entreprises en matière de responsabilité sociétale et de sécurité. De nombreuses fintech espagnoles et internationales cherchent à obtenir la certification B Corp, délivrée par B Lab aux entreprises répondant à des exigences sociales et environnementales élevées, afin de renforcer leur image éthique. Les fintechs actives dans le traitement de données financières sensibles mettent en avant leurs certifications en sécurité informatique et protection des données : conformité aux normes ISO/IEC 27001, respect du RGPD européen, normes PCI-DSS pour la sécurité des paiements électroniques, etc.
Source : Novethic, Revue Banque, B Lab Spain (25/06/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Il est recommandé aux fintechs françaises de s’appuyer sur l’écosystème local et d’identifier des partenaires stratégiques. Coopérer avec des banques ou assurances espagnoles, ou avec des intégrateurs et distributeurs de solutions numériques sur place. L’adhésion à l’Association espagnole des FinTech & InsurTech (AEFI) est un bon moyen de nouer des contacts locaux et de se tenir informé des évolutions réglementaires. Les fintechs peuvent également bénéficier des incubateurs locaux et de l’appui d’ICEX lors de leur implantation. Côté événements, plusieurs rendez-vous d’envergure : le South Summit, la Finance Week, le Madrid FinTech Day. Ces salons permettent de rencontrer des partenaires commerciaux et de comprendre les spécificités du marché. Enfin, une maîtrise de la langue espagnole est un atout.
La réglementation spécifique
Le cadre réglementaire espagnol pour la Fintech est largement aligné sur les réglementations européennes en vigueur, ce qui facilite l’implantation d’acteurs étrangers issus de l’UE. Les activités Fintech sont principalement régies par les textes sectoriels correspondants : par exemple, la directive européenne DSP2 (2015) couvre les services de paiement et l’accès aux comptes bancaires (Open Banking) et le règlement européen sur le crowdfunding (2021) encadre les plateformes de financement participatif en Espagne. À ce titre, les Fintech offrant des services de paiement doivent obtenir un agrément d’établissement de paiement ou de monnaie électronique auprès de la Banque d’Espagne, tandis que celles actives en investissements relèvent du contrôle de la CNMV (régulateur des marchés).
Niveau de taxation
Le régime fiscal espagnol se caractérise par des taux comparables à la moyenne européenne, avec quelques dispositifs incitatifs pour les start-up. Le taux standard de TVA en Espagne est de 21 % (taux réduit de 10 % pour certains biens et services de base). Les services financiers (banque, assurance) sont généralement exonérés de TVA au sein de l’Union européenne, et cela s’applique en Espagne (les services purement financiers ne supportent pas la TVA). L’impôt sur les sociétés (IS) est fixé à 25 % ; cependant, la Loi Startups 28/2022 accorde un taux réduit de 15 % aux jeunes entreprises innovantes pendant leurs quatre premiers exercices bénéficiaires. Ce taux préférentiel vise à soutenir la croissance des fintechs nouvellement implantées dans le pays.
Source : FinMV (d’après The Law Reviews), BOE (Loi 28/2022) (25/06/2026)