Les fondamentaux
À la suite de l’explosion de Tchernobyl, le référendum de 1987 a marqué la sortie du nucléaire en Italie. Néanmoins, le pays était en 1966 le 3e producteur mondial d’énergie nucléaire après les États-Unis et le Royaume-Uni, malgré une contribution limitée à ses besoins nationaux.
Un deuxième référendum sur le sujet en 2011, après l’accident de Fukushima, a réaffirmé le rejet de la production électronucléaire. Pour cette raison, l’utilisation de la fission nucléaire à des fins électriques reste encore non autorisée par la loi italienne.
Aujourd’hui, l’Italie se concentre sur la gestion des déchets radioactifs issus des anciennes centrales. Toutefois, le nucléaire, notamment via les petits réacteurs modulaires (SMR) et les réacteurs de 4ᵉ génération (AMR), est de plus en plus envisagé comme un levier potentiel de la transition verte e de la sécurité énergétique. Selon l’AIN (Association italienne du nucléaire), le nucléaire en Italie pourrait créer 117 000 nouveaux emplois, en devenant partie d’une chaîne d’approvisionnement européenne autonome à 90 %.
Présentée en octobre 2025, la loi sur le nucléaire « durable » (DDL 2669/2025) a été approuvée début juin 2026 par la Chambre des Députes. Après le vote du Sénat d’ici fin été, les décrets applicatifs seront adoptés par le gouvernement d’ici fin 2026.
Opportunités pour l'offre française
Selon les estimations du MASE incluses dans la plus récente mise à jour du PNIEC (2024), l’énergie nucléaire représentera 11 % (8 GW) du mix électrique italien d’ici 2050.
Le projet de loi d’habilitation sur le nouveau nucléaire « durable », proposé par le MASE et approuvé en février 2025, prévoit la création d’une agence de contrôle nucléaire supervisant la gestion des centrales et l'élimination des déchets radioactifs.
En juin 2025, l'Italie a rejoint l’Alliance industrielle européenne sur les SMR, une initiative de la Commission européenne. Après la France, l’Italie figure parmi les pays les plus représentés en nombre d’entreprises membres de l’Alliance.
Enel, Ansaldo Energia et Leonardo ont établi en 2025 la société Nuclitalia afin d’évaluer les technologies nucléaires durables de nouvelle génération, avec un focus initial sur les réacteurs SMR refroidis par eau.
En cas de réintroduction du nucléaire, Edison envisage la construction de deux centrales SMR en Italie d’ici 2040.

Source : MASE, SNIEP, Camera dei Deputati, Leonardo SPA (30/07/2026)
Responsabilité sociétale
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Plan National de Reprise et Résilience (PNRR) : approuvé en janvier 2021 dans le cadre du programme NextGenerationEU, vise à soutenir les États européens affectés par la pandémie de Covid-19. À cet égard, le Conseil européen a alloué 194,4 Mds EUR à l’Italie. La dernière mise à jour du PNRR et de son implémentation remonte à février 2026 (DL 19/2026).
Plan National Intégré en matière d’Energie et de Climat (PNIEC) : approuvé en 2019 et mis à jour en 2023, il fixe des objectifs à l’horizon 2030 en matière d’efficacité énergétique, des SER, de réduction des émissions de CO2, de sécurité énergétique, des interconnexions et de mobilité durable.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
L’entrée sur le marché s’appuie prioritairement sur la mise en place d’un partenariat avec une société locale. Le recours à un distributeur ou à un représentant sur place constitue également une option pertinente pour une stratégie commerciale à moyen et long terme.
Principales associations :
- ISIN - Inspectorat national pour la sûreté nucléaire et la radioprotection : Autorité indépendante en vertu des directives 2009/71/Euratom et 2011/70/Euratom.
- AIN - Association italienne du nucléaire : association technico-scientifique à but non lucratif dotée d’une personnalité juridique représentant tous les centres d’expertise italiens dans le domaine de l'énergie et de la technologie nucléaires
La réglementation spécifique
Pour la production statistique ordinaire, la référence principale est le Règlement (CE) n° 1099/2008, modifié par ultérieurs règlements de la Commission européenne, le plus récent étant le n° 264/2024.
En ce qui concerne le monitoring des objectifs de l'UE en matière de SER, les principales références sont notamment :
- la directive 2009/28/CE (RED I), transposée en Italie par le décret législatif n° 28/2011 ;
- le décret du 14 janvier 2012 du ministère du Développement économique, qui, entre autres, établit les méthodologies à appliquer pour le suivi de l'objectif national fixé par la RED I, par secteur et par source d'énergie.
Niveau de taxation
Les sociétés de capitaux sont assujetties à deux impôts différents : l’IRES (impôt sur le revenu des sociétés) et l’IRAP (impôt régional sur les activités productives). L’IRES est déduite à un taux de 24 % sur les bénéfices, tandis que l’IRAP varie régionalement, mais est généralement déduite à hauteur de 3 à 5 %.
Les entreprises individuelles sont assujetties à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPEF), déduite à un taux progressif variant de 23 % à 43 %.
La TVA est due sur tous les biens et services ; trois taux coexistent : le taux standard de 22 %, le taux de 5 % pour les produits alimentaires de première nécessité, le taux de 10 % pour la distribution d’électricité/gaz à usage domestique et pour les services reconnus d’utilité publique.
Source : Agenzia delle Entrate (29/07/2026)