Les fondamentaux
Avant la catastrophe de la centrale de Fukushima, le parc japonais était constitué de 54 réacteurs générant une capacité de 48,8 GWe, soit 25 % du mix électrique national.
Le gouvernement souhaite graduellement relancer l’exploitation d’une partie de son parc pour retrouver le niveau de production ante-2011. À la suite de la validation des nouveaux standards de NRA (Nuclear Regulation Authority), le redémarrage des réacteurs s'est fait progressivement depuis août 2015. D'ici 2030, le pays prévoit d’augmenter la part du nucléaire de 20 à 22 % pour le mix électrique et de 9 à 10 % pour le mix énergétique, dans le cadre de son « 7e plan fondamental de l’énergie ». Entre 30 et 35 réacteurs actifs seront nécessaires pour réaliser cet objectif. La part du nucléaire était de 8,5 % en 2023.
La taille du marché est d’environ 11 Mds EUR par an. À ce jour (juin 2025) :
3 réacteurs sont en construction dans les centrales suivantes : Ohma (J-Power), Higashidori (TEPCO) et Shimane (Chuugoku EPCO) ;
14 réacteurs ont été redémarrés (dont deux sont en arrêt actuellement) ;
3 réacteurs, suite à leur inspection et mise à niveau aux nouveaux standards, sont approuvés par la NRA pour leur redémarrage ;
9 réacteurs sont en cours d’examen ;
24 réacteurs sont prévus pour un démantèlement (dont l'intégralité de ceux présents à Fukushima).
Part dans le mix électrique
2023
Opportunités pour l'offre française
Le démantèlement du parc nucléaire japonais, y compris le traitement de l’eau contaminée, se chiffre à près de 127 Mds EUR, soit le double de l’estimation originale.
Nouveaux réacteurs :
Le METI a publié un calendrier de développement des réacteurs de nouvelle génération, particulièrement pour la commercialisation de réacteurs à eau légère avancés et le développement des réacteurs expérimentaux pour le réacteur à neutrons rapides (RNR), le petit réacteur modulaire (SMR), le réacteur nucléaire à très haute température (HTGR) et un prototype de réacteur à fusion dans le cadre du projet ITER, pour accélérer les innovations des technologies nucléaires. La déclaration pour renforcer la coopération franco-japonaise en matière d’énergie nucléaire a été signée en mai 2023, dans les domaines comme : l’exploitation sûre à long terme des réacteurs existants, le démantèlement et R&D en particulier le réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium (SFR). 300 M EUR seront investis pour le SFR d’ici jusqu’en 2026.
Source : Nikkei, Service nucléaire de l’Ambassade de France au Japon, METI, JEPIC, JAIF, IAEA, ANRE
(07/07/2025)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
- Technologies de niche dans le démantèlement des réacteurs
- Traitement et stockage des déchets nucléaires
Un nouveau standard de sûreté des réacteurs a été mis en place en 2013, et les exigences en terme de mesures contre des accidents graves se sont renforcées. Pour alimenter ce marché, les besoins dans les domaines ci-dessous semblent augmenter :
- Équipements / systèmes permettant de maîtriser la diffusion des substances radioactives ;
- Équipements / systèmes efficaces pour la diminution de la pression des réacteurs ;
- Équipements / systèmes efficaces pour le refroidissement des réacteurs ;
- Systèmes de communication / monitoring performants en environnement sévère, etc.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les principales maisons de commerce ayant une activité ou une filiale dédiée au secteur nucléaire (Sojitz e-Energy, Marubeni Utility Services, Itochu Corporation, Sumitomo Corporation, etc.) faisant office d’intermédiaire, elles sont indispensables pour se développer sur le marché japonais, en limitant les risques et les investissements lourds.
Un agent, une maison de commerce spécialisée ou idéalement une implantation locale sont utiles pour maintenir une relation de confiance durable avec les partenaires locaux, tant sur les plans techniques que commerciaux. Capitaliser sur un partenariat déjà existant sur les marchés européens avec des acteurs de la French Team afin de pouvoir être intégré dans une offre globale française.
La réglementation spécifique
Un nouveau standard de sûreté est mis en œuvre depuis 2013 par la NRA, considéré comme l’un des plus stricts au monde, régulièrement mis à jour en concertation avec l’Atomic Energy Association et la Japan Nuclear Safety Institute, dont les principaux axes sont :
- La prévention des accidents graves (tsunami, incendies, inondations, volcans) ;
- L’aménagement des méthodes et équipements pour y faire face (prévention des dommages du cœur du réacteur, maintien des fonctions hermétiques de l’enceinte de confinement, maîtrise de la diffusion des substances radioactives) :
- L’application rétroactive des normes, appelés « backfits » ;
- Mesures antiterroristes et de protection contre les drones et aéronefs.