Les fondamentaux
Fortement dépendant des importations énergétiques (taux d’indépendance de 16,3% en 2024), le pays a engagé depuis 2023 une réorientation stratégique vers l’électronucléaire afin de sécuriser son approvisionnement exposé aux aléas géopolitiques, de réduire ses émissions de CO₂ (neutralité carbone d’ici 2050) et de répondre à la hausse structurelle de la demande électrique. Le « 7ᵉ Plan stratégique de l’énergie », adopté en 2025 par le METI, prévoit ainsi une augmentation de la part du nucléaire dans le mix électrique, de 9,4% en 2024 à environ 20% d’ici 2040.
Avant la catastrophe de Fukushima, le parc japonais était constitué de 54 réacteurs générant une capacité de 48,8 GWe, soit 25 % du mix électrique national.
Le gouvernement souhaite graduellement relancer l’exploitation d’une partie de son parc. À la suite de la validation des nouveaux standards de Nuclear Regulation Authority, le redémarrage des réacteurs s'est fait progressivement depuis août 2015. D'ici 2030, le pays prévoit d’augmenter la part du nucléaire de 20 à 22 % pour le mix électrique et de 9 à 10 % pour le mix énergétique, dans le cadre de son « 7e plan fondamental de l’énergie ». Entre 30 et 35 réacteurs actifs seront nécessaires. La part du nucléaire était de 8,5 % en 2023.
La taille du marché est d’environ 11 Mds EUR par an. À ce jour (juin 2025) :
. 3 réacteurs sont en construction dans les centrales suivantes : Ohma, Higashidori et Shimane,
. 14 réacteurs ont été redémarrés,
. 3 réacteurs sont approuvés pour leur redémarrage,
. 9 réacteurs sont en cours d’examen,
24 réacteurs sont prévus pour un démantèlement (dont l'intégralité de ceux à Fukushima).
Part dans le mix électrique
2024
Opportunités pour l'offre française
La déclaration conjointe franco‑japonaise d’avril 2026 réaffirme la volonté des deux gouvernements de renforcer la coopération industrielle et technologique dans le nucléaire civil, notamment dans les domaines de la sûreté, du cycle du combustible, du démantèlement, du traitement des déchets, des réacteurs avancés (réacteur rapide refroidi au sodium) et de l’énergie de fusion (JT-60SA, projet ITER).
La réglementation et les standards de sûreté ont été nettement renforcés par la NRA depuis 2013, ce qui donne lieu à des opportunités concrètes sur les segments suivants :
- Technologies de démantèlement en environnement irradié (robotique, télé‑opération, découpe) ;
- Traitement, conditionnement et entreposage des déchets radioactifs et combustibles usés,
- Équipements de gestion des accidents graves (refroidissement de secours, dépressurisation filtrée) ;
- Instrumentation, capteurs et systèmes de monitoring en conditions sévères ;
- Services d’ingénierie, de sûreté et de qualification.
Source : Service nucléaire de l’Ambassade de France au Japon, METI, Cabinet, JAIF, IAEA, ANRE, NRA, MIC (27/05/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
- Technologies de niche dans le démantèlement des réacteurs
- Traitement et stockage des déchets nucléaires
La responsabilité sociétale constitue un enjeu central et structurant du marché électronucléaire japonais depuis l’accident de Fukushima. Les autorités imposent aux exploitants et à leurs fournisseurs une approche fondée sur la sûreté absolue, la transparence, la traçabilité et le dialogue avec les territoires.
Tout projet industriel est conditionné à l’acceptabilité locale (présence de groupes opposés au nucléaire), à la démonstration d’une contribution tangible à la réduction des risques, à la protection de l’environnement, ainsi qu’à la préservation de la santé des travailleurs et des populations. Une implication dans la durée, une communication rigoureuse et une coopération étroite avec les parties prenantes locales sont indispensables.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les maisons de commerce ayant une activité dédiée au secteur nucléaire (Sojitz e-Energy, Marubeni Utility Services, Itochu Corporation, Sumitomo Corporation, etc.) constituent des intermédiaires clés pour se développer sur le marché japonais, en limitant les risques et les investissements lourds.
Un agent, une maison de commerce spécialisée ou idéalement une implantation locale sont un facteur déterminant pour maintenir une relation de confiance durable avec les partenaires locaux, tant sur les plans techniques que commerciaux.
Capitaliser sur un partenariat existant en Europe avec des acteurs de la French Team demeure une approche à privilégier pour s’inscrire dans une offre globale crédible.
La réglementation spécifique
Les nouveaux standards de sûreté, mis en place par la NRA en 2013, et régulièrement mis à jour en concertation avec l’Atomic Energy Association et le Japan Nuclear Safety Institute, figurent parmi les plus stricts au monde.
Ses principaux axes sont :
• La prévention des accidents graves (séisme, tsunami, incendie, éruption volcanique, etc.) ;
• La mise en place de méthodes et d’équipements pour y faire face (prévention des dommages du cœur du réacteur, maintien de l’étanchéité du confinement, maîtrise de la diffusion des substances radioactives) ;
• L’application rétroactive des normes (« backfits ») ;
• La mise en place de mesures antiterroristes et de protection contre les drones et aéronefs.
Source : Service nucléaire de l’Ambassade de France au Japon, METI, Cabinet, JAIF, IAEA, ANRE, NRA, MIC (27/05/2026)