Les fondamentaux
En Suisse, le sport occupe une place centrale dans la vie quotidienne et constitue un secteur structurant pour les loisirs, la santé publique, le tourisme et l’économie événementielle. Le pays compte plus de 9,1 M d’habitants en 2025, avec une population en croissance de 0,8 %, ce qui soutient un marché solvable, orienté vers les activités outdoor, le sport-santé et les loisirs actifs. La pratique sportive demeure particulièrement élevée : près de 60 % des adultes pratiquent un sport deux fois ou plus par semaine, tandis que la part des non-sportifs s’établit à 16 %. Le tissu sportif repose sur un réseau associatif dense et structuré. Swiss Olympic rassemble environ 2,5 M de membres répartis dans 18 440 clubs, constituant un relais important pour la diffusion d’équipements, de services, de solutions numériques et de programmes de formation destinés aux clubs et fédérations. Les disciplines les plus emblématiques restent le football, le ski, le hockey sur glace, le tennis et les activités outdoor, favorisées par la géographie alpine du pays. Le marché suisse des articles de sport demeure mature et attractif : Swisspo estime son chiffre d’affaires annuel à environ 2 Mds CHF, avec une part online de 27 %, environ 1 300 points de vente et près de 19 000 emplois dans le retail sportif.
L’année 2025 a renforcé la visibilité internationale du pays avec l’organisation de l’UEFA Women’s EURO 2025, qui a généré 205 M CHF d’activité économique et contribué au développement du sport féminin en Suisse.
Opportunités pour l'offre française
Plusieurs opportunités s’offrent aux entreprises françaises du secteur du sport en Suisse. Les sports d’hiver restent prioritaires : la saison 2024/25 a enregistré une hausse de 11 % de la fréquentation des remontées mécaniques, soit +21 % par rapport à la moyenne quinquennale, soutenant les besoins en équipements, location, maintenance, sécurité et digitalisation des stations. L’outdoor, le running et le vélo demeurent porteurs, malgré la normalisation du cycle : en 2025, 316 050 vélos et e-bikes ont été livrés en Suisse, dont 41 % d’e-bikes. Les grands événements constituent aussi un levier clé : l’UEFA Women’s EURO 2025 a généré 205 M CHF d’activité économique et 657 291 billets vendus ; le Championnat du monde de hockey sur glace IIHF 2026, organisé à Zurich et Fribourg, a réuni 16 équipes, 64 matchs, environ 466 000 spectateurs et près de 250 000 visiteurs dans les fan zones ; enfin, le Grand Départ du Tour de France Femmes 2026 en Suisse romande mobilisera 147 coureuses, 21 équipes et 106 communes.
Source : SwissOlympic
RTS/SRF
Swisspo
UEFA
IIHF
Remontées Mécaniques Suisses (30/06/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
En Suisse, l’innovation sportive s’appuie sur un écosystème unique, concentré à Lausanne et dans le canton de Vaud, où sont implantés le CIO, de nombreuses fédérations sportives internationales, des hautes écoles, instituts de recherche, start-up et entreprises spécialisées. ThinkSport joue un rôle central de mise en réseau entre organisations sportives, chercheurs, entreprises et acteurs publics, afin de favoriser les partenariats, le partage de connaissances et les projets innovants. Son rendez-vous annuel THE SPOT, organisé à Lausanne, réunit fédérations internationales, start-up, académiques et athlètes autour des tendances du sport : sportech, IA, durabilité, inclusion et nouveaux usages. Cette dynamique est renforcée par le Swiss Olympic Innovation Hub, qui a soutenu 22 projets et mobilisé plus de 1,25 M CHF.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
En Suisse, les acteurs du sport doivent intégrer un cadre environnemental renforcé, porté par l’objectif national de zéro émission nette d’ici 2050 et une réduction d’au moins 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Les fabricants, distributeurs et organisateurs sont concernés par les enjeux d’emballages, de déchets, de mobilité, d’achats responsables et de bilan carbone. La Suisse renforce aussi son approche d’économie circulaire, avec des révisions visant à améliorer la collecte séparée, le recyclage des plastiques et la valorisation matière. Pour les grands événements sportifs, le soutien public est de plus en plus lié à des critères de durabilité, de respect de l’environnement et de bonne gouvernance. Les entreprises françaises doivent donc valoriser des offres éco-conçues, réparables, recyclables et adaptées aux standards ESG suisses.
Labels et certifications
Les labels et certifications constituent un critère d’accès important au marché suisse, notamment pour le textile, l’outdoor et les équipements sportifs. Les distributeurs et acheteurs valorisent les références reconnues comme bluesign®, très présent dans l’industrie outdoor et textile, qui encadre la gestion des substances chimiques, l’usage des ressources et la sécurité des produits. Les certifications OEKO-TEX®, notamment STANDARD 100 et MADE IN GREEN, sont également attendues pour garantir l’absence de substances nocives et une production plus responsable. Swiss Olympic intègre aussi ces exigences dans ses achats durables de vêtements et produits cousus.
Source : Swiss Olympic
Société suisse des sciences du sport 4S
OFEV
Conseil fédéral
bluesign
SGS Switzerland
OEKO-TEX
ThinkSport (13/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour accéder au marché suisse du sport, il est recommandé de s’appuyer sur un importateur, distributeur, grossiste ou agent spécialisé, capable de gérer les démarches d’importation, la logistique, le dédouanement et la relation avec les réseaux locaux. Cette approche est particulièrement pertinente dans un marché structuré autour de nombreux points de vente spécialisés et fournisseurs représentés par Swisspo. La présence d’un partenaire suisse permet aussi de facturer en franc suisse, d’assurer un service après-vente local et de rassurer les clients finaux. Une vente directe aux enseignes ou magasins reste possible, notamment via les services achats, mais nécessite de recourir à un transitaire ou transporteur habitué aux formalités suisses.
La réglementation spécifique
Toute marchandise importée en Suisse doit faire l’objet d’une déclaration douanière, avec des documents indiquant notamment la valeur, le poids, l’origine et le numéro tarifaire afin de déterminer les droits et taxes applicables. Les entreprises confient généralement ces formalités à un transitaire, qui prépare la déclaration numérique avant le passage en douane. Le système e-dec reste utilisé pour l’importation, mais il est progressivement remplacé par Passar, nouveau système numérique de l’OFDF ; l’exportation et le transit sont déjà traités via Passar, tandis que l’importation est déployée par étapes à partir de 2026. Une déclaration erronée, un mauvais code tarifaire ou des documents incomplets peuvent entraîner retards et surcoûts.
Niveau de taxation
L’accord de libre-échange Suisse-UE de 1972 permet aux produits industriels originaires de l’UE de circuler en franchise de douane, sous réserve du respect des règles d’origine. Les importations restent cependant soumises à la TVA suisse et aux formalités douanières. Depuis le 1er janvier 2024, le taux normal de TVA est de 8,1 %, le taux réduit de 2,6 % et le taux spécial hébergement de 3,8 %. Une entreprise étrangère réalisant des prestations imposables en Suisse est assujettie à la TVA dès lors que son chiffre d’affaires annuel mondial atteint 100 000 CHF ; sans établissement en Suisse, elle doit désigner un représentant fiscal local. Le détachement de salariés reste soumis à déclaration et limité à 90 jours de travail effectifs par année civile ; au-delà, une autorisation est requise.
Source : Swisspo
SECO
OFDF
DFAE
EUR-Lex
Administration fédérale des contributions
Secrétariat d’État aux migrations (01/07/2026)