Les fondamentaux
La consommation japonaise de produits alcoolisés est de 7 829 ml en 2025. Le Japon a une consommation de produits alcoolisés très diverse : la bière reste le principal alcool consommé (4 533 ml), suivi par les RTD (1 836 ml) les spiritueux (822 ml), et le vin (636 ml).
Le Japon est le 4e marché mondial du vin en valeur pour la France et son 1er marché en valeur en Asie.
Le commerce du vin au Japon a un certain historique et a connu plusieurs booms au fil des ans notamment le 6e boom autour du vin rouge (1997-1998 suite au reportage de CBS sur le French Paradox et le polyphénol) , 7e boom en 2012 (notamment à la faveur d’un yen fort). On observe ainsi à chaque fois une progression de la consommation en volume et le développement de nouveaux segments/produits.
La démocratisation du vin a favorisé le développement de l’offre entrée de gamme : 70 % de la demande porte sur des vins dont le prix est inférieur à 1500 JPY (8 EUR) en 2025.
Les exportations de la France se sont ainsi développées avec le marché, lequel a vu parallèlement l'apparition de concurrents de plus en plus compétitifs : en volume, le Chili a dépassé la France en 2015 et la devance depuis lors (avec une reprise temporaire de la 1re place par la France en 2021) grâce à un positionnement sur l'entrée de gamme.
La France est le 1er fournisseur de vin du Japon, en valeur, en 2025.
Part de marché des pays fournisseurs en volume (2025)
Répartition de la consommation de boissons alcoolisées (2025)
Consommation de vin par typologie en volume (2025)
Exportations françaises par catégories en volume (2025)
Exportations AOP françaises en volume par appellation (2025)
Importations de boissons alcoolisées en valeur (vins, spiritueux, bières) (2025)
Exportations AOP françaises en valeur par appellation (2025)
Exportations de boissons alcoolisées japonaises en valeur (vins, spiritueux,bières) (2025)
Opportunités pour l'offre française
Vins
Les professionnels japonais recherchent des vins offrant un bon rapport qualité-prix, notamment des AOP rares, bio et IGP. Les formats pratiques (cannettes, verres, demi-bouteilles) continuent de gagner du terrain. Le segment premium est soutenu par les restaurants gastronomiques, les hôtels de luxe et le rebond du tourisme.
Vins effervescents
Après un recul en 2024, les exportations françaises ont atteint leur quatrième plus haut niveau en valeur de la décennie. Le Japon est le 5ᵉ marché mondial en valeur pour les vins effervescents français et le 3ᵉ pour le champagne. Certains crémants bien positionnés en qualité/prix offrent également des perspectives intéressantes.
Spiritueux et whisky
Le Japon est le 14ᵉ marché export en valeur pour les spiritueux français (44 M EUR en 2025). Les liqueurs et cordials représentent près de 40 % des exportations françaises, devant les eaux-de-vie de vin et de marc (22 %). Le whisky français constitue la troisième catégorie exportée avec 7,6 M EUR.
RTD (Ready To Drink)
Les RTD restent très populaires grâce à leur praticité, leur prix accessible et la variété des saveurs et degrés d'alcool proposés.
Source : Businessfrance, Wands (21/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Trois directions :
Développement durable/SDGs : le caviste spécialisé N° 1 Enoteca met en avant des vignobles qu’il importe comme le Rothschild Mouton Cadet Rouge Bio, avec bouteille allégée et étiquette recyclée.
Jeunes générations et santé : sensibles à leur consommation, elles stimulent le marché NOLO. La bière sans alcool progresse, et un intérêt naissant se manifeste pour les vins à faible teneur en alcool. La bière, principal alcool consommé au Japon est en perte de vitesse, tandis que la bière sans alcool progresse de manière régulière depuis 15 ans d’après Suntory.
Bien-être : le « Aging Care Wine », qui désigne une nouvelle catégorie de vins au Japon qui sont sélectionnés et certifiés pour leurs propriétés anti-âge, en particulier leur activité anti-glycation, connaît également un franc succès principalement auprès des femmes d’âge moyen.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Au Japon la question environnementale s’est traduite par la promotion des 3R (Reduce, Re-use, Recycle). L'Agence nationale d'administration fiscale (NTA), dans le but de promouvoir le développement sain de l'industrie des boissons alcoolisées, a introduit :
- la loi sur la promotion de la collecte sélective et du recyclage des conteneurs et des emballages ;
- la loi sur la promotion de l'utilisation efficace des ressources ;
- la loi sur la sécurité alimentaire ;
- la loi pour la promotion du recyclage des déchets alimentaires.
La NTA travaille avec l'Association de l'industrie des boissons alcoolisées (ABA) pour favoriser l’application de cette politique. Par exemple pour Re-use, sur les bouteilles de bière, la NTA estime que le taux de récupération par les distributeurs atteint 90 %. Il s'agit d'une politique volontariste visant en premier lieu la production locale de masse.
Labels et certifications
Les vins et spiritueux issus de l’agriculture biologique sont désormais inclus dans la catégorie « Organic Processed Foods ». Ainsi, ils peuvent depuis octobre 2022 afficher le logo « JAS Organic ». Le vin bio a connu un relatif développement ces dernières années en l'absence même d'une signalétique propre au Japon.
A partir du 1er octobre 2025 : mise en vigueur du logo JAS organic pour les vins étrangers mentionnant « organic » ou son équivalent japonais.
Pour vendre des produits biologiques il faut :
- Avoir un produit déjà certifié JAS dans le pays d’origine ou
- Passer par un importateur agréé JAS.
Source : KBMP, MFDS, Suntory, Presse locale, NTA, WANDS (21/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
De par sa maturité, le marché japonais comporte une grande variété d’acteurs très spécialisés à la fois sur un réseau spécifique (grands magasins, GMS, food service, etc.), sur une catégorie de produits (épicerie sèche, bio, BVP, etc) et/ou sur un territoire bien délimité. Les sociétés japonaises sont en effet très spécialisées avec une stratégie prudente basée sur une connaissance approfondie de leur réseau et des besoins de leurs clients.
Par conséquent, bien choisir son partenaire, notamment en étudiant le profil de la société et en ayant une discussion en profondeur sur ses affaires, constitue la clef d'un succès commercial au Japon. Il est par ailleurs souvent difficile de changer de partenaire au Japon.
La réglementation spécifique
Certains additifs largement utilisés en Union européenne ne sont toujours pas autorisés au Japon. Ce point constitue une source de non-conformité fréquente, obligeant les fabricants à adapter les recettes des produits.
Le MHLW qui règlemente les additifs alimentaires pour les aliments dont les boissons alcoolisées.
La NTA, réglemente d’autres additifs alimentaires, uniquement pour les boissons alcoolisées.
De nombreux points de la réglementation sont encore assez éloignés des standards internationaux. Dans ce contexte, l’importateur japonais joue un rôle essentiel dans la mise en conformité des produits et collabore étroitement avec l’exportateur sur ce point.
Niveau de taxation
Les taxes douanières : l'accord UE-Japon permet de bénéficier depuis 2019 d'une suppression des taxes douanières dès lors que l'origine communautaire est prouvée.
Pour les boissons alcoolisées importées, la taxe sur l’alcool japonaise (« Liquor Tax ») est une accise calculée selon la catégorie et le volume du produit. Le système a fait l’objet d’une réforme engagée en 2017 afin d’harmoniser les taux entre les différentes catégories d’alcool. Mise en œuvre progressivement entre 2020 et 2026, cette réforme aboutira notamment à une taxation unifiée de la bière à 155 JPY/L (0,90 EUR) à compter d’octobre 2026, alors que le vin est déjà taxé à 100 JPY/L (0,60 EUR) depuis octobre 2023.
La TVA est de 10 %. A titre indicatif, après tarifs douaniers, taxes, marges et transport, le prix d'une bouteille de vin depuis la France sera multiplié par 3 en GD et par 7 en CHR.
Source : Douanes japonaises, National Tax Agency, Business France
(21/07/2026)