Les fondamentaux
Le secteur de l’éducation constitue le 2ᵉ poste de dépense publique au Royaume-Uni, derrière la santé. Son budget est passé de 136 Mds EUR en 2024-2025 à 140 Mds EUR en 2025-2026 et devrait atteindre 154,8 Mds EUR en 2026-2027.
Le Royaume-Uni est un pôle international de l’EdTech, avec 1 561 entreprises actives, soit une hausse de 158 % en dix ans (2015-2025). Londres demeure le cœur de l’écosystème : 57 des 100 premières entreprises britanniques du secteur y sont implantées. Premier marché européen de l’EdTech, le pays capte à lui seul près de 41 % des investissements du continent. Les financements se sont toutefois fortement contractés : après un pic de 805,2 M EUR en 2021, ils n’ont atteint que 151,8 M EUR en 2025, traduisant un marché plus sélectif, privilégiant l’impact et les résultats.
Le Royaume-Uni a vu émerger sa première licorne EdTech en 2022 avec Multiverse, aujourd’hui valorisée à 1,8 Md EUR après 370,2 M EUR levés. L’entreprise développe des compétences en intelligence artificielle afin d’accompagner la transformation des emplois.
Les solutions EdTech s’appuient de plus en plus sur les données, la personnalisation, l’apprentissage adaptatif, la ludification et l’intégration de l’IA. L’offre de formation évolue en parallèle des besoins du marché du travail, où la maîtrise de l’IA (« AI literacy ») est désormais la compétence la plus recherchée.
Opportunités pour l'offre française
Premier marché européen de l’EdTech et 3ᵉ marché mondial de l’IA derrière les États-Unis et la Chine, le Royaume-Uni combine une demande mature et un environnement favorable à l’innovation. Depuis 2025, les écoles et établissements d’enseignement supérieur définissent leurs propres politiques d’usage de l’IA, dans le respect des règles de protection des données, de sécurité des élèves et de propriété intellectuelle. Cette autonomie crée de multiples opportunités d’accès au marché.
Les besoins portent sur les outils de productivité pour les enseignants, les solutions de personnalisation et d’apprentissage adaptatif, ainsi que la formation continue et l’upskilling. Les acteurs français disposent d’atouts dans la formation professionnelle, le corporate learning et les compétences numériques, où la barrière linguistique est moins forte. Ils devront toutefois se différencier sur un marché mature où l’IA est devenue un standard, en démontrant un impact mesurable, une expertise sectorielle et une adaptation aux besoins locaux.
Source : Business.gov, University Business (01/07/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
L’innovation responsable dans l’EdTech repose sur des solutions capables d’améliorer l’accès, la qualité et l’équité de l’éducation. Les expertises recherchées portent sur l’IA éthique et transparente, la protection des données des apprenants, la conception inclusive (accessibilité aux publics en situation de handicap ou éloignés du numérique) et la réduction des biais algorithmiques. Les acteurs doivent également démontrer un impact pédagogique mesurable, favoriser l’autonomie des enseignants et contribuer au développement des compétences tout au long de la vie. La sobriété numérique, la sécurité des usages et la confiance des utilisateurs deviennent des critères différenciants dans un secteur en forte transformation.
Labels et certifications
Il n’existe pas de label environnemental ou de certification RSE spécifiquement dédié à l’EdTech au Royaume-Uni. Les acteurs peuvent néanmoins s’appuyer sur des référentiels transverses tels que la norme ISO 14001 (management environnemental), ISO 26000 (responsabilité sociétale) ou des certifications liées à la sécurité et à la gestion responsable des données. Dans l’éducation numérique, les critères d’évaluation portent de plus en plus sur l’accessibilité, l’éthique de l’IA, la protection des données, la sobriété numérique et la mesure de l’impact social et environnemental des solutions.
Source : Department for Education (01/07/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Le référencement auprès de la British Educational Suppliers Association (BESA) constitue un levier d’accès aux opportunités du secteur : besa.org.uk/opportunities/tenders/.
Le site du Department for Education (DfE) publie les appels d’offres dédiés à l’éducation. Find a Tender centralise les marchés publics au-dessus des seuils réglementaires, notamment les fournitures et services de l’administration centrale (139 688 GBP TTC jusqu’en 2025, seuil révisé à partir de 2026).
Contracts Finder recense les marchés de moindre valeur (à partir de 12 000 GBP TTC pour l’administration centrale et 30 000 GBP TTC pour les autres autorités).
Point de vigilance : les seuils et procédures évoluent régulièrement ; une veille réglementaire est indispensable.
Associations : ALT, EdTech UK, CIPD.
La réglementation spécifique
L’Education Act 2011 encadre plusieurs aspects de la politique éducative au Royaume-Uni, notamment la discipline des élèves, la supervision des enseignants nouvellement diplômés, la réglementation des diplômes, l’administration des écoles publiques, l’éducation des plus de 16 ans et le financement de l’enseignement supérieur. En Angleterre, les jeunes doivent rester en éducation ou en formation jusqu’à l’âge de 18 ans.
Le Department for Education (DfE) est l’autorité responsable des politiques relatives à l’enfance et à l’éducation en Angleterre : petite enfance, écoles, enseignement supérieur et postsecondaire, apprentissages et développement des compétences. Les autres nations constitutives du Royaume-Uni disposent de leurs propres instances de gouvernance éducative.
Source : BESA, gov.uk, Find a Tender Service, Contracts Finder (01/07/2026)