Les fondamentaux
Le marché chinois des boissons alcoolisées a poursuivi sa restructuration en 2025. Selon l’OIV, la Chine dispose de 733 493 hectares de vignobles, le troisième plus vaste au monde. Toutefois, la production et la consommation de vin restent orientées à la baisse.
Le marché des vins importés se caractérise par un recul des volumes et une montée en gamme de la demande. Les importations ont atteint 207 millions de litres (-26,7 %) pour une valeur de 1,258 milliard d’euros (-14,6 %). L’Australie est redevenue le premier fournisseur de la Chine en volume et en valeur. La France se classe deuxième en valeur mais troisième en volume, derrière le Chili. La premiumisation se poursuit : les vins blancs progressent plus rapidement que les vins rouges, tandis que les vins effervescents sont la seule grande catégorie en croissance.
Le marché des spiritueux importés est entré dans une phase d’ajustement, avec une baisse de 21,9 % de la valeur des importations. Les eaux-de-vie françaises, notamment le cognac et l’armagnac, ont été fortement affectées par le ralentissement de la consommation, les mesures antidumping et la contraction des circuits de distribution. Malgré ce contexte, la France demeure le premier fournisseur de spiritueux en valeur avec 40% de PdM en Chine, confirmant la position dominante du cognac. Le marché évolue désormais vers une phase de consolidation, marquée par une concurrence accrue et une optimisation de l’offre.
Parts de marché des pays fournisseurs de vin
en valeur, 2025
Ventes de vins par typologie, volume, 2025
La consommation de vin se porte encore principalement vers le rouge, même si le vin blanc détient une part de marché de plus en plus importante.
Importations de boissons alcoolisées
en valeur, 2025
1 550 M EUR-21,9 %
Spiritueux
Exportations de boissons alcoolisées
en valeur, 2025
1 134 M EUR-8,4 %
Spiritueux
Exportations françaises de vins par catégorie
en volume, 2025
Exportations françaises AOP tranquilles en volume, 2025
Les vins de Bordeaux reste l’AOP tranquille la plus exportée en Chine.
Opportunités pour l'offre française
Le marché chinois des vins et spiritueux évolue vers une montée en gamme où la création de valeur prime sur les volumes. Cette tendance offre des perspectives favorables aux producteurs français capables de répondre aux attentes en matière de qualité, d’authenticité et de traçabilité.
L’essor d’une clientèle plus jeune, aisée et avertie soutient la demande pour les produits à forte identité, les éditions limitées et les marques valorisant un savoir-faire reconnu. Les consommateurs accordent davantage d’importance à l’origine, à l’histoire des produits et à l’expérience de consommation, créant de nouvelles opportunités pour les maisons françaises et les domaines indépendants.
Le développement du e-commerce, du livestreaming et des réseaux sociaux renforce la visibilité des marques françaises et l’accès à de nouveaux clients. La progression des achats premium, de la consommation à domicile et des expériences œnotouristiques favorise également les produits à forte valeur ajoutée. Enfin, l’intérêt croissant pour la durabilité, la transparence et l’innovation digitale constitue un levier supplémentaire de différenciation et de croissance.
Source : Douanes Françaises, Business France 2025, Euromonitor (12/08/2026)
Responsabilité sociétale
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Pour réussir en Chine, le canal importateur/distributeur est incontournable.
Priorité : s’appuyer sur un importateur spécialisé, implanté dans des zones stratégiques (Shanghai, Shenzhen, Chengdu...). Éviter l’exclusivité “Chine entière” : privilégier une exclusivité par région ou canal, assortie d’objectifs chiffrés et d’un plan marketing (tastings, KOL, e commerce).
En relais, activer des distributeurs par canal :
• On trade premium (restaurants, bars à vin, hôtels),
• Off trade spécialisé (cavistes, chaînes),
• E commerce (Tmall, JD, Douyin), souvent via l’importateur ou un TP.
Point critique : ces importateurs doivent maîtriser les exigences réglementaires et sanitaires chinoises (enregistrement GACC/CIFER, étiquetage, contrôles qualité) pour éviter blocages douaniers et sanctions.
La réglementation spécifique
L’enregistrement auprès du GACC via le système CIFER est obligatoire pour la plupart des produits alimentaires exportés vers la Chine. Les exportateurs étrangers et importateurs chinois doivent également être enregistrés auprès des autorités douanières compétentes. Il est recommandé de déposer sa marque en Chine, en français et en chinois, avant toute démarche commerciale. La réglementation repose sur la Loi sur la sécurité alimentaire et les normes GB, qui encadrent notamment additifs, résidus, contaminants et boissons alcoolisées. Les produits importés doivent comporter un étiquetage conforme en chinois. Malgré un cadre national unifié, les pratiques d’importation et de distribution peuvent varier selon les régions et points d’entrée.
Niveau de taxation
Droits de Douane Taux MFN : 0% pour la bière, entre 14% et 30% pour les vins de raisins, entre 14% et 65% pour les vermouths et autres boissons fermentées (ex : cidre).
Taxes antidumping sur le brandy EU : en juillet 2025, le ministère chinois du Commerce a conclu son enquête antidumping sur les brandys originaires de l’UE et a instauré des droits antidumping pour une durée de cinq ans, avec des taux allant jusqu’à 34,9 %. Parallèlement, il a accepté les engagements de prix de 34 producteurs européens, dont 33 entreprises françaises, leur permettant d’être exemptés de ces droits à condition de respecter les prix minimaux d’exportation convenus vers la Chine.
Droits d’accises : entre 0.253 CNY et 0.223 CNY par litre pour la bière, 10% pour les vins de raisins, vermouth ou autres boissons fermentées et 20% pour les spiritueux en rajoutant 1 CY par kg.
TVA : 13% calculés sur la valeur CIF, des droits de douanes et des droits d’accises.
Source : GTA/IHS, Douanes françaises, Business France 2025 (12/08/2026)