Les fondamentaux
En 2026, le marché italien du retail et de l’e-commerce confirme une phase de croissance mature, renforcée par le digital mais marquée par une sélection accrue des acteurs. L’e-commerce B2C dépasse 66,6 Mds EUR, en hausse de 6 % par rapport à 2025, avec une progression équilibrée entre les produits (42,6 Mds EUR), et les services (24 Mds EUR).
La pénétration du canal online dans les achats de produits atteint 11,5 %, un niveau encore inférieur à celui des marchés les plus avancés comme la Chine et le Royaume-Uni (31%). Le marché compte environ 35 millions de consommateurs numériques, un chiffre très supérieur à celui du 2014. En onze ans, les acheteurs en ligne ont plus que doublé (+119 %) et leur âge moyen, 48 ans, rejoint celui de la population générale.
La croissance est surtout dynamique dans la beauté-pharma (+8 %) et l’assurance (+11%), tandis que l’habillement, l’électronique, l’édition, l’ameublement et l’alimentaire progressent autour de 5-6%. Le tissu des entreprises e-commerce se consolide et leur nombre recule légèrement à 87 000 (-4,4%), signe d’une sélection progressive des acteurs autour de la qualité de leurs offres et services.
Parmi les meilleurs sites marchands en Italie, en 2025, on trouve : Amazon, Temu, Subito, eBay, Booking.com, Apple Store, Leroy Merlin, Sisal, Mediaworld, Trenitalia, TicketOne, Ikea, AliExpress, Ryanair, Zalando, Unieuro, Decathlon, Etsy, Microsoft, Casino 888, Airbnb, La Feltrinelli, Samsung, Vinted et Steam.
On décompte 10.171 enseignes actives dans la franchise italienne (84,13%).
Opportunités pour l'offre française
Les opportunités pour les entreprises françaises dans le retail et la retail tech en Italie sont importantes, car le marché italien accélère clairement sa digitalisation. En 2025, l’investissement digital des retailers italiens représente 4,7 % de leur chiffre d’affaires, contre 3,2 % en 2024, soit une hausse de 57 %. Pour les acteurs français de la retail tech, cela ouvre des perspectives concrètes dans les domaines où ils sont déjà bien positionnés : marketplaces, adtech, CRM, expérience client, gestion du consentement, data, IA, marketing automation, paiement et e-commerce.
Source : Osservatori Digital Innovation ; Politecnico di Milano (14/07/2026)
Responsabilité sociétale
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Le cadre réglementaire européen applicable au retail et à l’e-commerce en 2024 s’est structuré autour du DSA, du DMA et du GPSR, qui ont remarqué la responsabilité des plateformes, la transparence du commerce en ligne et la sécurité des produits.
En 2025, le cadre a été renforcé par de nouvelles obligations pour les acteurs du retail et de la retailtech. L’European Accessibility Act, 28 juin 2025, impose aux services d’e-commerce de rendre leurs sites, applications, interfaces de paiement et parcours clients accessibles aux personnes en situation de handicap.
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Les différents acteurs du secteur retail et de la scène tech peuvent aborder le marché italien par deux approches principales :
- à partir du siège de la société ;
- via la création d’un bureau de représentation ou d’une filiale locale.
Le modèle de vente indirect, via des partenaires locaux de type intégrateurs, distributeurs ou bien installateurs, est à privilégié, en phase de commercialisation mais aussi d’un SAV (help desk de premier niveau, maintenance, formation … ) La stratégie directe filiale est facilement réalisable grâce à la proximité géographique et culturelle.
De nombreux salons sont organisés par des associations reconnues telles que le Netcomm et le IAB Italie et divers organismes regroupaent l’écosystème du Retail et de l’Adtech (Confimprese, FederDistribuzione, Retail Institute Italy).
La réglementation spécifique
L’AI Act, février 2025, devient également un texte clé et se concentre sur les pratiques d’IA jugées inacceptables en raison de leurs risques pour les valeurs européennes et les droits fondamentaux. Il mentionne notamment la manipulation comportementale, le scoring social ou certains usages de reconnaissance biométrique. Pour les retailers, cela signifie que les solutions d’IA utilisées pour personnaliser les offres, analyser les comportements d’achat, automatiser la relation client ou optimiser les prix devront être plus transparentes, mieux contrôlées et évaluées selon leur niveau de risque.
Enfin, le Data Act, 12 septembre 2025, renforce les règles d’accès, d’utilisation et de partage des données générées par les objets connectés et services numériques.