Les fondamentaux
En 2025, les filières carnées italiennes affichent une reprise contrastée. La production bovine progresse sur les premiers mois de l’année, tandis que la filière porcine reste pénalisée par la réduction du cheptel et les contraintes sanitaires. La production avicole poursuit sa dynamique positive et confirme son rôle de secteur le plus autosuffisant.
L’Italie demeure structurellement déficitaire en viande bovine et porcine. Le taux d’autosuffisance bovin s’établit autour de 39 %, traduisant une forte dépendance aux importations de broutards, principalement en provenance de France. À l’inverse, la filière avicole conserve un solde commercial positif.
La viande avicole reste la première viande achetée par les ménages, représentant près de 44 % des volumes consommés. Sur les neuf premiers mois de 2025, les achats progressent de 3 % en volume et de 9,7 % en valeur. Les viandes porcines et charcuteries enregistrent également une hausse de la demande : au premier semestre 2025, les achats de charcuteries augmentent de 3,1 % en volume et de 4,8 % en valeur, tandis que les viandes porcines fraîches progressent respectivement de 3,7 % et 5,5 %. La consommation annuelle de produits porcins atteint 27,6 kg par habitant contre 27,2 kg en 2024.
Le chiffre d’affaires de l’industrie italienne de la charcuterie s’élève à 9,64 Mds EUR en 2025. Les exportations de produits porcins et charcutiers atteignent 2,63 Mds EUR, tandis que les importations reculent à 3,14 Mds EUR, réduisant le déficit commercial du secteur.
Principaux pays fournisseurs de viande et charcuteries en 2025
Principaux produits français importés par l’Italie en 2025
Opportunités pour l'offre française
La proximité géographique et la présence d’opérateurs logistiques communs facilitent les échanges entre les 2 pays de produits avec une DLC courte.
Les consommateurs italiens manifestent un intérêt croissant pour l’aloyau, la picanha, l’asado, ainsi que pour les tartares et les steaks hachés gourmets et smashed. Les références prêtes à cuisiner ou à consommer séduisent, surtout si conditionnées en skin pack. L’intérêt pour les tranches nécessitant une cuisson longue (filets, entrecôtes) diminue par rapport à 2023.
Dans leur recherche de qualité, les Italiens privilégient les viandes de bovins au pâturage et les produits IGP/AOP ou avec un label de qualité. La volaille française avec label est reconnue et appréciée par les professionnels et les consommateurs. Après une période instable, les références BIO regagnent l’intérêt des consommateurs.
Les axes sur lesquels se focalise la communication de la filière avicole sont le «sans antibiotique », « élevé en plein air» et « respect de l’environnement ».
Les industriels et les distributeurs Horeca s’intéressent davantage aux substituts de viande, bien que ce segment reste encore une niche.
Source : FOOD, MAA, Report Plant Based, EUROCARNI (26/08/2026)
Responsabilité sociétale
Innovation et expertise attendues
Les consommateurs recherchent de plus en plus des produits avec des étiquettes claires, des produits sans additifs ni conservateurs.
Le packaging garantissant une DLC plus longue et une réduction des déchets sont des thèmes importants pour les consommateurs. Les industriels développent aussi des solutions garantissant la sécurité alimentaire.
La demande porte également sur des produits carnés des filières contrôlées et certifiées, avec des matières premières durables et une attention au bien-être animal.
Malgré l’inflation, les Italiens s’orientent vers des viandes de haute qualité, des origines « exotiques » et des charcuteries premium.
Le packaging doit valoriser les méthodes d’élevage, les races, les zones d’origine et les ingrédients « exotiques » utilisés.
La réglementation spécifique liée aux enjeux environnementaux
Labels et certifications
GMS Italienne : labels pour l’absence de traitements antibiotiques lors des 4 derniers mois d’engraissement (filière bovine) ou pendant tout le cycle de production (filière avicole), certifications PEFC et FSC.
Depuis 2026, la certification « Consorzio Sigillo Italiano » sera apposée sur les viandes des élevages répondant au cahier des charges correspondant et notamment : au moins 60 % de l’alimentation bétail doit être d’origine italienne ou européenne, un score ClassyFarm supérieur à 70 %, et un niveau de biosécurité supérieur à 55 %.
Source : FOOD, EUROCARNI (26/08/2026)
Clés d'accès
Le profil des partenaires / approche commerciale à privilégier
Différents profils peuvent être ciblés en fonction des produits proposés :
- GMS, distributeurs Horeca, C&C
- Épiceries fines, distributeurs Horeca haut de gamme (pour produits AOP, avec Label Rouge ou spécialités : agneaux présalés, poulet à croissance lente)
L’Italien est un homme de contact et s’attend une réactivité après les premiers échanges.
Les salons à ne pas manquer :
• MARCA, le salon annuel de la MDD (Bologne, janvier 2026) ;
• TUTTOFOOD, le salon biennal de l’agro-alimentaire (Milan, mai 2026) ;
• IMEAT, foire internationale dédiée aux opérateurs de la boucherie et de l’Horeca (Modène, mars 2027) ;
• CIBUS, le principal salon italien de l’agro-alimentaire (Parme, mai 2027).
La réglementation spécifique
Pour exporter des produits d’origine animales ou contenant des ingrédients d’origine animale en Italie, il est obligatoire de notifier les expéditions aux services vétérinaires UVAC. La notification doit être effectuée 24h avant la livraison prévue et doit inclure les informations suivantes : le fournisseur, le numéro d'agrément CE et le code douanier.
Niveau de taxation
TVA :
- 10% pour toutes les viandes et charcuteries
- 10 % pour les substituts végétaux de viande (plant based)
- 22 % pour les emballages alimentaires